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    Economie

    Energies renouvelables
    Des coûts de production trop élevés

    Par L'Economiste | Edition N°:2296 Le 13/06/2006 | Partager

    . Difficile d’en faire une ressource de substitution. La solution? l’efficacité énergétique LE Maroc devra faire feu de tout bois. Pour Mohamed Smani, directeur de R&D Maroc, il ne s’agit pas d’une simple boutade mais bel et bien de l’attitude que devra adopter le pays à l’horizon 2030 pour faire face à la croissance de ses besoins énergétiques. Croissance qui survient dans un contexte mondial de plus en plus marqué par la flambée des prix due à la saturation des capacités de production. Pour l’expert intervenant au séminaire organisé par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) du 9 au 11 juin à Casablanca, la solution réside dans la diversification des énergies utilisables et le renforcement de la recherche. En raison de son déficit structurel en ressources énergétiques primaires, soulignent des intervenants, le Maroc demeurera un importateur net de pétrole, de gaz naturel, de charbon et d’électricité pour équilibrer son bilan énergétique. Pour Mohamed Smani, le développement du nucléaire représente une piste à explorer et le Maroc doit y programmer son entrée. D’autant que cette voie est relativement moins chère et plus stable étant donné la faible fluctuation des prix. Autre argument en faveur de cette option, cette fois-ci d’ordre environnemental: sa faible contribution à l’effet de serre.A côté, des experts estiment que l’exploitation des schistes bitumineux et de la biomasse offre également un bon potentiel à ne pas négliger. Pour cela, il devient impératif de renforcer la R&D en faisant émerger des pôles de compétences. Le Maroc doit aussi profiter de ses liens privilégiés avec l’Europe et nouer de nouveaux partenariats scientifiques, technologiques et industriels. Par ailleurs, selon Mohamed Smani, le Maroc devra miser, dans son bouquet énergétique futur, en priorité sur les énergies renouvelables et essentiellement sur le solaire et l’éolien. Le directeur de R&D Maroc précisera que l’éolien est la source d’énergie qui a le plus évolué entre 1980 et 2005 et dont la capacité de production a notablement progressé. Le potentiel de la ressource éolienne est estimé actuellement à 6.000 MW. De nouveaux parcs éoliens (200 MW) seront implantés en 2006 et 2007, de même qu’une centrale thermo-solaire à Béni Mathar avec l’appui de la Banque mondiale. L’éolien est donc, avec le solaire, insiste le directeur de R&D Maroc, une source de production avec laquelle il faut compter pour les années à venir. D’autant que le Maroc, rappelle-t-il, bénéficie d’un important rayonnement solaire: 4,7 à 5,6 kWh/m2/jour. Dans son plan stratégique 2002-2020, le centre de développement des énergies renouvelables (CDER) vise une participation accrue des énergies renouvelables. De 0,24% en 2000, elle sera relevée à 10% en 2011, près de 20% en 2020 et 30-50% en 2030. Ce qui permettra de ramener la dépendance de l’extérieur à 80% en 2011 contre 96 à 97% actuellement et à 70% en 2020. Le CDER table sur une réduction des importations des produits énergétiques de plus de 22 millions de TEP (tonnes équivalent pétrole) prévus en 2020 à moins de 18 millions. Jean-Pierre Favennec, directeur du centre économique de gestion de l’Institut français du pétrole (IFP), estime, quant à lui, que les énergies renouvelables ne vont pas contribuer dans une grande proportion à résoudre le problème énergétique. Thèse partagée par Amine Bennouna, de Istishar consulting qui soutient également que les énergies renouvelables ne constitueront pas une réelle ressource de substitution. Aujourd’hui, elles représentent moins de 1% de la demande et leur développement est encore limité par des coûts élevés de production. Les énergies fossiles, pétrole, gaz et charbon, qualifiées de «Sainte trinité» par des intervenants, continueront à représenter l’essentiel, environ 80%, de la demande mondiale des énergies pendant encore longtemps. Les hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) constitueront, eux, les 2/3 de la demande.Au Maroc, qui ne dispose pas de réserves pétrolières, le taux de dépendance vis-à-vis de l’extérieur est appelé à se renforcer avec les prévisions qui tablent sur une augmentation de la consommation à l’horizon 2020 de l’ordre de 5 à 6%. Ce qui impactera lourdement ses équilibres économiques et financiers. Rappelons que 60% de la consommation, qui s’élève à 15 millions de TEP est en pétrole. C’est dire le poids de la facture énergétique pour le Maroc dont les achats de brut représentent 20% des importations globales et constituent près de 50% du déficit commercial. «Avec le prix du baril qui atteint des records, la facture pétrolière devient insupportable: pour un baril à 70 dollars, elle représente 6% de la richesse», indique Favennec. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres intervenants aux débats du séminaire du HCP, le salut pour des pays comme le Maroc passe, inéluctablement, par l’efficacité énergétique via la maîtrise de la consommation dans les différents secteurs. Option longuement défendue par presque tous les experts. Que ce soit dans le transport, dans le bâtiment, ou tout autre secteur, la réduction de la consommation énergétique doit être un préalable. «Tout le monde est d’accord sur ce sujet: un des investissements prioritaires à faire est la maîtrise de l’énergie», note Emile H. Malet, directeur de la revue Passages et délégué général du Forum mondial du développement durable. Selon lui, cette idée est salutaire puisqu’elle entraînera des comportements citoyens en harmonie avec les exigences du développement durable. Il s’agit, selon lui, d’apprendre à ne pas gaspiller, de «ré-apprendre les valeurs initiales partagées».


    Voracité des riches

    Plus on est riche, plus la consommation énergétique est importante. L’assertion est de Jean-Pierre Favennec, directeur du centre économique de gestion de l’Institut français du pétrole (IFP). D’après lui, la consommation de l’énergie est fortement variable selon la richesse. Ainsi aux Etats-Unis, chaque habitant dispose de 33.000 dollars/an et consomme 8 tonnes d’énergie et 3 tonnes de pétrole. Au Maroc, le revenu par habitant est d’environ 4.000 dollars/an, soit 10 fois moins que l’Américain. La consommation énergétique serait selon l’expert français autant plus faible. En Afrique de l’Ouest où les rapports de richesse sont plus bas, toujours par rapport aux USA, cette consommation est presque 100 fois plus faible. Le problème des réserves énergétiques est donc pour lui un faux problème. «Les réserves sont finies, c’est connu. Le problème est de savoir comment on les utilise», fait-il remarquer. Et d’ajouter, si tout le monde se met à consommer comme les Américains, les réserves disponibles seront consommées en moins de 10 ans.Khadija EL HASSANI

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