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    Politique

    Chabat, l’ouvrier devenu «Zaïm» de l’Istiqlal

    Par L'Economiste | Edition N°:3874 Le 25/09/2012 | Partager
    L’enfant des Braness a osé défié «Al Fassi»
    Du syndicalisme à la politique, le grand saut

    C’est à la Société des industries mécaniques et électriques de Fès (Simef) que Hamid Chabat a fait ses classes en matière de lutte syndicale

    Est-il allé jusqu’au bout de ses ambitions en devenant le premier Secrétaire général élu du Parti de l’Istiqlal? Certainement pas. Car, chez Hamid Chabat une ambition en cache une autre. Et pourquoi pas le poste de Chef du gouvernement ! Le syndicaliste, également Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et président du Conseil de la ville de Fès, n’a, d’ailleurs, jamais caché qu’il nourrissait l’ambition de présider aux destinées de l’Istiqlal. Il l’avait affirmé à L’Economiste peu après son élection, en février 2009 (cf.www.leconomiste.com), à la tête de la centrale syndicale. En effet, à la question s’il envisageait un jour de briguer aussi le poste de Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, il avait répondu sans hésitation aucune: «Pourquoi pas, tout est possible». Mais, pour y arriver Chabat a du franchir de nombreuses étapes et surtout surmonter des difficultés qu’il n’avait jamais envisagé quand il a décidé un jour de s’engager dans le militantisme syndical.  
    Il avait, en effet, commencé sa carrière en tant que délégué du personnel dans une usine à Fès. L’enfant de la tribu des Braness dans la région de Taza a décidé en 1970, alors qu’il était à peine âgé de 17 ans (il est né le 17 août 1953), de «descendre» sur Fès pour y suivre une formation à l'Institut de technologie appliquée. Dès qu’il en obtient le diplôme, il intègre la Société des industries mécaniques et électriques de Fès (SIMEF). Six années plus tard, en 1975, il remporte sa première bataille contre le patronat et s'impose comme secrétaire local de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM).
    Il devient en 1981membre du Bureau exécutif de la Jeunesse istiqlalienne. C’est le début d’un parcours qui ira crescendo. Mais non sans heurts. La ville de Fès va, en effet, connaître une série de mouvements sociaux qui ont été violemment réprimés. Et c’est la grève générale du 14 décembre 1990 qui allait faire entrer Hamid Chabat dans les annales de la lutte syndicale pure et dure. Le syndicat qu’il représente est sur tous les fronts. Chabat, lui, est de tous les combats. Recherché par les services de police, traqué et emprisonné à maintes reprises, il gagnait en puissance et en maturité syndicale. Il est ainsi devenu le leader syndical de toute une ville, toute une région où l’activité industrielle commençait à s’essouffler.
    Avec le temps, les ambitions de l’ouvrier Chabat deviennent plus importantes. Il décide de s’attaquer à une des tours de la citadelle Fès. Hamid Chabat est ainsi élu en 1992 vice-président de la commune urbaine de Zouagha, puis président de la même commune quatre années plus tard (en 1996). L’ouvrier des Braness peut donc dire qu’il a commencé à jouer dans la cour des grands de Fès. Désormais, le syndicaliste endosse également la casquette de l’homme politique. Un virage assez serré qu’il a su négocier habilement et en toute légitimité. Et surtout qui lui a ouvert des perspectives qu’il était, peut-être, loin de s’imaginer. C’est ainsi qu’il met dans sa ligne de mire tout Fès. Il en devient maire dès 2003. Son bilan très positif lui permettra de rempiler pour un deuxième mandat à la tête de l’une des plus importantes villes du Royaume. Mais, en 2009, Hamid Chabat a gagné une autre bataille: il a réussit à évincer tous ses adversaires pour prendre la direction de l’Union générale des travailleurs du Maroc (Ugtm). La même année, il a été élu membre du Comité exécutif du PI lors de son 15ème congrès tenu en janvier 2009.
    Enfin, il faut noter que Hamid Chabat est devenu membre de la Chambre des représentants dès 1997. Il ne trouvera aucune difficulté à se faire réélire en 2002, en 2007 et lors du scrutin législatif anticipé du 25 novembre 2011.
    «Avez-vous jamais vu Chabat s’engager sur un terrain s’il ne l’a pas balisé bien avant?», affirmait-il, il y a quelques semaines, à L’Economiste. Aujourd’hui, force est de constater que le nouveau secrétaire général de l’Istiqlal était sûr de son affaire. La boucle serait-elle donc pour autant bouclée pour Chabat? Sûrement pas, il se trouvera, à n’en point douter, un autre défi à relever, un autre combat à gagner. A commencer par les prochaines élections professionnelles, régionales et communales.
    Jamal Eddine HERRADI

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