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Huile d’olive: Comment doper la consommation
Entretien avec Enrico Lupi, président du Recomed

Par L'Economiste | Edition N°:3776 Le 04/05/2012 | Partager
D’abord augmenter la consommation intérieure en Méditerranée
Le reste du monde ne consomme que 3,5% d’huile d’olive
Education nutritionnelle, promotion, patrimoine… les pistes d’amélioration

«Notre réseau peut offrir et mettre à disposition de ses membres l’expérience des pays comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal dans lesquels ces associations sont créées et sont déjà opérationnelles», propose Enrico Lupi

Avant de se lancer à la conquête du monde, le marché de l’huile d’olive devrait déjà commencer par encourager la consommation au sein de l’espace méditerranéen. Et il y a fort à faire avec quelque 800 millions de consommateurs et des différences notoires de consommation pouvant aller de 13 litres par habitant en Italie, contre seulement 2 litres au Maroc. Le président du Recomed (Réseau méditerranéen des villes de l’huile d’olive) recommande d’une part d’ériger la Diète méditerranéenne en vertu, mais aussi et surtout de commencer la sensibilisation dès le plus jeune âge. Entretien.

 

- L’Economiste: Le marché de l’huile d’olive compte quelque 800 millions de personnes en Méditerranée. Comment comptez-vous le conquérir?
- Enrico Lupi: Notre premier objectif est l’augmentation de la consommation intérieure. Elle passe d’abord par l’éducation des consommateurs qui est fondamentale, en particulier dans les pays qui ont des consommations très faibles comme le Maroc (2 litres par personne), la Tunisie, l’Algérie, la Turquie, etc. Notons que d’autres pays, avec une tradition plus ancienne, ont des consommations  majeures. L’Italie, à titre d’exemple, est à 13 litres par personne par an, avec des marges de croissance très importantes.
Pour atteindre ces niveaux de consommation, l’idéal est de commencer par l’éducation nutritionnelle des enfants, leurs parents, les familles et les enseignants, en multipliant les effets sur la population. A Meknès, vous avez un bon exemple avec l’exposition interactive de l’Agropôle olivier dédié aux écoles primaires et aux jeunes. En Italie, l’Association nationale italienne des villes de l’huile d’olive a mis en place le projet «Boimoil» qui a concerné des centaines d’écoles primaires publiques. Celles-ci participent activement avec des actions amusantes et de vulgarisation en même temps que des concours, projets d’information. Ces projets sont exportables et je considère très important que le Maroc s’intègre dans ces activités en conjuguant le projet «Boimoil» avec des initiatives complémentaires déjà lancées au niveau local.

- Concrètement, comment s’effectuera la promotion de l’huile d’olive?
- Le Recomed a une double finalité. La première, favoriser la naissance des associations de villes oléicoles nationales qui pourront, chacune dans son pays, en se basant sur les problèmes et les opportunités du contexte national, mener des actions pour favoriser le secteur. Notre réseau peut offrir et mettre à disposition de ses membres l’expérience des pays comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal dans lesquels ces associations sont créées et sont déjà opérationnelles. Deuxième finalité: faire un lobbying au niveau mondial de la région méditerranéenne pour favoriser les aides aux agricultures, les fonds et la promotion du secteur oléicole envers la Communauté européenne, l’Unesco, le COI et d’autres organismes internationaux.

- Les gouvernements des pays membres de votre réseau vous assistent-ils dans vos projets?
- Il faut rappeler que l’Italie, la Grèce, l’Espagne et le Maroc vantent déjà les vertus de la Diète méditerranéenne, reconnue en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Les objectifs de Recomed sont la promotion de l’huile d’olive comme un des éléments fondamentaux de cette diète. Et pour réussir la promotion de «huile d’olive méditerranéenne», il faut promouvoir la connaissance des propriétés communes et bénéfiques des huiles d’olive méditerranéennes de plus haute qualité. Et c’est pourquoi nous avons déjà proposé d’ajouter la candidature du Paysage oléicole méditerranéen en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité également.
Nous comptons sur l’appui de tous les gouvernements des pays membres au Recomed.

- Votre réseau regroupe 14 pays. Vous favorisez plutôt l’échange ou la concurrence entre ces différents pays?
- Dans notre vision, la concurrence entre les pays méditerranéens n’a pas raison d’être.
La consommation d’huile d’olive extra vierge dans le monde et seulement de 3,5%. Il est évident qu’il y a un espace énorme pour conquérir des nouveaux consommateurs. Donc, on favorise certainement les échanges, mais avec le but à la fois d’améliorer la qualité du produit et de sensibiliser plus de consommateurs à ses vertus.
Nous leur expliquons aussi la valeur d’une huile de bonne qualité. In fine, notre objectif est de promouvoir les achats des huiles supérieures (extra vierge, etc.). Avec ces actions, on espère que les ventes et les prix de vente vont augmenter dans chaque pays membre, mais aussi dans les autres zones du monde en créant de nouvelles opportunités pour tous.

Fleuron meknassi

Depuis quelques années, les huiles de la région de Meknès récoltent des prix un peu partout dans le monde. Mais il y a toujours des pistes d’amélioration afin de produire un jus de fruit de qualité supérieure. Aussi, un des premiers objectifs du Recomed est de promouvoir les échanges de savoir-faire parmi les 14 pays. Le réseau compte également développer la coopération internationale afin d’obtenir des fonds pour financier des projets communs de promotion et de connaissance d’une huile d’olive de qualité. Meknès pourrait profiter de ces fonds.

Propos recueillis par Younes Saâd ALAMI

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