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    Politique

    Les défis de la nouvelle alternance politique

    Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
    Un modèle économique permettant la cohésion sociale
    La réforme de l’école, une urgence
    Normaliser la sensibilité islamiste dans le champ politique


    Avec les élections du 25 novembre dernier, le Maroc passe d’une alternance consensuelle à une autre basée sur les urnes donnant aux «islamistes» le droit de diriger le futur gouvernement. Les attentes sont énormes pour une amélioration de la situation économique et sociale des populations. Plusieurs défis sont à relever par le Maroc, ainsi que le soulignait Driss Guerraoui, SG du Conseil économique et social (CES), lors de la 8e conférence annuelle de la MFAA (Moroccan Fulbright Alumni Association) la semaine dernière.
    D’ailleurs, le thème retenu cette année, «Quel modèle de développement économique pour une réforme politique réussie?», a pour objectif «d’apporter une contribution complémentaire aux différents efforts en cours pour réussir la transition politique», précise Amine Bensaid, président de MFAA et également de l’Université Mundiapolis. De son côté, Guerraoui tient à rappeler les défis externes. Parmi eux, on retient l’insécurité. «Nos sociétés vont évoluer dans un contexte marqué par des aléas de toutes natures: marchés, catastrophes naturelles et industrielles», explique le conférencier.
    Il y a aussi la rareté qui va toucher notamment les ressources naturelles et énergétiques ainsi que celles financières nécessaires pour soutenir la croissance économique. Pour les défis internes, Guerraoui tient à rappeler que le Maroc après le 25 novembre se trouve à la croisée des chemins politiques qui peut conduire soit au renforcement de la confiance de la population ou à sa résignation. Pour passer à l’action, il faut s’attaquer en premier lieu à l’école qui se trouve depuis ces dernières décennies dans une crise permanente. Pour le conférencier, «avec un niveau d’éducation élevé et de qualité, nos jeunes seront immunisés contre toute manipulation et instrumentation, et également auront les compétences pour s’intégrer dans le marché de l’emploi». La réduction des inégalités sociales par une répartition juste des richesses figure également au menu. Sans oublier la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. La réussite de cette nouvelle transition politique nécessite, selon le conférencier, de s’attaquer à certains dossiers prioritaires. En premier, ceux de la Caisse de compensation et des retraites.
    A défaut d’une réforme profonde, ces secteurs vont toujours constituer une menace pour l’économie du pays. En contrepartie, il faut réfléchir à élargir la couverture médicale aux différentes catégories de la société et sortir le projet de l’indemnisation de perte de l’emploi. De même pour les textes organisant la grève et les syndicats. Sur le plan économique, Guerraoui opte pour un mode de croissance permettant de créer plus d’emplois et de solidarité. Cela nécessite de nouvelles sources de financement à mobiliser par une réforme fiscale et de la gouvernance. Sur le volet politique, Guerraoui recommande de «faire de l’élaboration d’un modèle marocain de démocratie participative un objectif stratégique de la nouvelle alternance politique». Ce qui permettra de réinventer une variante de démocratie en inscrivant la participation de l’islam politique marocain dans la gestion de la chose publique comme le fondement de la construction d’un modèle marocain d’alternance. L’objectif serait que l’on érige le modèle marocain en exemple comme cela est le cas de la Turquie aujourd’hui. Pour réussir ce modèle, le Maroc a besoin de réunir les conditions de convergence entre les différents acteurs et les forces vives autour des grandes réformes, objets aujourd’hui de conflictualités, avec un objectif ultime, celui de l’élaboration des grands contrats sociaux.
    Mais la réflexion avancée par Guerraoui basée sur le compromis entre les différentes composantes de la société n’est pas totalement partagée par les autres conférenciers. «On ne peut pas gouverner par consensus, il faut prendre les bonnes décisions dans les moments opportuns», martèle l’économiste, Driss Benali. Pour lui, dans une démocratie, les dirigeants ont une légitimité consacrée par les urnes, ce qui leur permet de prendre certaines fois des décisions impopulaires. C’est l’exemple de Nicolas Sarkozy qui a engagé la réforme des retraites et des mesures d’austérité en dépit d’une forte contestation de la rue et des syndicats. «Il faut opter pour des ruptures et non des réformes», lance, pour sa part, Rahma Bourquia, ex-présidente de l’université Hassan II de Mohammedia. Avant de nuancer: «Il ne s’agit pas de cassures mais d’un changement de cap dans un processus accumulatif».

    Nécessaire, mais…

    Une démocratie pourra-t-elle, seule, conduire à un développement économique? C’était la question centrale posée aux différents conférenciers. «Une démocratie est nécessaire, mais reste insuffisante», avance George Joffé, professeur à l’Université de Cambridge en Grande-Bretagne. Pour lui, la démocratie peut établir les règles qui contrôlent la manière dont se développe l’économie. Donc, on peut avancer qu’elle a une influence indirecte sur le processus économique.
    Mais les conférenciers ont rappelé l’expérience de certains pays qui ont réalisé des progrès économiques sans démocratie comme le Japon, la Corée du Sud et actuellement la Chine. Une analyse historique de l’évolution de la Turquie a été présentée par Deniz Akagul de l’Université de Lille. Ce dernier a montré qu’avant 1990, les militaires ont été sollicités pour intervenir car les institutions politiques et syndicales n’arrivaient pas à gérer les conflits sociaux. Une certaine maturité atteinte, ils ont mis fin aux coups d’Etat des militaires.

    Noureddine EL AISSI

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