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    Economie

    Enquête Unicef-Fnuap «Jeunes en action»
    Au seuil du «conflit des générations»

    Par L'Economiste | Edition N°:2663 Le 30/11/2007 | Partager

    . La famille, refuge et frein . La politique, dernier de leurs soucis. Les filles plus impliquées que les garçonsLes résultats de l’enquête de l’Unicef et du Fnuap (Fonds des Nations unies pour la population) sur les jeunes, ne sont pas surprenants. Ils confirment bel et bien leur indifférence, voire la «diabolisation» qu’ils font de la politique. Un constat d’ailleurs déjà fortement relevé il y a deux ans par l’enquête de L’Economiste, la première étude de cette envergure depuis au moins une dizaine d’années. Mêmes observations dans l’enquête du Cinquanteanire et celle du HCP. Une des conclusions de tous ces travaux est que le Maroc est à la veille d’un conflit généralisé des générations! Les jeunes sont sur le point de prendre leur autonomie mais n’osent pas dépasser ouvertement la frontière des tabous sociaux, surtout celle de la famille.Une tendance aussi révélée par l’enquête de l’Unicef et du Fnuap qui a retenu Marrakech, Tahannaoute, Tanger et Témara comme bases pour leur projet conjoint intitulé «Jeunes en action». Globalement, l’enjeu était d’évaluer le niveau de participation des jeunes (de 13 à 25 ans) dans la vie politique, associative, familiale et communautaire. Etalée sur 6 mois, de juin à novembre 2007, l’enquête s’est inscrite dans un contexte particulier, celui de la période électorale. Un timing bien choisi qui décrypte les tendances pré et post-législatives. . «Stratégie jeunes» pour le gouvernement L’objectif de cette enquête est «d’aboutir à un rapport analytique sur la participation des jeunes dans les différents mécanismes de participation les ciblant directement ou indirectement».Le taux d’abstention (63%) aux dernières échéances électorales a en effet de quoi inquiéter sérieusement. C’est pourquoi le projet «Jeunes en action» vise, selon ses concepteurs, «l’accompagnement du gouvernement marocain pour l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée aux jeunes». Une stratégie appelée à encourager la participation des jeunes dans les différents mécanismes sociaux. Ainsi, pour la première phase du projet, l’étude s’est focalisée sur la participation des jeunes et des adolescents à certains mécanismes qui reflètent leur degré d’implication. Politique, syndicalisme, scolarité, culture, famille…, autant de centres d’intérêt censés provoquer une dynamique participative. Premier constat, les filles s’impliquent plus que les garçons (32,3 contre 27,7%) dans la participation aux entités objets de l’enquête (famille, école, association, politique,…). En d’autres termes, «les filles semblent investir de manière déterminée et volontaire les mécanismes et espaces de participation, dénotant ainsi d’une ouverture affirmée et prononcée». Ouverture qui a été, contrairement aux idées préconçues, beaucoup plus significative à Tahannaoute qu’à Marrakech et ce, en dépit de son statut de pôle urbain développé (en termes d’implantation de différents acteurs sociaux, ONG, société civile…). En revanche, l’opposition des parents continue de constituer un facteur de blocage, voire un handicap à la participation des filles (6%). Côté garçons, c’est surtout le «manque de temps» (22%), et d’information (21%) qui sont à l’origine de leur non-participation. Sur un autre chapitre, la hiérarchisation des différents mécanismes permettant la participation des jeunes et des adolescents situe la politique et le syndicalisme dans la dernière case de leurs centres d’intérêt. C’est ce qui est ressorti d’ailleurs des résultats de l’enquête de L’Economiste qui ont laissé perplexe sur le registre politique: «On ne s’identifie à aucun parti politique (95% de l’échantillon)», ou encore: 75% des jeunes hommes n’avaient pas confiance en la politique… On vit sa vie en dehors de toute considération politique. Des témoignages prémonitoires qui n’ont pas tarder à se confirmer deux années plus tard, lors des législatives du 7 septembre et leur taux d’abstention record. Par contre, la vie associative, les clubs scolaires et autres maisons de jeunes lui dament le pion et arrivent en premier des centres d’intérêt. C’est dire l’impact du travail qui a été réalisé par toutes ces structures sur le terrain.Deuxième constat, et non des moindres, et là encore malgré les préjugés, la connaissance des jeunes et des adolescents du paysage politique est «assez élaborée». En effet, «46% de l’échantillon ont cité plus de deux partis politiques». Cependant, ils ont été 72% à estimer que les partis politiques sont «fermés devant les jeunes et connaissent des problèmes de gestion, de communication et d’organisation non incitatifs» à leur adhésion. . Montée de l’individualismeGrande institution préservée, la famille. Appréhendée comme forme de solidarité dans une société qui a tendance à aller vers l’individualisme, la participation des jeunes se réduit cependant à «l’aide aux tâches domestiques, l’appui scolaire, l’aide financière…». Pour 82% des sondés, le temps n’est pas encore à la participation, «à la prise de décision au sein de l’institution familiale». Pour sa part, l’enquête de L’Economiste expliquait en partie cette adhésion à l’institution familiale par une dépendance -voire parfois une interdépendance- financière. Cependant, la forte adhésion des jeunes à la cellule familiale ne cache pas moins une remise en cause de l’autorité parentale. Par ailleurs, le degré de participation dans les mécanismes scolaires semble être bien appréhendé par les jeunes, surtout dans la catégorie des 14-17 ans (52%). A cet égard, les clubs scolaires sont les plus fréquemment cités. Sur le registre culturel, ce sont plutôt les maisons de jeunes et les clubs culturels non institutionnels (groupes de quartiers, forums Internet…) qui sont les plus plébiscités (84%).


    Fiche technique

    L'enquête Unicef-Fnuap a concerné un échantillon de 1.139 jeunes et adolescents des deux sexes, âgés entre 13 et 25 ans. Par site, l’étude s’est intéressée à 275 jeunes de Tahannaoute, 221 de Marrakech, 327 de Tanger et 316 de Témara. 51% des enquêtés sont de sexe féminin. Quant au niveau d’instruction de la population sondée, il se répartit comme suit: 25% de niveau secondaire, 18% universitaire, 16% primaire et 15% d’analphabètes. Par lieu de résidence, ils ont été 51% issus de quartiers moyens, 27% résidents dans des quartiers défavorisés et 22% dans des quartiers résidentiels.A . R. & J. E. H.

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