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    Politique Internationale

    Elisabeth Guigou: «L’Europe doit sortir de son nombrilisme»

    Par L'Economiste | Edition N°:4177 Le 23/12/2013 | Partager
    Invitée par HEM, elle explique pourquoi l’UE ne décolle pas sur le plan diplomatique
    Gaz de schiste : Les USA préparent la relève post-autonomie énergétique
    Nouvelles règles du jeu dans un monde devenu «zéro-polaire»

    Elisabeth Guigou estime qu’il est nécessaire pour l’Europe de se tourner vers ses voisins pour réaliser ses ambitions diplomatiques. Et «il faut toujours croire en l’Europe» même si elle avoue que l’opération d’adhésion de l’Ukraine «n’est pas un succès»

    ELISABETH Guigou a fait faire à son audience r’batie, vendredi 20 décembre dernier, un rapide tour d’horizon des Affaires étrangères dans le monde, l’Europe, mais surtout en France. Invitée par l’école des Hautes études de management (HEM), la responsable de la Commission dédiée au sein de l’Assemblée nationale a tenu son rôle, éludant méticuleusement la question sur l’intérêt économique et politique des interventions françaises en Afrique. Par contre, une phrase glissée habilement dans le discours de l’ex-ministre des sceaux souligne l’origine d’un changement d’orientation au sein de la diplomatie française, qui touchera sûrement l’Union européenne. «Les Etats-Unis qui deviennent presque autosuffisants (ndlr : en matière d’énergie) grâce au gaz de schiste, et nous demandent de prendre nos responsabilités…». Une preuve ultime des intérêts qui se cachent sous les capes des «Etats héros» qui s’érigent en «sauveurs des nations».
    Pour l’instant, Elisabeth Guigou rappelle que l’Europe, première puissance économique, commerciale et première mondiale dans l’aide au développement, reste pourtant un «nain politique». Malgré un «modèle politique et économique que le monde lui envie», l’Union n’arrive pas à décoller sur le plan diplomatique. Guigou estime que l’Europe est bien outillée pour prendre les rênes mondiaux. Mais il faudrait d’abord pour cela qu’elle «sorte de son nombrilisme». Mais l’idée fait son chemin, avec le lead de la France.
    L’ex-ministre de la Justice estime que le premier rôle qui incombe à l’Europe en tant que «puissance économique avec une responsabilité mondiale», c’est de «sécuriser et stabiliser son voisinage», d’où l’implication (qui oscille, parfois musclée et parfois balbutiante) au Mali, en Centrafrique, en Syrie et au Proche-Orient. Elle concède que le niveau de résultat n’est pas le même en fonction des situations. Ainsi, l’opération Serval, lancée en quelques heures, a eu pour conséquence une chute importante de l’intensité de la menace terroriste, même si elle n’a pas encore totalement disparu, surtout dans le nord du pays. En Centrafrique, c’est une autre paire de manches. «C’est plus dur, on se résigne à sauver des vies au lieu de compter des morts». Aujourd’hui, «la situation est apaisée mais fragile».
    Pourtant, que ce soit pour l’Europe ou les Etats-Unis, il va falloir apprendre à naviguer avec de nouvelles règles du jeu. La première est la «relativité du pouvoir» dans un monde devenu «zéro-polaire», où la répétition des «épisodes très critiquables» du passé, comme la colonisation, n’aurait pas les mêmes conséquences.
    L’Occident doit aussi apprendre à composer avec la percée économique et politique de pays dits en développement, même si ceux-ci n’ont pas encore pris le relais stratégique. Le rôle montant des éléments non étatiques est à prendre aussi très au sérieux, que ce soit des ONG, des entreprises, des universités, ou encore de la société civile portée par la «révolution numérique». Le cas de la Tunisie, où un syndicat (UGTT) parraine le dialogue national, est symbolique.
    Par ailleurs, l’usage de la force n’est plus une prérogative inaliénable des puissances occidentales, la guerre d’Irak ayant engendré une méfiance exponentielle envers les opérations armées. «C’est monté crescendo, d’abord avec l’Afghanistan, ensuite la Libye et enfin la Syrie».
    A noter que cette méfiance nouvelle est aussi liée à une «crise de légitimité de l’ONU et une crise d’efficacité de l’OTAN».

    La France et le Maroc

    LORS de son intervention, Elisabeth Guigou a rappelé que «la France soutient toujours les initiatives du Royaume sur la question du Sahara», balayant d’une main le cafouillage -vite rattrapé- de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre français, qui avait affiché un penchant pour le Polisario. «Nous tenons ce langage même en Algérie, d’où je reviens à peine», a-t-elle déclaré, ajoutant son désir de voir «le plan d’autonomie faire rapidement son chemin devant le Parlement».
    Guigou a aussi souligné l’implication marocaine au Mali, mais aussi en Centrafrique, avec l’envoi de troupes assurant la sécurité des onusiens sur place.

    Rime AIT EL HAJ

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