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    Economie

    Médicaments
    Le décret sur les prix adopté

    Par L'Economiste | Edition N°:4172 Le 16/12/2013 | Partager
    Feu vert du Conseil de gouvernement après plusieurs semaines de controverse
    Le décret n’est pas rétroactif

    Louardi est finalement arrivé à faire passer sa réforme du prix du médicament. En principe, le décret devrait se traduire par de nouvelles baisses

    Louardi remporte une importante bataille. Le décret sur la fixation du prix des médicaments, annoncé en exclusivité sur les colonnes de L’Economiste n°4117 du 20 septembre 2013, est finalement adopté. Il était devant le Conseil du gouvernement vendredi 13 décembre.
    Ce décret, aussi contesté soit-il par les industriels, dote enfin le Maroc d’une politique pharmaceutique. Le texte touchant à la réglementation des prix des médicaments date de 1969. Il est tellement désuet qu’à l’époque de sa mise en application la TVA n’avait pas encore été introduite au Maroc (elle n’a été promulguée que 16 ans plus tard, en 1985). Pourtant, cette taxe s’applique bel et bien sur les médicaments.
    D’autre part, l’objectif de Louardi est louable : il s’agit simplement de baisser le prix des médicaments, qui atteignent des records au Maroc. Que ce soit l’Organisation mondiale de la santé, les parlementaires ou encore le Conseil de la concurrence, le constat est unanime «les prix des médicaments sont anormalement élevés quels que soient le critère de comparaison choisi et la catégorie de médicament» (voir L’Economiste n° 4154 du 20 novembre 2013). Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Santé, les prix de 400 médicaments ont été baissés, et 320 autres l’année suivante, en 2012. Aujourd’hui, tous les produits seront revus à la baisse (voire infographie).
    Alors pourquoi les industriels font front commun contre ce décret? La réponse réside dans les détails. De fait, le texte prévoit de relever la marge brute des pharmaciens à 34% sur les produits dont le prix fabricant est inférieur à 166,54 dirhams hors taxes. En l’occurrence, il s’agit d’environ  90% des médicaments en vente dans les officines. Cette marge sera aussi relevée à 30% pour les produits dont le prix est compris entre 166,54 et 588,73 dirhams (prix fabricant hors taxes). Au-delà, la marge des officines sera forfaitaire. Elle sera plafonnée à 300 ou 400 dirhams, selon que le prix fabricant est inférieur ou supérieur à 1.766,36 dirhams. Les grossistes, eux, ne seront pas concernés par ces changements. Le ministère de la Santé s’est basé sur la «moyenne de prix fabricant hors taxe» dans six pays benchmarkés, à savoir la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, l’Arabie saoudite et la Turquie.
    Ce n’est donc pas la baisse des prix qui pose problème pour les industriels, mais plutôt la révision à la hausse de la marge des officines. Ils estiment qu’«une baisse du prix du produit final associée à une hausse de la marge du détaillant (pharmacie) se répercutera de fait sur la marge du fabricant», au lieu que le coût n’en soit mutuellement supporté. Une décision qui fait d’autant plus jaser dans le milieu que le prix de certains médicaments n’a pas augmenté, malgré la hausse des prix des composants. D’ailleurs, une épée de Damoclès semble peser sur la tête des médicaments dont la fabrication coûte 5 à 10 dirhams, et qui ne risquent plus d’être rentables pour les fabricants malgré «l’engouement» des consommateurs.

    Ministère, officines et fabricants: Une infernale partie à trois 

    Certains s’interrogent sur le timing choisi pour faire de «cadeau» aux officines. «Ne fallait-il pas surseoir à la dissolution des conseils régionaux des pharmaciens d’officine ?». De son côté, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens pointe du doigt «un jeu malsain et machiavélique de la part de certains industriels» et s’insurge contre «l’acharnement dont les officinaux sont victimes». Entre-temps, le décret a été adopté, mais le feuilleton ne semble pas prêt de s’arrêter. Affaire à suivre.

    Rime AIT EL HAJ

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