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Société

Concours Fondation Mohammed VI pour l’environnement
L’eau… empêche le sourire!

Par L'Economiste | Edition N°:2306 Le 27/06/2006 | Partager

L’eau est élément indispensable à la vie. Cet élément vital peut être pollué, et par conséquent, sa consommation entraînera des maladies graves. Ce reportage concerne l’eau, plus précisément l’eau polluée consommée par la majorité des habitants de Khouribga, et qui est à l’origine d’une maladie des dents, très répandue chez les habitants de la campagne, surtout, appelée la Fluorose, caractérisée par une couleur jaunâtre-marron des dents; qui s’abîment progressivement. Les personnes atteintes par cette maladie, et surtout les jeunes filles, évitent souvent de sourire, pour ne pas montrer leurs dents, d’où le titre de ce reportage «l’eau… empêche le sourire!» bien sûr on parle de l’eau polluée. Celle-ci, est à l’origine de cette maladie faisant souffrir, en silence, les personnes atteintes et surtout les jeunes filles dont la souffrance n’est pas seulement d’ordre corporel mais elle est aussi psychique, sociale et économique. Pour mettre en évidence ces problèmes dus à la consommation de l’eau polluée et avoir une idée sur la nature de cette pollution, et comment provoque-t-elle cette Fluorose, nous nous sommes adressés à: Des personnes atteintes par cette maladieLe docteur dentiste WakrimUn responsable à l’Onep (Office national de l’eau potable).


I- LES PERSONNES ATTEINTES

a- Une élève: Nous avons commencé notre interview avec une élève de notre lycée, Nezha, qui est atteinte de cette maladie. - Bonjour Nezha! - Bonjour! - Nous sommes les jeunes reporters du lycée El Phosphate, nous allons réaliser un reportage sur l’eau et plus précisément l’eau polluée de Khouribga qui est à l’origine d’une maladie dentaire appelée fluorose. Si tu le permets, nous voulons te poser quelques questions liées à ce problème. - Allez-y, posez vos questions. - Nezha, souvent, tu évites de sourire, pourquoi? - Pour ne pas montrer mes dents abîmées et jaunâtres. - Est-ce que tu as une idée sur l’origine de cette maladie, dont tes dents sont atteintes? - Le dentiste m’a dit qu’elle est due à l’eau, dont la teneur en fluor est très élevée. - Nezha, tu es originaire du douar Ouled Abdoun, est-ce que tous les habitants de cette région sont atteints par cette maladie? - Oui. - Y a-t-il des gens de ta famille qui habitent ailleurs? - Oui, mon oncle à Fès, ma tante à Kénitra,… - Sont-ils atteints de cette maladie? - Oui, car ils sont nés à Ouled Abdoun, mais leurs enfants qui sont nés à Fès et à Kénitra ne sont pas touchés par cette maladie. - Cette eau polluée ne touche pas seulement le côté corporel mais également le côté psychique, social et économique, qu’en penses-tu? - Oui, c’est vrai, sur le côté psychique, une fille souffre beaucoup à cause de cette maladie car ses dents font partie de sa beauté. Sur le plan social, une fille atteinte de cette maladie a moins de chance pour se marier, donc pour avoir un foyer, des enfants et un avenir. Parfois, des gens se moquent d’elle, c’est pourquoi elle préfère ne pas sourire. Sur le plan économique, la plupart des entreprises comme Kitéa, les banques,… cherchent des filles qui répondent à des critères bien précis, notamment celles qui peuvent sourire à la clientèle, ce qui diminue notre chance pour un travail bien payé et sérieux. - Merci Nezha, nous partageons ta souffrance. Notre but en tant que jeunes reporters c’est de faire entendre ta voix qui n’est que celle de tous les Khouribgais notamment les jeunes filles et de faire sentir votre souffrance et douleur par les lecteurs de ce reportage. - Vous allez publier ce reportage dans un journal? - Non, nous allons participer à un concours organisé par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement en partenariat avec le ministère de l’Education nationale. - Tout d’abord, merci pour la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement qui a permis aux jeunes reporters de transmettre nos douleurs psychiques, nos problèmes sociaux et économiques. En effet, ce problème lié à la consommation de l’eau polluée ne me concerne pas toute seule mais c’est le problème de la majorité des Khouribgais, surtout, ceux qui habitent à la campagne et utilisent l’eau des puits. - Ton dernier mot Nezha? - J’espère que vous gagnerez au concours et je tire la sonnette d’alarme en disant mille fois «Prenez soin de l’environnement». - Merci Nezha, au revoir. b- La visite d’un paysan à douar Ouled Abdoun: Nous nous sommes déplacés vers douar Ouled Abdoun qui se trouve à 15 km au nord-ouest de la ville de Khouribga, via la voiture de notre encadrant: le professeur Mohamed El Mansouri et celle du directeur du lycée, là nous avons rencontré un paysan assis à côté d’un puits. Après lui avoir expliqué la raison de notre visite, il a accepté de répondre à nos questions. - Monsieur, c’est l’eau de ce puits que vous buvez? - Oui, nous utilisons l’eau de ce puits pour boire, nous laver,…- Est-ce que vous traitez toujours l’eau de ce puits? - Avant, un fonctionnaire de la Jamâa venait souvent y mettre des comprimés, mais depuis 5 ans, il ne vient plus, c’est nous mêmes qui traitons l’eau de ce puits par l’eau de Javel. - Vous effectuez ces traitements de manière régulière? - Non, vu nos grandes occupations, on n’oublie parfois de traiter cette eau. - Qu’est-ce que vous constatez lorsque vous oubliez ce traitement? y a-t-il un changement de l’odeur, de la couleur ou de la saveur de cette eau? - Non, mais on constate qu’il y a des «khchouch». - Pardon, c’est quoi «khchouch»? - Certains insectes, des petits serpents, des grenouilles,… c’est ce qu’on appelle «khchouch». - Pardon, je vois que la couleur des dents de plusieurs personnes est jaune et marron et parfois elles sont abîmées. A ton avis, quelle est la cause de ce phénomène? - Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que depuis ma naissance, j’ai trouvé autour de moi des gens avec des dents comme ça. - Quel est le problème que pose cette situation pour toi et ta famille? - Beaucoup de problèmes, surtout pour nos filles. C’est difficile pour une jeune fille dont les dents sont jaunâtres et abîmées de trouver un mari, la plupart des hommes cherchent des filles belles, qui peuvent sourire, pour se marier. - Mais je vois qu’il y a autour de nous, des mères avec leurs enfants malgré leurs dents abîmées et jaunâtres! - Actuellement, tout a changé. Avant, ce sont les parents qui cherchaient une épouse pour leur fils. Tandis que maintenant, c’est le mari lui-même qui cherche sa future femme et bien sûr il cherche, la beauté dont les dents font partie, la tendresse et le beau sourire…- Donc, l’eau de cette région empêche le sourire! - Elle empêche également, le mariage des jeunes filles! - Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

II- VISITE D’UN DOCTEUR DENTISTE

Au début, notre professeur nous a présenté au docteur et lui a expliqué le but de notre visite. Puis, nous avons commencé notre conversation. - Docteur, permettez-moi de vous demander si l’eau consommée par les habitants de Khouribga est la cause de la fluorose? Si oui, comment? - Tout d’abord, je vous félicite pour votre choix du sujet que personne n’a traité avant vous. Il s’agit d’un problème sanitaire très répandu dans notre région qui est dû à une intoxication par le fluor. Celui-ci est nécessaire à la santé des dents lorsque sa concentration ne dépasse pas un milligramme par litre ; alors qu’à Khouribga, la nappe phréatique traverse des couches géologiques riches en phosphate et par conséquent, la teneur de l’eau en fluor est très élevée, c’est-à-dire largement supérieur à un milligramme par litre, ce qui provoque la fluorose. - Docteur, cette maladie touche seulement les dents? - Non, elle touche également les os. - Que peut-on faire pour éviter la fluorose? - Eviter l’eau polluée par un excès de fluor et donner aux nouveau-nés durant les deux premières années de l’eau minérale parce que c’est durant cette période qu’a lieu la minéralisation des dents. - Merci docteur et bonne chance.

III- VISITE DE L’OFFICE NATIONAL DE L’EAU POTABLE (ONEP):

Au début, l’une de nos amies nous a présenté à un responsable de l’Onep, puis nous avons commencé à lui poser des questions: - Monsieur, avez-vous une idée sur la teneur de l’eau en fluor? - Je n’ai pas une idée précise, mais je peux vous dire que cette eau subit avant sa distribution un traitement rigoureux par nos laboratoires afin d’améliorer sa qualité. - On dit que l’eau de Khouribga contient un excès de fluor, ce qui est à l’origine d’une maladie dentaire appelée: Fluorose. - C’est quoi la fluorose? - C’est une maladie dentaire caractérisée par une couleur jaunâtre marron des dents, et dont vos dents sont atteintes. - Oui (en faisant des grimaces), je comprends, c’est vrai. Avant 1994, la distribution de l’eau à Khouribga était assurée par la commune et l’OCP, donc son traitement était non efficace. Mais après 1994, c’est l’Onep qui s’occupe de son traitement et sa distribution en utilisant des moyens perfectionnés qui répondent aux exigences internationales. - Donc, le problème posé par la consommation de l’eau et qui est à l’origine de la fluorose ne se pose plus! - Chez les habitants de la campagne, ce problème subsiste toujours car ils utilisent l’eau des puits qui est riche en fluor, donc polluée. - Merci monsieur d’avoir répondu à nos questions. Les Khouribgais qui habitent la campagne, pourront-ils un jour sourire sans problème avec des dents saines? Autrement dit, pourront-ils avoir accès à l’eau potable non polluée par le fluor pour qu’on puisse profiter de leur sourire?Reportage réalisé par les élèves du lycée Phosphate (Académie Chaouia-Ouardigha)

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