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Economie

Textile: Le premier ITA est lancé

Par L'Economiste | Edition N°:41 Le 06/08/1992 | Partager

Le premier ITA (Institut de Technologie Appliquée) de Textile vient de démarrer à Casablanca. Faisant partie d'un programme lancé depuis 1987, l'ITA Textile de Ben M'sik Sidi Othman a coûté 46 millions de Dirhams. C'est un acquis important, estime le secteur textile. Le Président de la Commision Formation de l'AMIT (Association Marocaine des Industries Textiles) appelle à la vigilance. Vigilance quant à la qualité de l'enseignement et des enseignants.

L'ITA Textile de Ben M'sik Sidi Othman a été inauguré le 22 Juillet. Sa création par l'OFPPT (Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail) s'inscrit dans le cadre d'un programme dont les grandes lignes ont été dessinées dès 1987 en collaboration avec l'AMIT. Il s'agit d'une stratégie à long terme, à l'échelon national, qui regroupe la formation de techniciens spécialisés et d'ingénieurs. Le second ITA ouvrira à Tanger. Cette ville est considérée comme un pôle textile important. D'autres établissements spécialisés sont prévus sur Rabat et Fès. Enfin pour renforcer ce processus, l'Ecole Supérieure des Industries Textiles dont les travaux ont démarré, ouvrira ses portes pour la rentrée 1994/1995.

Ce programme formation dans le textile va toucher, d'ici 1995, plus de 20.000 personnes.
Le coût de l'ITA Textile de Casablanca est évalué à 46 millions de Dirhams. La construction, dont le coût représente 9 millions de Dirhams, a été financée sur le Budget Général de l'Etat. Les 37 millions de Dirhams consacrés à l'équipement ont été financés par la BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement). Le Maroc a procédé à la construction et a en charge la formation des futurs techniciens. L'infrastructure est composée d'un atelier pour la filature, d'un atelier pour le tissage, un troisième pour la bonneterie et de deux ateliers pour l'ennoblissement. L'Institut dispose également d'un laboratoire Métrologie Textile, de 6 salles spécialisées, de 12 salles d'enseignement général, d'un magasin et bien entendu d'un bloc administratif.

Les moyens humains sont aussi importants. Le personnel d'encadrement et formateur est composé d'ingénieurs et de techniciens supérieurs spécialisés. Le personnel enseignant est actuellement de 8 ingénieurs textile et 13 techniciens supérieurs spécialisés. Le personnel administratif compte 7 personnes.

La capacité d'accueil de l'Institut est de 160 places pédagogiques.

L'enseignement, dispensé durant deux années réparties sur quatre semestres, a pour objectif de former des techniciens spécialisés dans les domaines du tissage et finissage. Les cours en ce qui concerne ces deux spécialités ont démarré depuis Avril 1992. Pour les techniciens en bonneterie et en ennoblissement, les cours commenceront en Septembre 92. La sélection et les inscriptions sont déjà faites.

Eviter les échecs

Les candidats doivent être âgés de moins de 30 ans et avoir un niveau 3ème A.S. sciences mathématiques (ex. 7ème A.S.).
M. Abdellah Hasnaoui-Amri, DG de Gromatex et Président de la Commission Formation de l'AMIT, précise que "de nombreux candidats ont leur baccalauréat et une année ou deux de Faculté."

Les futurs techniciens ne sont admis qu'après réussite au concours d'entrée. Ils subissent ensuite des tests psychotechniques. Enfin, chaque candidat suit un stage d'immersion en milieu industriel.
M. Hasnaoui explique que "cette formation coûte cher et ne doit être accessible qu'aux candidats intéressés et susceptibles de réussir.
c'est essentiellement pour éviter les échecs et les pertes de temps que nous avons procédé à un suivi dès le départ."
Le suivi concerne tant les élèves que le corps enseignant. Pour le perfectionnement des formateurs, il est prévu un plan programme et des modules en collaboration avec l'ESIT Mulhouse. Des stages en entreprise et chez les constructeurs de matériel sont également destinés à mettre à jour en permanence les connaissances des enseignants.
La Commission chargée de la Formation au sein de l'AMIT essaie de sensibiliser les industriels dont les entreprises sont les plus structurées à s'organiser pour accueillir les stagiaires et les encadrer.
Pour rentabiliser les investissements, les initiateurs de ce projet souhaitent assurer également des cours de formation continue pour les cadres techniciens. Ils souhaitent aussi lancer rapidement la formation des ouvriers spécialisés.

Eliminer l'esprit de fonctionnariat

M. Hasnaoui insiste sur un point sur lequel il faut redoubler de vigilance. "Ce n'est pas parce que nous avons des bâtiments, du matériel et des enseignants que la partie est gagnée", explique-t-il. La formation, ce n'est pas que cela.
C'est quelque chose qui vit, qui bouge et qui doit être remis en question constamment. Le souhait du Président de la Commission Formation est surtout de parvenir à éliminer l'esprit de fonctionnariat. Pour cela, il plaide pour un statut d'enseignant qui se rapproche d'un statut de droit privé. Les salaires devront être motivants. Actuellement, des discussions sont engagées pour essayer de trouver un statut particulier.
Cette question du statut de l'enseignant se pose avec plus d'acuité pour les enseignants de l'Ecole Supérieure des Industries Textiles qui devra former des ingénieurs. D'ailleurs, il ne serait pas étonnant que cette école soit payante. Des possibilités de crédit bancaire seront envisagées pour certains étudiants qui n'ont pas les moyens. Le principal est la motivation et le sérieux.
La concurrence est extrêmement sévère. Dans le secteur textile plus qu'ailleurs, les acquis ne durent pas, d'où la nécessité d'avoir une faculté d'adaptation permanente.
M. Hasnaoui note que, de ce point de vue, "le Maroc a beaucoup de retard". Il est actuellement temps de passer à une étape d'industrialisation qui permette de supporter les frais et, au moins, de maintenir notre niveau de compétitivité actuel.
La productivité au Maroc reste faible globalement. En effet, les entreprises tournent autour de 50 et 70% en moyenne de leur capacité de production.
L'impact économique d'une bonne formation est important. Le Maroc n'a pas une tradition industrielle. La formation de techniciens spécialisés et d'ingénieurs est l'entrée dans l'ère industrielle textile.

Naïma HADER

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