×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Régions

    Ancienne médina de Casablanca
    Les rescapés appréhendent d’autres drames

    Par L'Economiste | Edition N°:4421 Le 16/12/2014 | Partager
    Deux morts et 5 blessés dans l’effondrement de trois maisons
    Des SDF squattent encore une zone à hauts risques
    Prioritaires, plus de 9.250 ménages doivent être relogés

    Chaque hiver, c’est le même scénario qui se reproduit. Gorgées de pluies et d’humidité,

    Les jeunes du quartier ont activement participé aux opérations de sauvetage, avant et après l’arrivée de la protection civile

    les constructions anarchiques de l’ancienne médina, vieilles de plusieurs décennies, s’effondrent comme des châteaux de cartes, entraînant dans leur sillage les maisons avoisinantes.
    «Nous nous sommes familiarisés avec les effondrements de l’hiver». Les écroulements de maisons font désormais partie du quotidien des habitants de l’ancienne médina à Casablanca. Ce lundi 15 décembre, les autorités étaient présentes en renfort au quartier «Arsat Ben Sellama» au niveau de l'Avenue Royale à Casablanca (en face de la foire). Ce site ressemble d’ailleurs aux vestiges d’un champ de bataille avec des débris de maisons effondrées qui jonchent le terrain mitoyen. «J’ai passé la nuit dernière avec mon époux et mes deux enfants sur le même lit en priant pour que le toit ne nous tombe pas sur la tête», témoigne une habitante sur place.
    Dimanche 14 décembre, vers 19h30, trois maisons (dont l’une déjà évacuée) se sont écroulées, faisant deux morts (une dame âgée de 70 ans et un jeune de 38 ans) et 5 blessés, évacués vers l'hôpital Moulay Youssef pour recevoir les soins nécessaires. Parmi les victimes, des SDF qui squattaient la maison évacuée.

    L’un des rescapés, un homme âgé, a été évacué vers les urgences de l’hôpital Moulay Youssef, le plus proche du site de l’effondrement

    Plus de 150 agents de la protection civile ont été mobilisés pour assurer les secours en plus de brigades canines et de services médicaux.
    Sur place, tout le monde était sur le qui-vive et la tension à son comble. D’ailleurs, un agent de police, tancé par sa hiérarchie, s’est «effondré» à son tour. Une ambulance l’a immédiatement transporté aux urgences.
    Selon les autorités locales, «les maisons effondrées abritaient 14 familles, dont 12 déjà relogées. Les deux familles restantes ont refusé de quitter les lieux malgré les multiples avertissements des autorités». Un discours officiel que réfutent les habitants attroupés sur place : «C’est insensé! Nous ne sommes pas fous au point de préférer vivre en danger permanent avec nos enfants. Nos dossiers de relogement traînent depuis des années. On nous demande de verser des sommes qui dépassent de loin nos revenus». Certains affirment même payer des traites, sans pour autant bénéficier de logement. D’autres déplorent le fait que ce ne sont que les ménages recensés avant 1989 par la Sonadac (Société nationale d’aménagement communal), qui bénéficient des meilleurs tarifs d’achat d’appartements (70.000 DH par ménage), alors que les autres doivent payer plein pot : 200.000 DH. «C’est pratiquement le même tarif pratiqué pour le logement social, mais avec la possibilité d’opter pour l’appartement de son choix», poursuit un autre habitant.
    D’aucuns évoquent aussi la mauvaise qualité des appartements livrés. «Avec les premières pluies, les familles qui habitent au 4e étage des immeubles d’Errahma ont déjà eu des problèmes de fuites d’eau», dénonce un riverain.
    Pour le recasement, chaque famille bénéficie d’un appartement d’une valeur de 250.000 DH hors TVA. La Sonadac, filiale de la CDG, ou les promoteurs prennent en charge 10.000 DH d’aides.

    Les intempéries n’ont pas facilité les interventions des équipes de sauvetage

    Pour sa part, le Fonds solidarité habitat et intégration urbaine (FSHIU) contribue à hauteur de 40.000 DH. La Sonadac accorde une indemnité de libération de 130.000 DH à chaque famille recensée dans l’enquête de 1989. Ce montant peut être partagé entre les ménages. La contribution des ménages dans l’opération d’acquisition est estimée à 70.000 DH pour le premier logement et à 200.000 DH pour tout logement supplémentaire. Les ménages non recensés dans le cadre de l’enquête socio-économique de 1989 contribuent à hauteur de 200.000 DH.
    Sur les 6.801 ménages recensés au niveau de la préfecture d’arrondissement de Casa-Anfa, près de 4.000 résident dans la zone d’intervention de Sonadac.
    Plus de 4.000 autres ménages sont pris en charge par la société Idmaj Sakane.
    Au total, près de 9.250 ménages doivent être relogés en priorité, vu l’état de délabrement avancé de leurs habitations, selon les chiffres officiels.
    Rappelons qu’une opération de destruction de 35 maisons menaçant ruine a eu lieu jeudi 4 décembre. Au total, plus de 5.000 m2 de foncier ont été dégagés sur le tracé de l’Avenue Royale.

    37% relogés

    Sur un total de 6.800 familles habitant des logements menaçant ruine, recensées à la préfecture des arrondissements de Casa-Anfa et ayant fait l’objet des notifications des arrêtés d’évacuation et de démolition, plus de 2.550 familles ont reçu des offres de relogement (dont plus de 1.600 relogées définitivement). Ce qui représente un taux de 37%, correspondant à plus de 10.300 personnes (41% des habitants concernés).

    Aziza EL AFFAS

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc