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    Politique Internationale

    Comment relancer le film français

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


    L'importation de films français est en recul ces deux dernières années. L'explication fournie par le service culturel français a trait à la qualité des salles qui sont en majorité délabrées.


    Le film français a perdu sa place privilégiée. Il a été détrôné par la concurrence, jugée rude, des films d'action et des superproductions américaines. Ce constat lucide, formulé lors d'une conférence de presse sur "le bilan de la coopération franco-marocaine en matière de cinéma (1994-1996)", émane du service culturel de l'Ambassade de France à Rabat. Mme Marie-Annik Duhard, attachée audiovisuel, a affirmé qu'au cours de ces deux dernières années les films français importés sont passés de 21 en 1994 à 15 en 1995. Au premier juin de cette année, 10 films ont été importés.
    Mme Duhard explique cette baisse par la qualité des salles qui restent dans la plupart des cas délabrées. Des exploitants ont pris l'initiative de rénover leurs salles, améliorant ainsi les conditions de projection des films. Elle relativise ce bilan qui marque un ralentissement en affirmant que les distributeurs ont importé des films de qualité qui restent souvent sur les étagères en attendant une hypothétique programmation dans les instituts français.

    Pour remédier à cette situation jugée préoccupante, les services de l'Ambassade avaient mis en place depuis 1992 une politique qui vise à relancer le cinéma français au Maroc. Cette réaction, inscrite dans un esprit de coopération entre les deux pays, se base sur les liens intenses qui existent entre les deux pays, assure M. Michel de Bonnecorse, ambassadeur de France à Rabat. Pour lui, les services de la chancellerie ont identifié un potentiel de trois millions de spectateurs qui affectionnent le cinéma français, dans tous ses genres.

    Encourager les films de qualité


    Cette politique de relance s'articule autour de trois axes.
    Le premier, vise à encourager les films de qualité. Ceux-ci doivent être projetés dans des salles où le confort est indispensable. C'est ainsi que le service culturel prend en charge une partie des frais d'exploitation sous forme d'aides octroyées à des films labellisés Nouveau Cinéma Français (NCF).
    Le second axe tend à soutenir les films marocains afin de contribuer à l'émergence du cinéma local. Dans cette optique, les actions menées concernent divers secteurs. Elles vont de la coproduction à la formation en passant par l'édition. Le montant de ce soutien du cinéma local sous forme de coproduction, décidé par le Fonds Sud Cinéma (FSC), commission présidée par Frédéric Mitterrand, a atteint jusqu'ici 3,7 millions de FF pour sept films. Le réalisateur, M. Mohamed Abderrahmane Tazi, a obtenu à lui tout seul 51 % de cette enveloppe, soit 1,9 million de FF (3,3 millions de DH) pour ses trois derniers films, "Badis", "A la recherche du mari de ma femme" et "Lalla Hobbi" encore en chantier. Le 4 juillet dernier, le FSC a décidé d'octroyer cette aide pour contribuer au financement du projet "Les Casablancais", film de M. Abdelkader Lagtaâ.

    Limite de la formation


    Il est à signaler que cette aide doit être dépensée en France pour couvrir les frais de post-production. L'un des bénéficiaires (M. Tazi) a formulé le souhait d'en disposer localement puisque les infrastructures existent désormais sur place (auditorium, tirage...). Mme Duhard a dû rappeler que ce soutien à la production de films marocains sert, par ricochet, à aider le cinéma français à exister.
    Le volet formation a été également abordé. Il s'agit de mettre à la disposition des professionnels des bourses d'études à la FEMIS (un ingénieur de son et un cinéaste documentaire en bénéficient). Cette action est complétée par la prise en charge d'une personne pour participer à l'Université d'Eté FEMIS (deux mois et demi).

    Ces actions de formation ont montré leurs limites: "on ne peut pas continuer à faire de la substitution", précise Mme Duhard. Pour elle, la formation des techniciens du cinéma devra s'effectuer localement en mettant sur pied un centre qu'elle dit prête à soutenir. D'ailleurs, les services de l'Ambassade ont élaboré et remis au Ministère de la Communication un rapport sur les besoins dans le domaine des métiers artistico-techniques. Ce document remis en 1994 est resté sans lendemain.

    Par ailleurs, le Centre National de la Cinématographie a attribué 5 films pour le compte de la Cinémathèque Marocaine en vue de l'aider à constituer son patrimoine. De même, un soutien à l'édition a profité à Moulay Driss Jaïdi et Fouad Souiba pour leur ouvrage sur le cinéma.
    Enfin, le troisième axe de cette politique de relance initiée par le service culturel vise à faire connaître à un large public les grandes oeuvres du cinéma français.
    Outre l'aide à la projection des films français à la télévision, M. Bonnecorse a annoncé la tenue d'une semaine du cinéma marocain à Paris au début de l'année prochaine.

    Mohamed CHAOUI

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