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    Société

    Abolition de la peine de mort, un débat stérile?

    Par L'Economiste | Edition N°:2694 Le 17/01/2008 | Partager

    . Le Collectif démocratie et modernité relance le débat. Pas d’exécutions capitales depuis l’affaire Tabit en 1993. 133 condamnés en 2007, contre 129 l’an dernier A bas la peine de mort! C’est autour de ce thème «brûlant» que le Collectif démocratie et modernité a tenu sa conférence-débat, le 15 janvier dernier, à la Faculté de médecine de Casablanca. Si la condamnation capitale existe encore au Maroc, il faut tout de même reconnaître que depuis 1993, aucune n’a été appliquée. L’abolition de la peine de mort, un vœu pieux? En tout cas, au regard des 133 condamnés qui attendent dans le couloir de la mort, contre 129 l’année précédente, il n’y a pas vraiment de doute. D’ailleurs, il existe, au Maroc, 600 cas de crimes passibles de la peine de mort. «C’est énorme, s’indigne Youssef Madad, militant associatif, membre de la Coalition mondiale contre la peine de mort. Selon lui, l’enjeu est aujourd’hui de faire réagir chaque citoyen à la question de l’abolition. «Déjà en 1981, un sondage avait révélé que 61% des personnes questionnées étaient contre la suppression de la peine capitale», indique Madad. Qu’en est-il depuis? «C’est l’opinion publique qui doit faire mûrir la question, l’abolition juridique étant un choix sociétal et nécessitant donc un large consensus de la société», affirme-t-il. En effet, la question n’a pas encore atteint toute la dimension qu’elle mérite. Le gouvernement, par le biais de son ministre de la Justice, Abdelwahed Radi, a exprimé une position favorable à l’abolition. Mais des résistances se manifestent encore au niveau religieux (www.leconomiste.com). Le Maroc a cependant ratifié la résolution émanant de l’ONU appelant à un moratoire universel sur la non-exécution des condamnés à mort. Selon les abolitionnistes, le débat doit à présent être repris par les instances politiques et parlementaires. Pour les réfractaires, il faut observer l’évolution des mœurs avant de prendre une décision irréversible. Quelles alternatives à la peine de mort? «Il s’agit de mettre en place des moyens de lutte contre la criminalité plutôt que de miser sur la répression jouée par la peine de mort», propose Madad. Ce dernier insiste sur le fait que la peine de mort n’est pas un moyen de dissuasion contre le crime. «Il n’y a qu’à voir le taux de criminalité en constante augmentation aux Etats-Unis», dit-il. Et il s’interroge: «La peine capitale est-elle plus cruelle que croupir pour le restant de ses jours en prison». «Si la peine de mort était réellement dissuasive, elle aurait éteint les mauvais comportements sociaux», confirme Driss Moussaoui, psychiatre et past-président du Collectif démocratie et modernité, pour qui le principe de réciprocité (œil pour œil, dent pour dent) est une aberration. «La société ne doit pas céder au sentiment de vengeance sinon elle deviendrait aussi inhumaine que celui qui a commis un crime», conclut-il.


    20.000 cas dans les couloirs de la mort

    En 1998, 63 pays ont aboli la peine de mort. En octobre 2007, 133 sur 197 pays l’ont abolie en droit ou en pratique. Le Maroc, comme la Tanzanie, la Zambie et le Laos n’ont plus procédé à la peine capitale depuis au moins 10 ans. Le Gabon a annoncé sa décision d’abolir la peine capitale. Le Mali est sur le point de présenter le projet de loi portant sur sa suppression. Mais les exécutions se poursuivent. 20.000 condamnés dans le monde attendent dans les couloirs de la mort. De nombreux pays tels que la Chine, refusent de divulguer les chiffres officiels classés «secret d’Etat». L’Iran est encore le seul pays connu qui exécute encore les délinquants juvéniles. Jihane KABBAJ

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