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    Justice

    Affaire Zaz
    Duel entre le juge et un jeune prévenu

    Par L'Economiste | Edition N°:4421 Le 16/12/2014 | Partager
    Un projet de fibre optique au cœur de l'audience
    Virements et commissions intriguent la présidence

    En 2013, les brouillages du réseau GSM concentrent près de 80% des plaintes

    Né le 16 juillet 1987 à Casablanca, brève formation en informatique, représentant légal de AH-COM et résidant à Hay Mohammadi. Ces données succinctes condensent le profil d’Ahmed Aboubadr. Mis en cause dans l’affaire Zaz, il a été appelé à la barre vendredi 12 décembre. Le jeune homme est poursuivi pour infractions au droit des télécoms (détournement de trafic), au code pénal (faux et usage de faux…) et à la législation des changes. A part les trois opérateurs télécoms, l’Administration des douanes et des impôts indirecte est partie civile dans ce procès où comparaît également l’ex-DG de Wana, Karim Zaz.
    Le nom d’Ahmed Aboubadr est cité à plusieurs reprises par les prévenus l’ayant précédé aux auditions tenues au tribunal correctionnel de Casablanca. L’un d’eux, Noureddine Zaïm Sassi, fondateur d'une société de transport et ex-conseiller communal: «J’ai effectué plusieurs retraits bancaires et remis à chaque fois l’argent à Ahmed Aboubadr», précise-t-il à la présidence. Contact Clients, fondée par Zaz, et Multicall lui ont viré au total 5,47 millions de DH. Zaïm Sassi soutient «n’avoir jamais touché de commission». Agé de 54 ans, l’homme est décrit comme «un véritable père» par son successeur à la barre. Aboubadr reconnaît par ailleurs servir d’intermédiaire à Contact Clients auprès de responsables africains et avoir voyagé au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et Congo Brazzaville. «Le but étant de décrocher des marchés de fibre optique. J’ai livré mon passeport à la police pour s’assurer de la véracité de mes déplacements».  Mission de VRP dont se prévalera également Youssef Hanan. L’investissement estimé à 250 millions d’euros est «tombé finalement à l’eau». Pourquoi? Aucune explication n’a été donnée. 
    Le président  de l’audience, Mustapha Belhmidi, est pantois: «Vous rencontrez Karim Zaz avec une facilité déconcertante…». «C’est un ami rencontré en tant que patron de Contact Clients», rétorque le jeune dirigeant de AH-COM. Questionné sur les virements, Aboubadr soutient que «sa banque et l’Office des changes étaient au courant».
    «Vous ne vous êtes jamais interrogé sur l’origine des fonds virés?» enchaîne le président.
    «Si vous donnez de l’argent au 40 millions de Marocains dont je fais partie, personne ne vous demandera son origine», lâche le prévenu. S’estimant «touché dans son honneur», l’un des avocats de Maroc Telecom proteste et entre en confrontation avec le défenseur du mis en cause. L’audience est levée à 19 heures 35 mn. Retour aux questions-réponses.
    Ahmed Aboubadr ne nie pas acheter et revendre des cartes de recharge, installer à distance des logiciels de bureau, avoir une connexion internet haut débit et une antenne BLR fournies par Wana… «Des activités normales en somme», déclare-t-il. Les virements reçus entre mi-2010 et 2013 intriguent. Même cas pour le SMS où il est rapporté «l’envoi d’argent pour bien choyer le monsieur…». S’agit-il de frais de mission ou de corruption? La question n’a pas été posée aussi crûment. Le droit a pourtant horreur du flou.
    F. F.

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