Politique Internationale

Le Soudan du Sud s’embrase

Par | Edition N°:4177 Le 23/12/2013 | Partager
Les combats entre le président et les rebelles ont fait plus de 500 morts
La rébellion menace les champs pétroliers

LA lutte pour le pouvoir dans le jeune Etat du Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, est de plus en plus meurtrière.
Plus de 500 personnes sont mortes depuis l’éclatement des combats entre le gouvernement conduit par le président Salva Kiir, et les rebelles sympathisants de l’ancien vice-président Riek Machar. Et près de 40.000 personnes ont trouvé refuge dans les camps de l’ONU dans différentes régions du pays. Pire, l’extension des combats risque d’embraser toute la région. Surtout que les rebelles ont menacé les champs pétroliers, qui constitue la principale source de revenu de ce pays. Déjà, des sociétés pétrolières ont commencé à évacuer leur personnel. Les employés étrangers de ces compagnies s’entassaient le week-end dernier à l’aéroport de Juba en vue de quitter le Soudan du Sud. Des pays comme l’Angleterre, mais également le Kenya et l’Ouganda ont également procédé à l’évacuation de leurs citoyens.
La menace qui plane sur les champs pétroliers risque également d’attiser l’attention avec le Soudan, très dépendant des recettes de l’or noir. Pour 2014, le Soudan table sur des taxes estimées à 1,5 milliard de dollars, en contrepartie de l’utilisation de ses oléoducs par le Soudan du sud, pour exporter son pétrole. Néanmoins, les autorités sud-soudanaises ont minimisé l’ampleur des risques, estimant que «les flux de pétrole ne sont pas affectés par les combats». Le commandant en chef de l’armée de ce jeune Etat africain a, de son côté, souligné qu’une «guerre civile n’est pas proche. Nous l’éviterons à tout prix». Or, la poursuite des combats sur le terrain ne semble pas se diriger vers le dénouement de la crise. D’ailleurs, quatre soldats américains ont été blessés, samedi dernier, au moment où ils tentaient d’évacuer des populations. Ce qui a poussé Barack Obama à mettre en garde la rébellion sud-soudanaise que le soutien des Etats-Unis cesserait en cas de tentative de prise du pouvoir par la force. Le secrétaire général de l’ONU a également appelé à «la fin immédiate des hostilités et des violences contre les civils». Surtout que trois Casques bleus indiens ont été tués dans l’attaque d’une base de l’ONU, jeudi dernier. Et la médiation de certains Etats africains ne semble pas avoir abouti à une solution pour mettre fin aux combats. Car, si Salva Kiir a manifesté son ouverture au dialogue, il insiste néanmoins sur le fait qu’il est «légitimement élu jusqu’en 2015, et qu’il n’y a aucune raison qu’il se plie aux conditions des rebelles».

Bons offices

LA richesse pétrolière au Soudan du sud est un enjeu susceptible d’exacerber la lutte pour le pouvoir dans ce jeune Etat, indépendant depuis seulement quelques années. Les risques sont d’autant plus importants vu le contexte tendu dans toute la région, qui regroupe tous les ingrédients d’un cocktail explosif. Surtout qu’il s’agit d’un pays entouré d’Etats fragiles comme la Centrafrique, l’Erythrée… La communauté internationale semble être consciente de ces enjeux. Deux envoyés des Etats-Unis et du Nigeria étaient attendus hier à Juba. L’idée est d’éviter une extension des combats dans ce pays. Un groupe de ministres africains des Affaires étrangères avait déjà entrepris une médiation, samedi dernier. Le président Salva Kiir a promis, à l’issue de ces bons offices, de mener un dialogue sans conditions avec son rival.

M. A. M.

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