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    Société

    Elles sont battues et estiment que c’est justifié!!

    Par L'Economiste | Edition N°:2423 Le 15/12/2006 | Partager

    . Une majorité de femmes admet que leur mari leur fasse violence . Détails dans le rapport 2007 de l’UnicefChaque année, l’Unicef se penche sur la situation des enfants dans le monde. Elle vient de lancer le 11 décembre dernier son rapport 2007 publié à l’occasion de son 60e anniversaire. Il ressort de ce rapport, présenté à Rabat, que la santé de la femme, son instruction et son autonomie sont des conditions sine qua non à la naissance d’enfants en bonne santé, instruits et sûrs d’eux. Les auteurs du document axent leur stratégie sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. «Lorsque les femmes ont la possibilité de vivre pleinement et d’être productives, les enfants et les familles prospèrent», a rappelé la directrice générale de l’Unicef, Ann M. Veneman, dans ce rapport. D’après ce document, la question de l’égalité doit être examinée au foyer, au travail et dans l’arène politique. L’influence des femmes dans les principales décisions du foyer améliore leur vie. Les ressources qui sont entre les mains des femmes profitent souvent aux enfants. En dépit de l’amélioration de la condition de la femme ces dernières décennies, la discrimination, la marginalisation et la pauvreté représentent toujours des obstacles considérables pour des millions de filles et de femmes, déplore le rapport. Au Maroc, le débat sur la situation de l’égalité des sexes est axé, entre autres, sur la préscolarisation et la violence à l’égard des femmes.«Les chiffres sur la préscolarisation de la petite fille montrent que le problème demeure, même si l’écart se réduit progressivement, particulièrement ces dernières années», a indiqué le Pr. Khalid El Andaloussi, président de l’association Atfale dans son intervention sur le thème «Egalité des sexes et petite enfance au Maroc». Dans les institutions traditionnelles coraniques, le pourcentage des filles (29%) n’a pas changé de 1990 à 2000. Par contre, il a enregistré une hausse de 29% en 2000 à 39% en 2006. La répartition des préscolarisés, par milieu de résidence et par sexe, montre que les déficits accusés se situent en milieu rural, principalement en raison de la non préscolarisation des filles. Au cours des années 2000 à 2003, le rapport moyen des filles dans les effectifs d’élèves préscolarisés âgés de 4 à 5 ans avoisinait 36% au niveau national, 46% en milieu urbain et 21% en milieu rural». Dans les établissements modernes qui se situent majoritairement en milieu urbain, la fréquentation des filles reste stable et oscille entre 47 et 48%. Concernant la toute petite enfance, le Pr El Andaloussi rappelle le besoin de structures d’accueil des bébés. Les contraintes sociales et le travail des femmes posent le problème de la garde des enfants en bas âge et celui des institutions d’accueil. L’absence des crèches a permis, par exemple, la création de réseaux informels familiaux ou de voisinage... D’où la nécessité de l’introduction des classes préscolaires dans les écoles publiques. . Impunité des épouxCôté violence conjugale, sur les 3.648 plaintes enregistrées auprès des centres d’écoute membres d’Anaruz, réseau national des centres d’écoute des femmes victimes de violences (39 centres d’écoute et d’assistance juridique), 88,3% des cas sont relatifs à des violences perpétrées par des hommes avec lesquels les femmes plaignantes entretiennent des relations intimes (les maris dans 75,3% des cas). «Ces données confirment le constat mondial selon lequel les femmes sont plus menacées par leurs partenaires intimes que par des inconnus», indique Rabéa Naciri, présidente de l’Association démocratique des femmes du Maroc, en présentant son intervention sur les «Violences à l’égard des filles et des femmes». Naciri citait des données fournies par le rapport Anaruz, daté de décembre 2006.Les violences conjugales (physiques, sexuelles, économiques et psychologiques) s’expliquent par trois principaux facteurs, à savoir le statut infériorisé des femmes et les relations de genre, le silence des victimes et l’acceptation sociale de ces violences; ainsi que l’impunité dont bénéficient les époux/partenaires agresseurs.Une majorité des femmes mariées estiment qu’il est justifié que le mari batte sa femme dans certains cas. Pour elles, les raisons sont multiples: 55,9% discutent les opinions du mari, (55% sortent sans l’informer, 53,4% négligent les enfants, 48,5% refusent les relations sexuelles et 25,7% brûlent le repas (Voir tableau). Seules les femmes instruites (niveau du secondaire et plus) et celles qui ont un travail rémunéré sont majoritaires à ne trouver aucune justification à la violence conjugale. Selon les données du rapport d’Anaruz «Les violences basées sur le genre au Maroc 2006», 75,5% des plaintes des femmes victimes de violence auprès des centres d’écoute relevant des ONG concernent des conseils/assistance juridique alors que 7% seulement d’entre elles ont déposé des requêtes auprès des institutions officielles concernées (tribunaux, police, gendarmerie, etc.). Parmi cette catégorie, 22,7% pour procédure longue, 39,7 pour difficultés d’exécution des jugements rendus et 37,6% pour jugements inéquitables. Ces données sont significatives du faible recours des femmes à la justice et de leur faible satisfaction par rapport aux jugements rendus. Rappelons que pour lutter plus efficacement contre la violence à l’égard des femmes, un projet de loi est en préparation par le secrétariat d’Etat chargé de la famille (www.leconomiste.com).


    Ailleurs

    Des études de cas à travers plusieurs continents dévoilent que les femmes sont plus affectées par le VIH/sida et gagnent moins que les hommes à travail égal, note le rapport 2007 de l’Unicef. Des millions de femmes sont soumises à la violence physique et sexuelle, sans grand espoir que la justice intervienne. Parmi les conséquences de la discrimination, des jeunes filles ont moins de chance d’aller à l’école. L’Unicef propose une stratégie basée sur 7 axes en vue de favoriser l’égalité des sexes: l’éducation, le financement ainsi que la législation nationale en matière de droit à la propriété et de droit d’héritage qui doit veiller à ce que femmes et hommes se retrouvent sur un pied d’égalité. Sur cette lancée, l’Unicef propose de renforcer les quotas législatifs qui assureraient la participation des femmes à la vie politique. Sur les 20 pays qui ont le plus de femmes au Parlement, 17 utilisent une forme ou une autre du système de quotas. En juillet 2006, les femmes ne représentaient qu’un peu moins de 17% des parlementaires du monde entier, soit environ un sur six. Elles ne représentent toutefois qu’à peine plus de 9% des maires du monde entier et 21% environ des conseillers municipaux. Les mouvements de femmes sont également interpellés. Il s’agit aussi d’améliorer les recherches et les données sur la mortalité maternelle, la violence contre les femmes, l’éducation, l’emploi, les salaires, le travail non rémunéré, l’utilisation du temps et la participation à la vie politique.Fatim-Zahra TOHRY

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