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Economie

Maroc-Bahreïn
Un mémorandum d’entente pour booster les échanges
DNES à Manama, Amin RBOUB

Par L'Economiste | Edition N°:3776 Le 04/05/2012 | Partager
L’export marocain des plus faibles dans l’archipel
Atout: les deux pays signataires d’un ALE avec les Etats-Unis
Gros potentiel dans les banques-assurances, BTP, tourisme, agroalimentaire, NTI…

Un mémorandum d’entente a été signé à Manama entre Saad Benabdallah, DG de Maroc Export, et Ibrahim Mohamed Ali Zainal, 1er vice-président de la Chambre bahreïnie de commerce. Objectif, redynamiser les flux d’échanges et aller vers plus de diversification

Manama aura été la dernière étape du Prospectour CCG de Maroc Export au Moyen-Orient. L’escale de Bahreïn se veut riche en enseignements dans la mesure où c’est la première fois qu’une forte délégation d’hommes d’affaires (une quarantaine) fait le déplacement dans cet archipel du Golfe. Un événement qui a été très suivi par les ambassadeurs de Tunisie, de Libye et d’Egypte. De nombreux hommes d’affaires saoudiens (de l’Est) ont fait le déplacement à ce forum pour s’enquérir des opportunités qui s’offrent au Maroc. Au terme de la rencontre, un mémorandum d’entente a été signé par Maroc Export et la Chambre de commerce et d’industrie de Bahreïn. Le document servira de cadre de travail pour intensifier les volumes d’échanges et explorer de nouveaux gisements capables de booster les flux. Une veille économique sera donc assurée en permanence pour optimiser les opportunités d’affaires et de partenariat ainsi que pour une meilleure diversification de l’offre. Des foires et salons, des visites régulières d’hommes d’affaires seront donc programmés. Le mémorandum insiste aussi sur le partage d’informations et de bases de données communes sur les investissements et le potentiel tant à l’import qu’à l’export (appels d’offres, procédures, législation, taxes…). Les deux parties s’engagent aussi à prospecter et conquérir d’autres marchés tiers ainsi que l’assouplissement des procédures liées à l’importation et la commercialisation des biens et services dans leurs marchés respectifs. Des projets communs et des partenariats sont également envisagés pour le transfert de savoir-faire. Ce mémorandum revêt une importance capitale pour les deux parties, puisque l’analyse de l’historique des échanges reste somme toute assez modeste.
A l’instar du Sultanat d’Oman (cf. notre édition du 1er mai www.leconomiste.com), le volume des échanges entre le Maroc et le Bahreïn est en deçà des ambitions, même s’il a enregistré une nette évolution sur les cinq dernières années (depuis 2007 exactement). Globalement, la balance commerciale profite plus à Bahreïn. Jusque-là, les exportations marocaines vers ce pays ne dépassent pas les 2,4 millions de dollars. «Les volumes sont très modestes. Or les opportunités et le potentiel sont des plus considérables», consent Ibrahim Mohamed Ali Zainal, 1er vice-président de la Chambre bahreïnie de commerce. Pour monter en régime, Saâd Benabdallah, DG de Maroc Export exhorte les deux pays à aller vers des alliances inscrites dans la durée. L’objectif n’est pas la commercialisation, mais la création de business alliances pour plus de diversification, d’opportunités, de volume et de valeur ajoutée». L’industrie pharmaceutique, les NTI, l’agroalimentaire… marocains peuvent jouer un rôle de locomotive, insiste le DG de Maroc Export.
Le principal de l’export marocain est constitué de produits laitiers, de fruits & légumes, de produits agroalimentaires, matières plastiques, céramique, bois, cuivre… Quant aux importations de Bahreïn, elles étaient de l’ordre de 38 millions de dinars en 2011 (un dinar vaut environ 20 DH). L’import de Manama est essentiellement composé de profilés et plaques en aluminium et hydrocarbures. Là encore, le potentiel de redynamisation des échanges est très important dans l’un des pays les moins touchés par la crise. De plus, Bahreïn jouit d’une position géographique assez exceptionnelle. Ce qui en fait une plateforme pour les transports logistiques multimodaux (mer, air, terre). Le Royaume offre une accessibilité routière aux économies en plein essor du Moyen-Orient. Une zone qui représente un marché de plus de 1 milliard de dollars. Autre particularité de ce petit pays qui se veut aussi une opportunité pour le Maroc, la signature d’un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Le Bahreïn a signé cet accord en 2004,  et son entrée en vigueur est effective depuis 2007.
Pour sortir de la dépendance des produits pétroliers, Manama a été très attractive sur le plan des investissements étrangers. La législation appliquée autorise les étrangers à prendre jusqu’à 100% de participation dans les sociétés. L’indice de liberté économique place le Bahreïn à la 12e place dans le monde en 2011. Le pays demeure l’économie la plus libre parmi 17 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). D’ailleurs, Manama accueille de nombreux sièges régionaux de multinationales de renom ayant des activités au Moyen-Orient. La capitale est même devenue l’une des premières places financières du Golfe avec plus de 470 banques et institutions financières, dont les trois quarts sont bahreïnies. Aux côtés de la finance-banque, d’autres secteurs évoluent tels que les BTP, l’immobilier, les télécoms, NTI ou encore le tourisme familial et d’affaires. Parmi les principaux pays émetteurs de touristes, figurent essentiellement les voisins d’Arabie saoudite (70%), Oman, Qatar, Koweït…

Premier à avoir découvert le pétrole

Situé sur un archipel du Golfe et au cœur du marché du Moyen-Orient, l’essentiel du territoire (711 km2) est constitué par l’île de Bahreïn. Le pays est relié à l’Arabie saoudite (Est) par le pont-digue du Roi Fahd, qui est long de 25 km.  Bahreïn compte une population de 1,3 million d’habitants (dont 54% d’étrangers). L’économie y est fortement dépendante du pétrole. L’or noir représente 60% des exportations, 70% des revenus du gouvernement et quelque 30% du PIB. La majeure partie des exportations se compose de produits pétroliers transformés. Du coup, la santé économique de Bahreïn est fortement liée au aux fluctuations des cours du pétrole. Premier pays du Golfe à avoir découvert le pétrole (en 1932), Bahreïn serait en train d’exploiter ses derniers barils.
La richesse de l’archipel en hydrocarbures est des plus limitées dans la région. Mais à défaut du brut, le pays a tablé sur la diversification de son économie (Vision 2030) et surtout développé une expertise dans la transformation pour vendre la ressource avec des plus-values confortables. Mieux encore, même si la production interne du brut a considérablement diminué depuis 2010, la production du pétrole raffiné a augmenté avec le brut importé à des conditions avantageuses d’Arabie saoudite. Le Royaume est en train de finaliser un terminal pétrolier pour importer du GNL des Etats-Unis. Ce terminal sera opérationnel en 2014.

Tensions

Depuis le début du printemps arabe, Bahreïn est le théâtre de tensions sociales et de troubles politiques qui déstabilisent son économie. Les secteurs du tourisme et hôtellerie ont été les plus touchés, en raison de la chute du nombre de visiteurs, notamment saoudiens et l’annulation de nombreux salons, congrès, missions d’entreprises. D’ailleurs, la délégation des journalistes du Prospectour CCG a été la seule mission médiatique autorisée à accéder au pays depuis plus d’un an et demi. Le secteur financier, fleuron de l’économie (25% du PIB), a été considérablement perturbé. A l’origine de ces tensions, une partie de la communauté chiite (population majoritaire) qui se plaint de discriminations, de chômage. Des critiques relayées par des ONG internationales, notamment Human Right Watch.

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