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Economie

Emploi: Démarrage de centres d'information pour les cadres

Par L'Economiste | Edition N°:41 Le 06/08/1992 | Partager

Le Ministère de l'Emploi a installé deux Centres d'Information et d'Orientation Pour l'Emploi (CIOPE) réservés aux Cadres, à Casablanca et Rabat. Ils démarrent leur activité. D'autres centres seront ouverts dans chacune des régions économiques. Ils relèvent d'une approche nouvelle de prestation de services et rompent avec les méthodes des Bureaux de placement et des Inspections du travail.

Des meubles modernes, un carrelage clair et des locaux agréables surprennent dans une administration du Ministère de l'Emploi. Dans les locaux du CIOPE, le nouveau Centre d'Information et d'Orientation Pour l'Emploi, situé en plein centre de Casablanca, on marque une volonté du Ministère de tutelle de "rompre avec une image peu flatteuse des Bureaux de Placements", tristes et poussiéreux, et des Inspections du Travail à l'aspect vieillot.
Les CIOPE de Casablanca et de Rabat sont en cours d'aménagement. Plus tard, il en sera créé un dans chaque région économique, pour favoriser l'emploi des cadres, surtout par l'information des entreprises, l'orientation et la formation des individus. Un fichier demandeurs d'emploi sera constitué, actualisé et mis à la disposition des entreprises. Un fichier entreprises sera ouvert aux candidats, avec des filières de formation.

Missions de prospection

Les agents des CIOPE seront chargés de missions de prospection: ils proposeront aux entreprises, outre l'intermédiation gratuite, une prestation de présélection des candidats. A aucun moment l'autorité administrative ou la contrainte ne sera évoquée.
Car cette nouvelle formule se veut justement une rupture avec le placement. L'administration ne créant pas de postes, la logique de puissance publique, d'obligation, est remplacée par la logique de prestation de service. D'ailleurs, et même si l'obligation de recrutement, à travers les Bureaux de Placement demeure, dans les textes, l'essentiel des recrutements se fait sans leur intermédiaire. Les entreprises puisent dans les demandes spontanées qui leur sont adressées, les offres reçues à leurs annonces, les multiples recommandations. Elles ont perdu de l'habitude des bureaux de placement qui ne fournissent même pas 1% des candidats. Et quand ils sont embauchés, l'administration n'a aucun moyen de contrôler leur maintien dans les effectifs. Le Ministère de l'Emploi, pour développer une intermédiation efficace s'est inspiré de l'ANPE française, avec qui il a constitué un "comité de pilotage" pour la conception de ces nouveaux centres.

Moyens

A la tête des premiers CIOPE, il a placé des éléments, parmi les plus compétents et les plus ouverts. Le responsable du CIOP de Casablanca, pourtant inspecteur divisionnaire, laissera en retrait son grade mettre en avant sa fonction nouvelle.
Tout comme d'ailleurs ses collaborateurs qui seront "prospecteurs", "chargés d'information", "chargés d'accueil". Aucune référence aux appellations d'inspecteurs et de contrôleurs, qui évoquent la coercition. Outre ces "hommes de terrain", des informatistes, informaticiens et statisticiens traiteront les données recueillies, les rendront disponibles, utiles.
Les fonctions étant définies, comme pour un département d'entreprise, il reste à budgéter des collaborateurs en nombre suffisant. Pour Casablanca, les trois prospecteurs prévus pourraient se révéler rapidement insuffisants, dès le démarrage des opérations. Par ailleurs la nécessité d'une formation continue, complémentaire au stage effectué à l'ANPE est ressentie en matière de communication de marketing car il leur faudra vendre un service. Il faut également espérer que des moyens soient mis à leur disposition pour accomplir leurs missions à l'extérieur: voiture, essence, ou indemnités de déplacements conséquentes.
C'est la faiblesse des moyens qui a bloqué le développement de la fonction d'Inspecteur du Travail: "les visites fictives" sont répandues dans le corps de l'inspection.

Autonomie

Au-delà de ces indemnités, dont l'absence finirait par inhiber les CIOPE, des motivations sont souhaitables.
Tous les commerciaux du monde sont intéressés aux objectifs: c'est la condition de leurs efforts, de leurs résultats.
Mais le moyen le plus important sera institutionnel: le cadre juridique et l'autonomie de fonctionnement des CIOPE sont fondamentaux pour leur efficacité.
Pour l'heure, quand une ampoule est grillée dans une administration publique, le bureau reste dans les ténèbres en attendant son remplacement par un service de Rabat.
Quand une chasse d'eau fuit, elle perd des trombes d'eau en attendant l'établissement des devis contradictoires et l'intervention d'un service central.
Seul l'autonomie de fonctionnement peut satisfaire la logique de prestation de service: il s'agit pour les CIOPE de donner des informations rapides, efficaces, d'entretenir une image de marque, de partenaire, à égalité avec l'entreprise.
Les partenaires, demandeurs d'emploi et entreprises gagneraient aussi à être motivés. En France par exemple, il faut être inscrit à l'ANPE pour bénéficier des indemnités de chômage.
Une simple agence locale gère un budget de formation de 3 millions de Francs, qui lui garantit une "clientèle" régulière.

Khalid BELYAZID

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