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Economie

Chocolat: Quand la contrefaçon prend le pas sur la contrebande...

Par L'Economiste | Edition N°:1747 Le 14/04/2004 | Partager

. Une usine implantée à Tanger produit une version contrefaite de Maruja . Les producteurs marocains ont saisi le ministère du CommerceLes chocolatiers et confiseurs marocains sont dans la tourmente. La contrebande et l'importation de produit finis écoulés en quantité sur le marché local grèvent leur activité. C'est en tout cas ce qui ressort des déclarations concordantes de membres de l'ABCC (association des biscuitiers, confiseurs et chocolatiers). L'Association tire aujourd'hui la sonnette d'alarme. Elle estime mener “une guerre à armes inégales” pour garder ses parts de marché. La crainte des professionnels s'est exacerbée face à la menace d'une usine qui s'est installée il y a trois ans à Tanger. La société Chele import-export (qui peut être considéréee comme l'anagramme de leche soit lait en espagnol), dirigée par un Espagnol, a pratiquement imité à quelques détails près la célèbre tablette Maruja de 150 grammes, qui d'ailleurs n'est qu'un succédané de chocolat. Cette société a joué sur l'effet visuel pour faire diversion. A première vue, le consommateur ne fait pas la différence entre une tablette d'origine et celle contrefaite. Pourtant, les différences sont flagrantes pour celui qui s'y penche de plus près. Un petit espace de quelques millimètres coupe le U de “Maruja” en deux. Et plus ou moins repérable, la tablette d'origine porte la mention, “Maruja authentique est le seul chocolat enveloppé dans du papier d'aluminium thermosoudé”. Alors que sur la version contrefaite on peut lire: “Maruja authentique est le seul système permettant de souder l'aluminium”. En arabe, la phrase est inchangée. Comme quoi le ridicule n'arrête pas les contrefacteurs. Ce sont tous ces détails ainsi que d'autres sur lesquels la société Chele a joué pour esquiver toute accusation d‘usurpation de marque. En moins de trois ans d'existence, l'usine de Tanger a grignoté des parts considérables du marché local. Certains professionnels parlent même de 30%. Enorme. Chele importe en vrac des quantités importantes de produits semi-finis. Un responsable d'ABCC se basant sur les statistiques du ministère de Commerce, estime que “la société importe en trois mois jusqu'à 400 tonnes de chocolats en vrac”. Pour un autre responsable qui s'appuie sur les statistiques de l'Office des Changes, “ces énormes quantités sont sous-facturées pour diminuer le coût des droits de douane. Chele déclare le produit importé à 3 ou 4 DH le kilo au lieu de 18 ou 20 DH normalement en vigueur”. L'activité de l'usine de Tanger consiste à mettre le chocolat importé en forme. Elle effectue une sorte d'assemblage. “Le produit fini est vendu à 500 kilomètres plus loin à l'intérieur du pays. Il n'est pas disponible à Tanger et environs”, souligne un proche du dossier qui explique cette précaution supplémentaire de la société tangéroise. En plus des chocolatiers marocains, la société Borras qui produit depuis plus d'une vingtaine d'années le vrai Maruja est touchée de plein fouet. Les industriels marocains la qualifient désormais de “fraudeur copié”. Borras qui s'est installé à Malaga (Espagne) après avoir passé une quinzaine d'années à Sebta avait submergé le marché marocain. Son produit est exclusivement commercialisé au Maroc et en Algérie. Borras fut donc la première menace sérieuse pour les producteurs nationaux. Maruja est aujourd'hui vendu sous différentes formes: tablettes, barres et même au détail pour satisfaire toutes les bourses. Le produit dans son évolution fulgurante avait carrément freiné l'expansion des producteurs nationaux. “Borras a profité des avantages qu'offrait la zone franche de Sebta et des subventions espagnoles”, estime un producteur marocain. Elle est devenue pratiquement indétrônable sur le segment du vegecao, un produit de moindre qualité appelé communément sucre chocolaté au Maroc. La contrebande avait fait alors des ravages et la succes story de Borras a fait des émules. Parmi eux, la société Chele. Aujourd'hui la situation est peu reluisante pour les chocolatiers et confiseurs marocains. Ils sont confrontés à la fois aux importateurs de produits finis, à Borras et à l'usine de Tanger. Selon un responsable à ABCC, les importations sous-facturées représentent un volume de 6.000 tonnes par an. Ce qui équivaut par exemple à deux fois la production annuelle d'Aiguebelle tous produits confondus. La société qui produisait le chocolat Madak, une tablette de 150 grammes, a dû laisser tomber sa production il y a deux ans, tellement la contrebande et la contrefaçon faisaient rage. Aiguebelle a aussi quitté le vegecao pour se focaliser sur un chocolat de qualité destiné à une clientèle ciblée. Pour le chocolatier et confiseur Pastor, les choses se présentent autrement. La société continue de produire Maryza, une tablette de 100 grammes, “bien qu'elle croule sous le poids des coûts exorbitants de la matière première et des droits de douanes”. Pastor comme Aiguebelle et les autres chocolatiers marocains, paient, selon un responsable de l'association, “60 % de droit de douane sur le lait, 50 % sur l'emballage, 32 % sur la plupart des autres matières premières et l'équivalent de 300 % sur le sucre acheté localement”. “C'est injuste quand on sait que la société Borras ou l'usine de Tanger réalisent des marges qui peuvent aller jusqu'à 500 %”, tonne le même responsable. Les producteurs nationaux pointent aussi du doigt “le manque de rigueur et le laisser-aller de la douane et du service des fraudes” qui, ajoutent-ils, “faussent le jeu de la concurrence”. Récemment, sous l'impulsion des professionnels qui ont saisi le ministère du Commerce, Chele serait en contentieux avec la douane. Pour eux il est totalement aberrant que la tablette soit déclarée à 60 centimes sans que cela ne fasse tiquer le services des fraudes”.Mostafa BENTAK

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