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Avec le Gazoduc Maghreb-Europe : Gaz: la nouvelle donne du marché

Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

Un nouveau cordon ombilical entre les pays du Maghreb et ceux de l'UE sera inauguré cet été. Les inquiétudes sur la sécurité de l'approvisionnement sont aplanies. Le projet a ramené de grands investisseurs du secteur énergétique dans la région.

L'été prochain, le nouveau et premier pipeline de gaz naturel depuis 1983 sera achevé. Il reliera l'Afrique à l'Europe. Le gazoduc Maghreb-Europe fournira aussi le Maroc et le Portugal en gaz naturel pour la première fois; il fournira aussi l'Espagne avec une capacité supplémentaire à son niveau de consommation.
L'Algérie gagnera un nouveau débouché important à l'export. Le résultat en sera, non seulement le gaz, mais aussi des transformations sur les économies de l'électricité des 3 pays. Bien plus, le gazoduc fournira un lien diplomatique clef entre tous les pays, le long de sa route, de l'Algérie au Portugal, mais aussi au-delà.
L'inauguration du gazoduc Maghreb-Europe l'été prochain annonce un développement majeur de l'offre et des marchés en Europe et en Afrique du Nord. Ce projet est réalisé par les entreprises les plus importantes de la région. Au-delà, il a mis ensemble, grandes entreprises d'ingénierie des deux rives de l'Atlantique et a été financé par un grand effort international, impliquant des crédits garanties par un grand nombre de gouvernement internationaux, notamment l'Espagne, la France et les Etats-Unis.
James Ball, expert en gaz a déclaré récemment: "le GME n'est pas qu'un pipeline. C'est un agent de changement apportant de nouveaux acteurs, et moyens de faire des affaires dans le champs de l'Algérie, du Maroc, et au-delà.
De nouveaux investisseurs privés seront impliqués dans les activités de gaz et d'électricité du Maroc et du Portugal.

De plus, le GME a déjà rendu possible, un projet de plusieurs milliards de Dollars, par lequel le géant britannique BP va rejoindre la Sonatrach dans la vente du gaz algérien.
Avant de considérer plus bas sa contribution, considérons le sujet sensible de la sécurité de l'énergie, un sujet qui a souvent voilé les perspectives des projets.
Est-il sage, pour les pays consommateurs, d'établir une ligne d'énergie aussi vitale, anal gré les tensions qui prévalent dans la région. Coïncidences, la mise en service interviendra juste après la publication, par l'Agence Internationale d'Energie, basée à Paris, d'une étude qui traite de l'importante question de la vulnérabilité des pays de l'UE, en cas de perturbation de leur fourniture de gaz. La vrai raison d'être de l'IEA est de prévoir les mesures pour protéger la sécurité de ses meubles, pays de l'OCDE.
Les résultats de ses études ont une importance particulière dans ce cas. Les 550 page de "l'étude de l'IEA sur la sécurité du gaz naturel traite de l'importante question de la vulnérabilité des pays de l'UE en cas de rupture de la fourniture de gaz de Russie ou d'Algérie. Elle conclue, qu'autour de l'année 2010, et malgré une large augmentation dans les volumes achetés par les pays de l'UE, leur vulnérabilité ne s'aggravera pas par rapport à ce qu'elle était en 1992.
Les seules exceptions seront la Grèce que la Russie devraient commencer à livrer et l'Espagne. D'autres pays sont prévus pour être dans une position plus avantageuse, d'une manière significative, en 2010. La Turquie et l'Autriche vis-à-vis de la Russie. La Belgique, la Russie et la France vis-à-vis de l'Algérie.

L'IEA a construit 2 scénarios pour examiner l'impact d'une rupture sur les entreprises clientes:
- Un scénario favorable prévoit que l'offre qui ne fait pas l'objet de rupture peut être maximisé vers les entreprises en rupture. L'Espagne serait la seule pays affecté en 6 mois.

- Un scénario de favorable qui montre une vulnérabilité évidente de la Turquie, vis-à-vis de la Russie, autant que de l'Autriche et de la Finlande. Si la fourniture algérienne est rompue, aucun pays ne sera affecté immédiatement mais l'Espagne sera perturbée après 2 mois, suivie rapidement de la Belgique, Luxembourg, et après 6 mois de l'Italie.
Une étude complétée au même moment par la commission européenne!. La Communauté Européenne et les perspectives de la fourniture de gaz, s'intéresse aux mesures de crises, à la flexibilité de la production.
Elle compare les mesures particulières par pays et communautaire.
Les chiffres montrent l'effet des mesures de sécurité en terme des mesures de sécurité en terme de pourcentage de réduction des importations de l'UE des différentes sources. La commission dispose d'un argument particulièrement convaincant dans le cas d'une rupture algérienne. Les mesures de sécurité de la communauté auront comme effet l'amélioration de la disponibilité du gaz de 26% à 56% des importations totales algérienne.
L'IE ne considère pas, mise à pas brefs paragraphes, les scénarios de ruptures qui peuvent naître de la Norvège, le plus grand fournisseur extérieur de gaz de l'UE. Le rapport affirme "simplement" le risque de rupture en provenance de Norvège n'a pas été envisagé. Des analystes ont exprimé leur surprise à cette omission, négligeant les grèves et les problèmes techniques de ces 15 dernières années.
Cette étude arrive quelque mois avant l'inauguration du gazoduc Maghreb-Europe qu'ajoute quelques 8,5 Bcm à la capacité annuelle d'exportation de la Sonatrach. Ce gaz ira en Espagne. Le Maroc est aussi un client et prendra sur gaz sous forme de droit de transit, comme la Tunisie l'a pratiqué depuis les 13 dernières années, pour le gaz à travers le pipeline transméditerranéen.
La demande espagnole et prévu pour s'élever à 12 millions de mètre cubes à la fin du siècle, soit un accroissement de 71% du niveau actuel de la consommation, la plus large demande venant de la production énergétique et de la cogénération industrielle. La GME tiendra une large place dans le développement du rôle du gaz dans la politique énergétique espagnole. A fin de l'année prochaine, le gaz qui coulera dans le GME comptera pour 36% du gaz importé par l'Espagne.

