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Entreprises

Cliniques privées
«Oui à la libéralisation du capital, mais à condition…»

Par L'Economiste | Edition N°:4054 Le 17/06/2013 | Partager
Du flou concernant le travail des médecins publics dans le secteur privé
La loi 10-94 mérite d’être révisée mais en concertation avec l’ensemble des acteurs
Les cliniques prêtes à adhérer au Ramed au même tarif que les hôpitaux publics

Pour Ahmed El Filali, président du Syndicat national des cliniques privées du Maroc, le ministère de tutelle doit absolument trancher car «cette situation ambiguë n’arrange les affaires de personne»

La crise entre les cliniques privées et le ministère de tutelle n’a pas encore trouvé d’issue. Le travail des médecins du secteur public dans les cliniques privées en est l’une des principales causes, mais c’est la réforme de la loi 10-94 qui les inquiète le plus. Ahmed El Filali, président du Syndicat national des cliniques privées du Maroc, dresse un état des lieux de la situation actuelle.

- L’Economiste: Après les rebondissements des dernières semaines, quelle est la situation actuelle entre les cliniques privées et le ministère de la Santé?
- Ahmed El Filali: Il faut reconnaître qu’avec les décisions contradictoires du ministre de la Santé, on crée de l’amalgame et de la confusion. Dans un premier temps, le ministère a annoncé l’interdiction de l’exercice des médecins fonctionnaires dans le privé. Il est allé jusqu’à considérer cette interdiction comme étant une décision politique. Quelques semaines plus tard, il crée la surprise en se rétractant, d’abord face aux médecins enseignants et ensuite face aux médecins des hôpitaux publics. Aujourd’hui, nous ne savons plus sur quel pied danser. Nous voulons tout simplement savoir si le ministre a l’intention d’appliquer la loi ou non, car cette situation ambiguë n’arrange les affaires de personne et encore moins celles des cliniques privées, qui, par ailleurs, connaissent des moments difficiles et attendent une réponse claire et définitive.

- Quelle est votre position par rapport à cette loi?
- Il va de soi que nous ne pouvons qu’aller dans le sens de l’application de la loi. Or cette loi nous paraît aujourd’hui caduque et doit être révisée, car c’est un modèle qui ne fonctionne pas. La situation actuelle du système de santé marocain le prouve. Aux différents intervenants d’accepter de sortir chacun de sa chapelle et de comprendre les objectifs, les intérêts et les contraintes des autres pour se mettre autour d’une table pour réfléchir et travailler afin de bâtir ensemble un autre modèle durable, souple et fonctionnel, une sorte de modèle gagnant-gagnant.

- Dans l’absolu, le travail des médecins publics dans les cliniques vous dérangerait-il?
- Je pense que l’on doit éviter des approches uniformes. Il faut se poser la question autrement et se demander pourquoi les médecins fonctionnaires viennent travailler dans certaines cliniques privées? Que font les responsables pour enrayer la fuite des médecins et des malades vers le secteur médical privé? Je vous dis cela tout en vous confirmant que toute clinique est intéressée par avoir des résultats financiers performants pour faire face à une situation de plus en plus difficile. Donc pour être clair, le travail des médecins fonctionnaires nous dérange quand il est la source, comme c’est souvent le cas, d’une concurrence déloyale.

- Quel est votre avis sur la loi 10-94 et la libéralisation du capital des cliniques?
- Cette libéralisation a déjà été entamée et de façon illégale avec les 13 cliniques de la CNSS. Ce sont des établissements que nous considérons «bâtards», car leur capital appartient à un organisme gestionnaire de la santé qui devient prestataire d’actes médicaux, cumul interdit par la loi. En plus, le capital n’est pas détenu par un médecin ou un groupe de médecins d’une part, d’autre part ces cliniques ne sont pas autorisées par le Secrétariat général du gouvernement. Concernant la libéralisation du capital, pour avoir de grandes structures, ce serait bien pour le pays et cela pourrait apporter un plus. A condition que cette démarche fasse l’objet d’une large concertation entre le ministère de la Santé et tous les partenaires sociaux afin de préserver les intérêts du citoyen marocain, ainsi que ceux des professionnels de la santé du secteur libéral marocain (médecins et cliniques privées). Par ailleurs, un certain nombre de questions doivent trouver dans cette loi des réponses précises: Y aura-t-il recrutement de médecins d’autres pays? Dans quel cadre? Etc. Si les règles du jeu sont bien définies, la libéralisation pourrait être une réussite. Enfin, la tenue d’un colloque national sur le système de santé au Maroc nous semble indispensable pour répondre à ces questions et pour préparer les bases d’un système de santé solide et efficace. 
- Quelle évaluation faire du dispositif RAMED et de l’AMO, les grandes nouveautés de ces dernières années?
- L’AMO a été mise en place en l’absence totale de concertation avec le secteur libéral, cliniques et médecins du secteur privé, alors que c’est lui qui est le plus concerné. En effet, l’AMO s’exerce aujourd’hui à 85% au niveau du secteur libéral, nous y avons adhéré car nous considérons que c’est une cause nationale. Il y va de même pour le RAMED, pour lequel nous sommes prêts à adhérer aux mêmes conditions que l’hôpital public pour soulager ce dernier et donner une liberté de choix au patient.

 

Propos recueillis par Ali ABJIOU

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