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    Economie

    Le testament de Ahmed Réda Chami aux textiliens

    Par L'Economiste | Edition N°:3675 Le 12/12/2011 | Partager
    Le ministre promet de continuer le lobbying
    Il a réussi à fédérer les industriels autour de lui

    Production de 50% des intrants au niveau local, dont 20% par les converteurs à l’horizon 2016

    Jusqu’au bout, le ministre de l’Industrie sortant, l’Usfpéiste Ahmed Réda Chami, s’accrochera à «son» Pacte pour l’émergence industrielle. En tout cas, pour le secteur du textile, il ne lâchera rien. Sa stratégie est reconnue par les opérateurs eux-mêmes comme «ayant marqué, pour la première fois, une véritable rupture avec le passé».
    Selon Karim Tazi, vice-président de l’association des textiliens (Amith) et président de la chaîne de distribution du prêt-à-porter féminin, Marwa, «le volet textile du Pacte est une feuille de route très complète», en ce sens qu’«il intègre à la fois le marché export et local».
    Le premier pèse 27 milliards de DH (à fin octobre dernier, il a atteint 25 milliards). Le second est estimé à 40 milliards de DH. En effet, dans le cadre du Pacte pour l’émergence industrielle, le textile a été érigé au rang de «Métier mondial du Maroc», au même titre que l’agriculture, l’offshoring, l’automobile, l’électronique et l’aéronautique. Devant les industriels du textile, vendredi 9 décembre, à Casablanca, Chami a répété, la main sur le cœur, que «les principales actions définies dans le cadre de cette stratégie ont été mises en œuvre». L’essentiel porte sur la promotion de l’offre Maroc auprès des grands donneurs d’ordre.
    A ce jour, plusieurs opérations dites Executive Marketing ont été réalisées auprès de ces derniers (Camaïeu, Beaumanoir, Etam, Monoprix, Diesel, Fornarina, Maxmara, Inditex, Benetton, Stefanel, Alberta Ferreti, Replay et Tesco). Pour la plupart, ils ont également effectué des «incoming missions» au Maroc. C’est le cas de Benetton, Maxmara, Stefanel, Miroglio, Alberta Ferreti, Fornarina, Beaumanoir, Tesco, Etam, Monoprix, Camaïeu et Li&Fung. A l’arrivée, Inditex, qui est de loin le plus gros pourvoyeur de commandes aux sous-traitants marocains, projette d’augmenter ses achats en vêtements en provenance du Maroc sur les trois années à venir. Fornarina, Tesco, Maxmara et Monoprix tendent à développer une partie de leur sourcing au Maroc. Les premières commandes sont déjà lancées. C’est également le cas pour l’italien Miroglio qui a promis de développer une offre FIT au Maroc, de Benetton, Alberta Ferreti et Stefanel qui ont dans leur agenda un programme d’incoming missions pour rencontrer des industriels et d’éventuels partenaires marocains. Etam, Monoprix, Camaïeu et Beaumanoir poursuivent leur prospection.
    Parallèlement, d’importants efforts ont été faits par les pouvoirs publics pour répondre aux requêtes des donneurs d’ordre. C’est ainsi qu’une procédure de centralisation de la délivrance du certificat d’origine, permanente au port de TangerMed, a été mise en place (voir L’Economiste du 11 janvier 2011).
    Parmi les actions aussi, la mise en place de programmes d’amélioration de la compétitivité des PME du secteur (Moussanada, Imtiaz, Inmaa…) qui passe par sa modernisation. Avec 187 actions menées, le programme Moussanada dont le budget s’élève à 20 millions de DH, a profité à 87 entreprises. Imtiaz, destiné aux entreprises porteuses d’un projet de développement et souhaitant bénéficier d’une prime à l’investissement matériel et immatériel correspondant à 20% de l’investissement total (plafond 5 millions de DH), a profité à 7 projets. Ils devraient générer un chiffre d’affaires additionnel de 241 millions de DH pour une valeur ajoutée de 91 millions de DH pour plus de nouveaux emplois créés. Inmaa, concept de diffusion massive du Lean dans le tissu de PME, a pour objectif de transformer de façon macroéconomique la compétitivité du tissu industriel. Il vise à augmenter la productivité de 30% en moyenne dans les entreprises transformées, sans aucun investissement. Ce qui, pour le vice-président de l’Amith, est «une véritable mise à niveau industriel». Le programme cible plus de 800 entreprises sur les 5 prochaines années. A ce jour, seules 48 entreprises y ont souscrit.
    L’intégration du secteur à travers l’émergence, le développement d’agrégateurs, de converteurs et distributeurs de marque, permettra l’émergence de 3 types d’acteurs (agrégateurs, distributeurs et converteurs) aux rôles distincts.
    Parmi les autres mesures, la mise en place des P2I (plateformes industrielles intégrées), de dispositif de formation des RH qualifiées, de lutte contre les pratiques de sous-facturation… «L’objectif étant d’accompagner et soutenir le développement du secteur», martèle Ahmed Réda Chami, promettant, in petto, au président de l’Amith, Mostapha Sajid, de faire jouer son nouveau rôle de député pour que les promesses faites aux textiliens soient tenues. Ceci, d’autant plus que toutes ces mesures, dont Karim Tazi dira qu’«elles ont apporté de véritables soutiens au secteur», sont budgétées dans la loi de Finances 2012.

    Les nouveaux acteurs

    Les agrégateurs bénéficieront d’une prime à l’export de 4% sur le chiffre d’affaires supplémentaire, plafonnée à 30 millions de DH, sur la période 2012-2016. Avec les sous-traitants, ils auront accès au produit de garantie (crédit court et long terme garanti à 70% avec un plafond risque par entreprise de 40 millions de DH). L’ambition, c’est de voir consolider au moins 50% des exportations par les agrégateurs en 2016. Un sacré défi. Sur les 27 milliards de DH d’exportations en 2009, ils n’y contribuent que pour 1%, la cotraitance et produits finis (24%) et la sous-traitance (75%). L’objectif, porter ce volume à 31 milliards de DH dont 20% apportés par les agrégateurs nationaux, 30% par des internationaux, le reste par des façonniers et fabricants de produits finis.
    Pour les distributeurs (enseignes textiles), il s’agit d’offre d’accès au produit de financement (autofinancement au moins 10%, fonds CCG qui finance 40% au maximum avec un plafond de 5,6 millions de DH par point de vente et de 44 millions au total), de garantie et d’accompagnement financier. Les converteurs bénéficient des mêmes avantages, en plus des accompagnements parallèles visant à faire émerger des agrégateurs et des distributeurs nationaux, ainsi que des agrégateurs internationaux de premier rang, principaux débouchés d’un converteur national.

    Bachir THIAM

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