Si l'on ajoute les importations de gaz liquéfié d'Algérie, le pourcentage des importations d'Algérie s'élève à 62%. Si l'on ajoute les importations de Libye, le pourcentage atteint 83%. Quoiqu'il soit, et en dépit de ces chiffres, le gaz comptera alors, seulement pour 11% de l'énergie primaire utilisé en Espagne, approximativement, la moitié de la moyenne des autres membres de l'UE.
Le GME est un grand projet d'ingeniering, et contrairement à certaines craintes, est à jour et dans son budget. Le pipeline sera un second cardon ombilical reliant l'Afrique du Nord à l'UE, le premier étant le gazoduc transméditéranéen qui entre en service il y a 13 ans et dont la capacité a doublé l'été dernier. Le gaz a coulé d'Algérie en Italie et en Slovénie, pendant 16 ans sans interruption.
Le GME est mis en service, alors que la libéralisation de la scène marocaine de l'énergie est en bonne voie et que d'important joint-venture sont signé par la compagnie algérienne d'état, du pétrole et du gaz, avec les majors occidentales. Ces joint-ventures ouvrent ses ressources énormes à l'exploration et l'exploitation.
Durant les derniers mois, les grands accords entre l'Algérie et les compagnies occidentales:
Total et Repsol ont signé pour 850 millions de Dollars pour le développement d'un champs de gaz au Tim Fouye Tabankort, à 500 km au Sud des champs de Hassi Rmel.
- BP a signé un accord de 3,5 milliards de Dollars pour le développement conjoint de champs de gaz au Su de Aïn Salah. Une entreprise comme de commercialisation sera créé en Europe. C'est la première fois que Sonatrach concède son monopole de la vente de son gaz à l'étranger.
- Arco a signé pour une production de 1,5 milliard de barils, avec un accord pour réhabiliter le champs de Rhomde El Bagel. Arco verse une prime de 250 millions de Dollars à Sonatrach.
Avec plus de deux douzaine de multinationales, incluant Agip, l'Algérie, a, pour chacune de ces 3 dernières années ajouté à ses réserves de gaz et de pétroles autant qu'elle exporte chaque année. Ceci vient après déclin de la production de pétrole dans les années 80 dû à l'absence d'expérience commerciale internationale, et le manque de fond pour investir chez la Sonatrach. Les amendements à la loi sur les hydrocarbures de 198 ont été approuvée par l'assemblée nationale en décembre 1991. Ceci a rendu les opérations plus attractives en Algérie pour les multinationales. Il faut relever une large présence anglosaxone, qui peut s'accroître. Exxon négocie avec Sonatrach et d'autres entreprises pensent suivre.

Le Maghreb de l'énergie est donc en train de prendre forme. L'énergie joue un rôle-clé dans les rapports entre les quatre principaux pays d'Afrique du Nord et l'Union Européenne. En effet, environ les deux tiers, en valeur, des exportations du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie et de la Libye vers l'Union Européenne est constituée par le gaz, le pétroles et les condensats (light oil produced with the gas). L'importance du GME prend toute sa valeur si l'on considère que le Maghreb dispose, sur le plan économique, d'une triple rente vis-à-vis de l'Europe -géographique, commerciale et énergétique. Géographique par la proximité. Sur le plan commercial, l'Afrique du Nord représente un marché de 90m de consommateurs d'ici l'an 2000, un marché où la demande est élastique, mais l'offre encore rigide, bloquée par des politiques macroéconomiques peu attentives aux marchés intérieur.
Ce Maghreb de l'énergie ne peut, à lui tout seul, résoudre tous les problèmes qui existent, tant entre Maghrébins qu'entre Européens. N'oublions pas que le Portugal était très réticent à l'idée que ses approvisionnements en gaz puissent dépendent d'un pipeline traversant l'Espagne! C'est grâce à un projet maghrébin que l'Espagne et le Portugal coopèrent aujourd'hui sur un important projet d'infrastructure gazière. Parce qu'il met en valeur les riches possibilités de coopération qui existent dans un domaine essentiel pour tout développement économique, celui de l'énergie, le GME permet de rêver à ce que pourrait être, demain, la coopération économique entre pays du Maghreb dans d'autres secteurs économiques.
Francis ghiles,consultant

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