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    Politique Internationale

    Listes électorales : Le mokaddem, les inscrits et les autres

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager

    La campagne d'inscription sur les listes électorales a ses anecdotes. Le Mokaddem reste au centre de cette histoire qui prête parfois au sourire.


    "Bonjour, je viens voir le Mokaddem pour le certificat de résidence", lance une dame à un employé . "Il est au bureau numéro 6 mais il faut d'abord s'inscrire sur les listes électorale", rétorque le fonctionnaire avant de se détourner de cette femme que la nature n'a pas gâtée.
    Ce dialogue, digne des temps révolus, a eu comme décor la circonscription de l'Agdal à Rabat au cours de cette semaine. Les exemples de situations insolites fusent. La chronique des anecdotes entourant ce rendez-vous civique est inépuisable.

    Dans la plupart des cas, les inscriptions se font dans des établissements scolaires désertés par les élèves en raison des vacances d'été. Dans une commune à Casablanca, les responsables de cette opération ont élu domicile dans un garage désaffecté qui porte encore la griffe de la marque Goodyear. A l'intérieur, les traces indélébiles de pneus usés sont encore sur les murs. Au fond, le propriétaire dispose encore des restes de son garage autrefois florissant. Ces objets sont soigneusement couverts par un bout de tente caïdale qui a eu ses heures de splendeur. Ce subterfuge permet-il d'éviter de satisfaire la curiosité d'un badaud dont le temps est à revendre?

    La campagne en "tarifit"

    A Nador, ville à la lisière du Rif, qui doit sa position de troisième place financière du pays après Casablanca et Rabat à la contrebande et autres activités illicites, la campagne pour l'inscription sur les listes électorales se fait aussi par un mode de communication dit "populaire". Des voitures munies de hauts-parleurs sillonnent les artères de la ville pour appeler les citoyens à se rendre massivement aux bureaux pour s'acquitter de leur devoir civique. Le plus séduisant est ailleurs: ces appels se font également en "tarifit", dialecte local.
    Les médias participent également dans cet éveil de conscience civique. Des manchettes et des annonces parues dans la presse écrite, le quotidien "Libération" se distingue du lot par son originalité. Ses messages, s'appuyant sur des illustrations, changent chaque jour. Parfois, elles choquent plus d'un. Celle parue en milieu de cette semaine fait ressortir la photographie d'un troupeau mené à l'intérieur de haies trop étroites. Bien qu'il soit difficile de mesurer l'efficacité de ce genre de "communication politique", pour reprendre les propos d'un jeune militant, les slogans choisis montrent que la rédaction de ce journal prend à bras-le-corps le sujet.

    La TVM s'en mêle également. Chaque soir que Dieu fait, elle gratifie les téléspectateurs par une plage horaire consacrée à l'inscription. Des dignitaires des partis politiques sont conviés à passer leur message sur des images d'archives. Dans un café du centre de Casablanca, au début de cette rubrique, le tenancier a dû, sous la pression de l'assistance, zapper pour leur offrir des images d'ailleurs.
    Certains citoyens qui allaient s'inscrire ont failli renoncer. Voulant s'inscrire pour la première fois, un homme d'âge mûr a mis plus d'une demi-heure à chercher le local d'inscription malgré les indications fournies par les préposés à l'inscription. Elles ont été tellement compliquées qu'en fin de compte, il est revenu au point de départ pour enfin s'inscrire. Une demi-heure de perdue sous le soleil de plomb d'une matinée de juillet.

    Inscription à domicile

    Si ces pratiques dérangent ceux qui n'ont pas de temps, d'autres furent agréablement surpris de constater que le Mokaddem se déplace jusqu'au domicile pour leur faciliter la tâche. Dans la plupart des cas, ils accueillent ce serviteur des temps difficiles avec joie et bonne humeur. Cette même joie a été ressentie par les résidentes d'un immeuble du Maârif dans la capitale économique dont le concierge s'est chargé de la rude tâche de les inscrire. Ces dames qui habitent ces studios meublés n'avaient pas beaucoup de temps.
    L'émulation dont font preuve plusieurs employés dans cette opération d'inscription force l'admiration. L'exemple d'un responsable d'un bureau à Casablanca est édifiant. Lorsqu'il a découvert la formation pointue et la profession de la personne qui s'est présentée devant lui pour s'inscrire, il s'exclame: "pourquoi ne viendriez-vous pas avec nous, nous avons besoin de gens comme vous?". L'esprit vif et la question à l'emporte-pièce, ce candidat répond du tac au tac: "qui, vous?". En fait, le Mokaddem repère déjà des candidats pour les prochaines listes électorales.


    M. C.


    N.B.
    Le chiffre des inscriptions sur les listes électorales gonfle de jour en jour. Mercredi 17 juillet, soit deux jour avant la clôture officielle de cette opération, les nombre des inscrits établi deux jours avant s'élevait à 10.087.426 dont 5.002.818 femmes et 5.084.608 hommes. Les personnes âgées de 20 ans et plus sont estimées à environ 14 millions.

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