×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Focus

    Le Maroc confirme ses ambitions dans le biogaz

    Par L'Economiste | Edition N°:3677 Le 14/12/2011 | Partager
    La première usine à Fès
    75 millions de DH d’investissement
    Un mégawatt produit grâce au traitement des déchets

    La décharge comprend une partie réservée à la conversion du biogaz émanant des déchets en énergie électrique propre qui servira pour l’éclairage public de la ville de Fès

    LA ville de Fès est pionnière dans la gestion et le contrôle des déchets. Confié à la société américaine «Ecomed de gestion des déchets solides» depuis avril 2004, ce secteur promet une première en matière de développement durable. Ceci, grâce à l’installation d’une future usine de biogaz qui devrait en principe couvrir jusqu’à 30% des besoins en énergie électrique de la ville de Fès, et ce, dans 10 ans.
    En attendant, les responsables de la décharge viennent tout juste d’implanter un générateur qui produira, via la récupération et le traitement du biogaz, un mégawatt de puissance électrique. «Les besoins de la décharge contrôlée sont estimés à 800 kilowatts. Nous étudions la possibilité d’injecter l’excédent d’environ 400 kilowatts dans le réseau électrique de la ville», indique le responsable d’Ecomed. Pour ce qui est de son marché à Fès, l’entreprise américaine assure la gestion déléguée de la décharge contrôlée dans le cadre d’un contrat de gestion déléguée de 10 ans avec le conseil communal. Le délégataire prévoit des investissements de l’ordre de 75 millions de DH. A ce jour, il a déjà déboursé 40 millions de DH dans les infrastructures et le matériel de pesage, d’enfouissement et de traitement. Située sur la route de Sidi Harazem, la décharge publique contrôlée de Fès s’étale sur une superficie de 110 ha et répond aux critères de «production propre» et de respect de l’environnement.
    A 300 mètres de profondeur, il n’y a aucune nappe et le terrain est totalement imperméable. Il est composé d’une couche d’argile de plus de 30 mètres de profondeur évitant ainsi la pollution des eaux souterraines. Il n’y a pas de risque d’infiltration verticale des déchets liquides vers le sol. Le terrain est en outre loin des centres résidentiels et autres exploitations sensibles aux nuisances. Toutes les dispositions ont été prises pour préserver les composantes de l’environnement avec la mise en place de systèmes de drainage des lixiviats, et d’aménagement d’ouvrages de collecte et d’évacuation des eaux pluviales. Le premier réseau du système de collecte de biogaz a été posé à partir de 10 mètres de hauteur des déchets. Actuellement, une torchère fermée est placée en amont des conduites des lixiviats pour évacuer et brûler le biogaz qu’ils contiennent. En outre, la décharge comprend aussi une partie réservée à la conversion du biogaz émanant des déchets en énergie électrique propre qui servira pour l’éclairage public de la ville de Fès. L’énergie produite alimentera également la future station de traitement des lixiviats, dont la construction est annoncée pour bientôt et qui nécessitera pas moins de 8 millions de DH.
    Pour ce qui est de la gestion des déchets, le délégataire assure la maîtrise de tous les effluents à 100%. «Les tuyaux en polyéthylène peuvent supporter une température de 90 °C et des lits de conduites permettent l’acheminement, le traitement et la récupération de la totalité des lixiviats et du biogaz qui sont les deux facteurs essentiels très polluants et très nauséabonds». De l’extérieur, une clôture et des arbres protègent et entourent l’ensemble de la décharge. De même, à l’intérieur, il n’y a pas de mauvaises odeurs, et pas d’insectes. Les déchets ne sont pas visibles. Alors que la décharge reçoit quotidiennement entre 750 et 1.000 tonnes d’ordures. Mais surtout pas de produits chimiques (hospitaliers) ou explosifs. Donc, dès son principal accès, un véritable tri s’impose.

    In situ

    Sur le site, les travaux d’enfouissement des déchets au fond d’un bassin, et par couches de 3,5 mètres, ont lieu quotidiennement. La zone exploitée est couverte, en surface et sur les versants, par une couche de terre perméable de 15 cm, pour empêcher les envols notamment de sacs en plastique, le dégagement des odeurs, la prolifération des insectes et la formation de feu. «Depuis le démarrage (avril 2004) à aujourd’hui, nous en sommes à la 9e couche, soit à 34 mètres du fond de la décharge». Equipée en matériel approprié et d’une station-service, la décharge a une durée de vie de 35 ans au moins. Mais pour plus de précautions, elle abrite, en plus des bâtiments d’exploitation, un laboratoire de contrôle (analyse des lixiviats, de l’air ambiant et des biogaz) sans oublier une station météorologique pour tenir compte de la pluviométrie et des conditions climatiques du site, est-il indiqué.

     

    Youness SAAD ALAMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc