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    Politique

    Istiqlal: Les chantiers du nouveau patron

    Par L'Economiste | Edition N°:3874 Le 25/09/2012 | Partager
    Restructuration en profondeur du parti
    Objectif : arriver en tête lors des prochaines élections
    Chabat, le seul qui peut tenir tête à Benkirane

    Pour beaucoup d’Istiqlaliens, Hamid Chabat est le seul homme politique à pouvoir croiser le fer avec Abdelilah Benkirane si jamais la coalition gouvernementale venait  à prendre l’eau. Sur la photo, Abdelouahed El Fassi, Abbas El Fassi et Chabat, lors de la victoire de ce dernier aux  élections du 23 septembre

    UNE page est tournée, une nouvelle commence avec Hamid Chabat, élu dimanche dernier à la tête de l’Istiqlal, avec une différence de 20 voix. Même si le nouvel homme fort du parti a tenté de rassurer ses adversaires en affirmant qu’il serait «le secrétaire général de tous les Istiqlaliens», rien n’y fait. Alors que les partisans du maire de Fès fêtaient leur  victoire, Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances, publiait un communiqué de presse pour annoncer le retrait de sa candidature de l’élection du comité exécutif qui allait suivre.
    Cette décision, inattendue, a été diversement commentée par les Istiqlaliens. Les uns ont considéré que le geste manquait de fair-play, d’autres ont pensé que cela est révélateur du peu d’intérêt à la démocratie. D’autres partisans de Abdelouahed El Fassi ont suivi  son exemple. On parle de plusieurs dizaines qui,  poussés par l’ampleur de la déception, ont quitté le complexe Mohammed VI de Skhirat. Du coup, il faudra s’attendre à un comité exécutif totalement acquis à Chabat, même si à l’heure où nous mettions sous presse, le dépouillement des résultats de l’élection des membres de cette instance dirigeante n’était pas encore terminé. Mais on peut dire déjà que de nouveaux noms vont émerger comme c’est le cas notamment de Fatima Tarik (femme de Chabat), Kenza El Ghali, Adil Douiri ou encore Rahal Mekkaoui. Il faudra s’attendre à ce que Khadija Zoumi, parlementaire à la deuxième chambre  intègre aussi le comité exécutif pour succéder par la suite à Hamid Chabat à la tête de l’UGTM. Un congrès extraordinaire de la centrale sera convoqué prochainement. Ainsi, elle sera la première femme à occuper le poste de secrétaire générale d’un syndicat. D’un autre côté, le comité exécutif verra le retour d’anciens membres comme  notamment Yasmina Baddou, Karim Ghellab, Taoufik Héjira, Bouamer Taghouane, Adil Benhamza et Hamdi Ould Rchid.
    Si des partisans de Abdelouahed El Fassi ont jeté l’éponge, d’autres Istiqlaliens, de premier plan, ont joué le jeu. Ils ont affiché leur prédisposition pour le changement intervenu dans la vie du parti. C’est le cas de Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants.  Pour lui, «c’est une fête démocratique. Chabat est l’homme qui correspond au moment politique que traverse le pays. Et avec lui, le parti  va se renforcer». Adil Douiri est dans le même état d’esprit, tout en se projetant dans l’avenir. «Il faut un bon Comité exécutif, très technique, pour étudier les dossiers pour le nouveau secrétaire général Hamid Chabat», a confié l’ancien ministre du Tourisme et de l’Artisanat. Au-delà de la leçon de démocratie donnée par l’Istiqlal, d’autres changements au sein du parti sont attendus. Dans le programme de campagne de Chabat, la réorganisation interne du parti occupait une bonne place. Ce mouvement devra créer une nouvelle dynamique tout en se répercutant sur les représentations régionales. Dans cette opération, il va chercher à changer la logique au sein du parti, «passer d’une formation contrôlée par une famille vers un parti du peuple». Au cours des derniers jours de la campagne, la tension entre les deux candidats avait atteint son summum au point de déraper au niveau du langage. Chabat avait parlé de «l’arrogance du clan El Fassi», dans sa conférence à la veille de la tenue du conseil national. En tout cas son agenda est clair, avec comme objectif d’arriver le premier lors des élections communales de 2013. Idem pour les prochaines législatives où il veut arriver en tête. Si cela se réalise, il sera le prochain chef de gouvernement. 
    Par ailleurs, Chabat va également aborder la question sensible du patrimoine du parti, toujours entre les mains de la famille El Fassi. D’ailleurs, Abdelouhaed El Fassi avait promis de le transférer au parti,  après l’élection du secrétaire général. Il devra faire vite s’il veut profiter des exonérations contenues dans la loi de Finances,  accordant 2 ans pour se conformer avec la loi sur les partis politiques.
    Hamid Chabat a, mine de rien, profité de toutes les erreurs du secrétaire général sortant pour s’imposer comme le recours. A moins d’un coup de théâtre, c’en est fini avec la famille El Fassi, malmenée dans la presse avant le printemps arabe et lors des manifestations du mouvement du 20 février.
    En fait, la trajectoire de Hamid Chabat a été tracée depuis plusieurs années. On avait bien constaté lors de l’avant dernier congrès que le parti était à sa portée. Il contrôle la centrale syndicale l’UGTM.  Il avait organisé la destitution de Abderazak Afilal, via un de ses compagnons avant de devenir lui-même le secrétaire général de la centrale de l’Istiqlal.  Depuis, il a réussi à allier syndicalisme et politique. En plus, la Jeunesse du parti et certaines organisations parallèles lui sont acquises. Au cours des dernières années, Chabat avait marqué l’échiquier politique au point que Lahcen Daoudi, encore dans l’opposition, avait inventé la célèbre formule : « il faut déchabatiser Fès ». Chabat avait fini par s’imposer dans la capitale spirituelle, lui qui était venu de la région de Taza pour prendre les commandes de la ville de Fès. C’était au fort de la bagarre qu’il avait lancée avec le PJD. Par la suite, il avait osé affronter ouvertement le PAM au moment où la formation, créée par Fouad Ali Al Himma, était au top. Auparavant, c’est l’USFP qui avait pris pour son grade. Le maire de Fès avait attaqué le parti frère dans ses symboles comme Mehdi Ben Barka. Chabat avait ouvert ces fronts au moment où le secrétaire général de l’Istiqlal Abbès El Fassi avait opté pour le profil bas, alors que ses différents adversaires multipliaient les attaques.  Les offensives de Chabat étaient appréciées dans les rangs du parti alors que certains cercles trouvaient qu’il exprimait ses propres opinions. Pour beaucoup d’Istiqlaliens, il était  l’homme de la situation. Aujourd’hui, beaucoup pensent qu’il est le seul à pouvoir croiser le fer avec Abdelilah Benkirane si jamais la coalition gouvernementale vienne à prendre l’eau.

    «Erreur de casting»

    AUTRE dossier pour Chabat, la prestation des ministres de l’Istiqlal qui n’est pas à la hauteur des attentes. Le nouveau patron du parti réclamera un remaniement ministériel d’ici décembre prochain. Il semble qu’il cherchera à changer «les portefeuilles qui ne sont pas dignes d’un parti classé deuxième dans l’échiquier politique». Il en faudra d’autres pour préparer les élections, dit un de ses proches. Idem pour les noms des ministres de l’Istiqlal. Pour lui, il y a eu une erreur de casting, même des membres des cabinets. En outre, ces ministres snobent les parlementaires du parti, dit-il. Désormais, ils devront présenter des rapports régulièrement au secrétaire général. Certains d’entre eux se sentent déjà dans son collimateur.

    Mohamed CHAOUI

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