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Politique

Congrès amazigh: Forte présence des jeunes

Par L'Economiste | Edition N°:2081 Le 08/08/2005 | Partager

. Un mouvement à deux vitesses . Les prémices d’un changement de capNADOR affichait complet le week-end dernier. La ville était plus animée que d’habitude en raison du Congrès mondial amazigh et du retour des MRE.Ni l’écrasante chaleur, ni les rumeurs d’annulation de dernière minute pour cause de non-autorisation n’ont empêché la tenue de ce congrès pour la première fois à Tamazgha. L’impression la plus marquante de cette manifestation, qui s’est clôturée hier dimanche, c’est la forte présence des jeunes. Venus d’un peu partout du Maroc et de l’Europe, la génération montante berbère veut reconstruire son identité et donner sa fraîcheur à une cause longtemps confinée dans un langage austère et politisé. Etudiants universitaires, délégués d’ONG locales ou de simples adolescents visiblement emportés par la fougue de l’âge, arboraient des pendentifs ostentatoires berbères ou des pin’s du célèbre émir du Rif, Abdelkrim El Khettabi. D’ailleurs, les participants ont observé une minute de silence en hommage à celui qui continue de symboliser la lutte pour l’autonomie des «peuples autochtones». L’association Tanukra, coordinatrice de l’événement, vendait sur place pour 100 DH des tee-shirts à l’effigie de cet émir ou des polos portant le mot amazigh en tifinagh. Le mouvement berbère change. Mais les mythes restent. Les slogans solennels aussi. «Ils ne peuvent pas et ne pourront jamais nous rendre des étrangers chez nous», tempête Tarik Yahya, président de la Chambre de commerce de Nador. «L’ex-jeune maire» s’est fait connaître il y a quelques années par ses propos virulents à l’encontre des autorités. Il s’est proposé en personne d’accueillir le Congrès mondial. C’est un geste politique qui ne trompe pas de la part de ce rifain qui se proclame du MNP d’Aherdane. Il y a quelque temps, il aurait même utilisé le tifinagh dans la signalétique routière. Et il ne l’aurait enlevé, raconte un militant de Nador, qu’après l’injonction du ministère de l’Intérieur.L’autre fait marquant du Congrès est l’absence de certaines grandes figures berbères. Côté marocain, n’étaient pas présents Mohamed Chafik, Ahmed Assid et Ahmed Boukous (IRCAM). Il est vrai que le Congrès n’accepte pas l’adhésion de membres d’institutions gouvernementales ou politiques. Mais ces personnes pouvaient faire valoir leur casquette de militants associatifs. En revanche, le turbulent Ahmed Adghirni s’est décidé finalement à participer alors que, deux jours avant la tenue du congrès, il confiait à L’Economiste son intention de ne pas y assister. Mais visiblement, l’occasion était trop bonne pour faire la promotion de son nouveau parti politique.La forte présence de la jeunesse berbère, entreprenante et enthousiaste, révèle un besoin de remise en question pour que le mouvement parte sur de nouvelles bases plus réalistes. Il est surprenant de constater par exemple cette grande disparité entre des adolescents rifains qui alimentent en temps réel un site Internet dédié à l’événement de Nador et des ONG amazighes qui se font tirer les oreilles par le président du Congrès mondial parce qu’elles ne sont pas à jour de leurs cotisations annuelles.Plusieurs délégations étrangères se sont succédé à la tribune. Unesco, organisations de défense des droits des peuples autochtones, catalans, basques, andalous et des ONG amazighes d’Europe ont expliqué leurs actions en faveur de la cause berbère. En Catalogne, la majorité des immigrés est constituée d’Amazighs, dont la langue est la troisième la plus parlée après le catalan et le castillan; ce qui a justifié son utilisation dans un enseignement, déjà plurilingue.Les ONG amazighes de Saint-Etienne, de Paris et d’Espagne ont démontré leur engagement concret. D’ailleurs, il semble que la diaspora berbère, comme la plupart des diasporas, se mobilise davantage que les autochtones eux-mêmes. La représentante des Touaregs, Hadizatou François, a dénoncé les blocages posés par les régimes du Niger et du Mali à la création d’une confédération des Touaregs. Cette communauté est arrivée à créer un journal en tifinagh. Action longuement applaudie par l’assemblée. «Les problèmes avec les régimes en place» ont été vivement dénoncés dans les interventions du représentant du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie et d’un jeune Libyen. Ce dernier a souhaité garder l’anonymat par peur de représailles. Ce qui démontre que la situation des berbères dépend largement de l’état des droits de l’homme dans chaque pays. Il faut préciser que les deux messages ont été lus par d’autres personnes. Malgré l’annulation du visa côté marocain, les Kabyles n’ont pas pu faire le déplacement faute d’argent.De notre envoyée spéciale à Nador, Nadia LAMLILI

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