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Economie

Bernard Dussert , analyste financier à la Banque Mondiale : L'éco-efficience doit marquer l'agro-industrie

Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

Nouveau concept (éco-efficience), changement de langage, la Banque Mondiale redéfinit sa stratégie, face à un monde en mutation. Elle conseille à son "client" marocain plus de pragmatisme.


- L'Economiste: Comment à votre avis le Maroc peut-il gérer au mieux son risque climatique?
- M. Bernard Dussert
: Le Maroc est considéré comme un pays émergent mais secoué, d'une part par la globalisation des économies et, d'autre part, par la conjoncture puisque le pays est extrêmement sensible aux conditions climatiques. Le pays doit s'organiser pour mieux gérer le risque climatique. La gestion doit s'effectuer non pas par la crise (au moment de la sécheresse), mais par un système institutionnel, un fonds de garantie qui, en période normale, gère les excédents et les place sur le marché financier. Par ailleurs, il faut encourager le secteur des assurances à prendre jusqu'à une certaine limite une possibilité de couverture de ce risque.

- Les opérateurs des secteurs en cours de libéralisation sont inquiets. Quelle est votre vision?
- Les appréhensions, dans un marché qui s'ouvre, quel que soit le pays, sont légitimes. Cependant, les craintes de l'avenir doivent être pondérées par la vision de conquête de marchés. Le secteur privé marocain est extrêmement dynamique. Je crois en sa capacité d'innovation et de créativité. Pour une compétitivité maximum, il n'y a pas de secret. Le renforcement des méthodes de management, de marketing industriel, de maîtrise des coûts au niveau du stockage, du transport... s'impose. Dans les secteurs sensibles (céréales, sucre), il ne s'agit pas de libéraliser brutalement pour casser quelque chose qui peut être irréparable, mais mettre en place des transitions. Et je crois que le secteur privé, conscient de ces problèmes, a entamé une réflexion afin de mesurer les implications de la libéralisation en cours sur leur secteur. Cela implique également de la part de l'Etat d'être à l'écoute des organisations professionnelles du secteur privé. Le rôle de l'Etat n'est pas de s'immiscer dans la gestion des entreprises, mais d'enlever les distorsions dans les marchés pour faciliter la libéralisation, d'accompagner l'émancipation du secteur privé et de défendre ses intérêts au niveau des organismes internationaux, tels que l'OMC, l'UE,...

Plus de réalisme, moins de dogmatisme

- Le langage de la Banque Mondiale est devenu plus ferme ces derniers temps. Pourquoi?
- C'est un langage de réalisme, avec moins de dogmatisme, une concertation plus étroite avec les pays qui sont nos clients. En fonction de cette stratégie conjointe, nous nous concertons pour élaborer des opérations de prêts, de conseil, d'assistance technique. Dans le langage de notre nouveau président, M. James Wolfensohn, derrière les paroles, il y a des actions. Nous tirons ainsi des leçons de l'expérience. Il est possible que par le passé des erreurs aient été commises et que la Banque Mondiale ait encouragé des réformes économiques sans calculer suffisamment l'impact social sur les populations.

- C'est donc un constat d'échec?
- Pas nécessairement. Il faut se nourrir de ses échecs éventuels passés, en tirer des leçons et corriger pour l'avenir. Cela fait partie de la nouvelle politique poursuivie par M. Wolfensohn. C'est aussi dans ce sens-là peut-être que le langage se durcit pour dire: attention, les réalités sont dures, faisons face et essayons d'avancer ensemble afin de résoudre les problèmes auxquels vous êtes confrontés pour maintenir une certaine stabilité économique et sociale et promouvoir le développement et améliorer les conditions de vie.

- Que pense la Banque Mondiale de l'ouverture du débat, suite à ses recommandations?
- Il est clair qu'une mutation est en cours au Maroc. Le pays se prépare à l'internationalisation de ses relations économiques avec le monde extérieur. Pendant longtemps, la circulation de l'information s'effectuait difficilement. Et brusquement, à l'initiative de SM le Roi Hassan II au mois d'octobre dernier, une révolution au niveau de l'ouverture du débat a eu lieu. Cette ouverture pour plus de transparence démontre, à mon avis, une excellente vision du monde ainsi que la capacité d'innovation et de relève des défis du Maroc confronté à une conjoncture extrêmement difficile.

- Un nouveau concept a été développé, celui de l'éco-efficience. Pouvez-vous nous le définir?
- Le financement du développement durable en général, et des secteurs industriel et agro-alimentaire en particulier, doit se réaliser de manière rentable à la fois sur les plans économique et écologique: c'est le concept d'éco-efficience. Il s'agit du thème central développé par le Conseil Mondial des Milieux d'Affaires pour le Développement Durable dont le siège est à Genève. Des banquiers, des entrepreneurs, des experts-comptables, des assureurs ont décidé de coopérer étroitement avec les protecteurs de l'environnement pour des raisons de rentabilité financière. En général, les entreprises ne doivent pas travailler avec une vision à court terme du profit immédiat mais préparer activement leur avenir financier à long terme et celui de leurs enfants.

Propos recueillis par Meriem OUDGHIRI & Fatima MOSSADEQ

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