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Economie

Caftan 2001: Voyage autour du monde en 1h30mn

Par L'Economiste | Edition N°:970 Le 05/03/2001 | Partager

. Ritu Beri, la styliste indienne, charme doublement l'assistance: par la beauté de ses modèles et par sa générosité. Originalité et sobriété pour les tenues orientalistes d'Yves Saint-LaurentLes premières notes de musique s'égrènent sur un fond de rosée avec en filigrane une fontaine en zellige. Le décor est planté et le bal des caftans, tant attendu, est ouvert. Les spectateurs sont tenus en haleine. La première danse sera effectuée par Albert Oiknine, l'ancien jeune talent de l'édition précédente, qui revient avec des modèles haute couture. Ce créateur confirmé a puisé son inspiration dans la richesse du monde judéo-arabe. Il s'est surpassé. Une valse de dentelles et satins superposés, avec des manches larges et ondoyantes et parfois de fines ceintures en strass qui soulignent les formes. Les couleurs sont chatoyantes, délicates et accrocheuses. Les top models étaient nimbées d'une douce lumière, comme celle d'un soleil qui se couche sur le Danube. Et comme à l'époque du faste des cours d'Autriche, les caftans se parent de crinolines, de soie, de plumes d'autruche et de dentelles précieuses. Allusion est également faite aux siècles des pléiades, avec des caftans-robes à collerettes sur lesquels de larges pèlerines à col montant et rigide sont portées comme l'aurait fait la Reine Margot. Avec Ritu Beri, l'invitée étrangère de cette édition, Caftan 2001 met le cap sur la route des Indes. Les couleurs sont empruntées aux épices (safran, paprika, curcuma) pour relooker un habit traditionnel. Les hauts s'échancrent, les jupes deviennent cloches et les ventres se dénudent. La styliste indienne privilégie les saris, les churidar et les organzas, le tout perlé et brodé. Le mariage des couleurs est osé: le violet est associé au safran et le prune au vert anis. Ses modèles orientaux ressemblaient à s'y méprendre à certains caftans de facture marocaine, si ce n'était la richesse des tissus. Retour aux racines marocaines, avec Zineb Joundy, Mounia Abouhanifa, Zakia Chraïbi et Tamy Tazi. Ces couturières traditionnelles, qui n'en sont pas à leur premier essai, ont sublimé le costume marocain en donnant à leurs collections des cachets classiques mais fastueux. Pour Zineb Joundy, le caftan est d'époque avec des matières riches et nobles (satin, velours et brocart), comme dans les contes des Mille et une nuits. Zakia Chraïbi et Tamy Tazi ont misé sur l'opulence des tissus, tout en restant classiques et sobres dans les coupes, même si à certains moments, les bustes sont suggérés à travers des mousselines ou des organzas. Quant à Mounia Abouhanifa, elle a ajouté un brin de fantaisie à ses caftans en s'inspirant du terroir. Les motifs empruntés aux tentes caïdales sont tour à tour brodés ou cousus à même le tissu, comme pour un patchwork. Fatem-Zohra Belmejdoub et Kenza Melehi ont ravi avec des modèles atypiques, mais dont les broderies sont inspirées des bijoux marocains. Fibules, khmissat et autres ont orné certaines des créations de Mme Belmejdoub, déclinées en sarouels et bustiers courts, parfois frangés et habillés de mousselines aériennes. Pour Kenza Melehi, c'est le grand Sud marocain qui était à l'honneur. Coton, lin et organza de soie pour revisiter le caftan dans des tons beige, ocre, bronze et cuivre. Couleurs qui ne sont pas sans rappeler Marrakech, la ville rouge, sa muse. Son style est minimaliste et ses coupes grandement inspirées des modèles occidentaux.Les jeunes talents, quant à eux, ont étonné par leur audace et leur génie. Surtout le plus jeune des stylistes, Mohamed Lotfi Belhouari (16 ans à peine), qui a marié tradition et modernité, cuir et tissu, en s'inspirant de l'Amérique latine. Trois couleurs primaient: marron, turquoise et écru. Les dos étaient nus et les jambes couvertes. Pour ses broderies, ce jeune talent a privilégié le point de croix. Un peu inspiré des mêmes tendances, Lhoucine Aït El Mahdi qui, dans un admirable jeu de superpositions, a su mélanger le jean aux motifs incas tout en raccourcissant le caftan, qui était porté sur pantalon large. Quant aux purs produits du terroir, aux musiques lancinantes des lointaines contrées berbères, c'est Nouredin Amir qui a su les reproduire dans ses costumes. Très basique, mais pourtant recherchée, sa collection peut être qualifiée de minimaliste. Sur des tuniques façon toges romaines, toutes blanc écru, ce jeune homme a reproduit des motifs berbères. Les vêtements sont bicolores, évasés et larges et les châles empaillés. On retrouve dans certaines tuniques des cols à la Jackie Kennedy. Comme dans les défilés de haute couture européens, Caftan 2001 a fait un dernier voyage en France avant que le rideau ne tombe. Pour le bouquet final, l'assistance a vu défilé les modèles orientalistes du célèbre couturier français Yves Saint-Laurent. Comme on aurait pu s'y attendre, le couturier français s'est distingué par la simplicité des coupes et l'originalité des couleurs. Trois tendances tout de même ont pu être relevées. Les sarouels typiquement orientaux, froncés à la cheville avec des bustiers plus ou moins habillés et portés négligemment. Des robes noires longues et fluides, avec un châle de la même couleur drapé autour de la tête. Et une dernière excentricité que lui seul réussit avec brio, cet assortiment bruyant de couleurs qui marie savamment les fleurs aux rayures, ou encore au jacquard dans un style presque roumain.Radia LAHLOU

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