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    Economie

    Conseil d'association
    L'UE appuie les réformes du Maroc
    De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz BEN MARZOUQ

    Par L'Economiste | Edition N°:4422 Le 17/12/2014 | Partager
    Tenue du 12e round de discussion hier à Bruxelles
    Au menu notamment, les dossiers de l’immigration et de terrorisme
    Le chômage des jeunes, la compétitivité, deux défis majeurs

    A l'issue de leur Conseil d'association du 16 décembre à Bruxelles, le Maroc et l'UE ont affirmé leur volonté d'approfondir leurs relations bilatérales en mettant en œuvre pleinement leurs engagements respectifs dans le cadre de la mise en application du Plan d'action 2013-2017 qui doit mettre en pratique le Statut avancé signé en 2008. La partie européenne a réitéré son engagement de long terme aux côtés du Maroc et des réformes qu'il a choisies d'entreprendre, notamment dans la mise en œuvre de la Constitution de 2011. «Nous avons félicité le Maroc pour les progrès enregistrés dans le processus de réformes et nous l'encourageons à mettre en œuvre les réformes politiques et socio-économiques et à œuvrer à la consolidation des droits de l'homme», a indiqué, lors d'un point de presse, Federica Mogherini, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. De son côté, Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères, a affirmé que le Maroc a entrepris «de vastes et importantes réformes dans tous les domaines, des droits socio-économiques à la justice en passant par les droits de l'homme et les médias». Les ministres européens des Affaires étrangères ont salué les progrès importants qui ont été enregistrés tout au long de l'année 2014 au Maroc et en particulier la mise en œuvre de la nouvelle stratégie nationale d'immigration et d'asile qui, ont-ils dit, «poursuit des actions concrètes notamment en matière de régularisation, d'intégration des migrants réguliers et de reconnaissance du statut de réfugié». Ils ont réitéré leur volonté de soutenir cette politique «de façon très substantielle» dans la mesure où – sous entendu – ils espèrent que le Maroc – qui est le premier pays d'Afrique du Nord à mettre en place une véritable politique d'immigration – pourrait servir d'exemple à d'autres pays de la région. En effet, le Maroc, pays de transit des migrants jusqu'ici (puisque l'objectif final des migrants est de passer en Europe), s'est vu, par la force des choses mais aussi par les pressions sonnantes et trébuchantes européennes, métamorphosé en pays d'accueil. Pour ce qui est de la mise en œuvre des dispositions de la nouvelle Constitution de 2011, l'UE a fait observer qu'à la date du 16 décembre 2014, seules 8 lois organiques sur les 19 prévues ont été adoptées. Rappelant que les lois organiques doivent être soumises à la Chambre des représentants pendant la législature en cours, l'UE a encouragé son partenaire marocain à accélérer le rythme d'adoption de l'ensemble des lois organiques prévues. Pour ce qui est de la révision du code de la presse, l'UE a souligné que «pour les journalistes, les autorités marocaines ne devraient pas avoir recours au code pénal pour des peines privatives de liberté». En ce qui concerne les projets de loi sur le droit d'accès à l'information et la lutte contre la corruption, la partie européenne a émis l'espoir que «les textes finaux seront à la hauteur de l'ambition reflétée dans les premières moutures».

    Coopération économique et financière

    La partie européenne s'est aussi félicitée du dynamisme de la coopération technique et financière Maroc/UE, lequel a permis une série d'avancées (appui à la réforme de la justice au Maroc, soutien aux secteurs de la santé, alphabétisation, gestion des finances publiques, entre autres). Sur le plan économique, la partie européenne a salué les bonnes performances de ces dernières années en partie attribuées «à une gestion prudente des finances publiques et à la mise en œuvre du programme gouvernemental de réformes structurelles». Cependant elle a noté aussi deux défis majeurs que le Maroc devrait combattre pour mieux attirer les investissements étrangers: le chômage (notamment des jeunes) et le renforcement de la compétitivité. Si elle a salué les avancées enregistrées dans les négociations d'un Aleca (Accord de libre-échange complet et approfondi), la partie européenne a invité toutefois le partenaire marocain à se hâter doucement pour la tenue d'une 5e session de négociation (la dernière ayant eu lieu en avril 2014).

    Coopération en matière de lutte contre le terrorisme

    On sait que notre pays a décidé de faire une pause dans ces négociations en attendant l'achèvement d'une étude d'impact qui devrait couvrir les différents domaines concernés par cet accord et permettre aux négociateurs marocains d’avoir une meilleure visibilité sur les enjeux de cet accord de libre-échange. Mezouar a confié à L'Economiste que ces négociations devraient reprendre une fois que l'étude sera achevée.
    Considérant que l'Afrique du Nord représente une zone prioritaire dans la lutte contre le terrorisme, l'UE a salué «les efforts du Maroc en matière de prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent». Elle considère qu'une coopération dans ce domaine peut être développée avec notre pays en particulier sur la question des combattants étrangers en provenance d'Afrique du Nord et d'Europe et qui vont donner un coup de main aux jihadistes de l’État islamique autoproclamé. L'UE a félicité le Maroc pour le rôle que celui-ci joue «comme participant actif au Forum mondial de lutte contre le terrorisme et comme co-président – avec les Pays-Bas – du groupe de travail sur les combattants étrangers au Moyen-Orient». Pour  sa part Mezouar a déclaré à L’Economiste que «le Maroc en tant qu'acteur de l'espace sahélo-saharien se met du côté de l'UE et des pays de la région pour lesquels il est disposé à apporter son expérience et son expertise de lutte contre le terrorisme afin d'œuvrer à la stabilité de la région».

    Cadre unique d’appui

    En novembre 2014, l'UE et le Maroc ont signé le "Cadre unique d'appui" 2014-2017 qui définit les axes de la coopération bilatérale Maroc/UE. Elaboré en étroite collaboration avec le gouvernement marocain et en consultation avec la société civile, ce document de programmation prévoit pour le Maroc une dotation indicative allant de 728 millions d'euros à 890 millions d'euros pendant la période 2014-2017. Ces fonds seront affectés essentiellement à l'accès aux services sociaux, à la gouvernance démocratique, à l'État de droit et à la mobilité, à l'emploi et à la croissance, ainsi qu'à un appui complémentaire au renforcement des capacités des institutions marocaines.

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