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    Economie

    Anti-corruption: Le Maroc «élève paresseux»

    Par L'Economiste | Edition N°:3675 Le 12/12/2011 | Partager
    Il améliore son score de 5 points dans le classement mondial
    Progrès insignifiant selon Transparency Maroc

    Pas d’amélioration dans la lutte contre la corruption au Maroc. C’est la conviction de Transparency Maroc (TM) affichée par ses responsables lors d’une rencontre avec la presse, tenue hier à Rabat. Un événement consacré à la présentation des résultats de l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency International au titre de l’année 2011. En se classant à la 80e place sur 183 pays, le Maroc a amélioré son rang de 5 points par rapport à 2010. Mais pour les responsables de TM, ce progrès reste insignifiant eu égard à l’ampleur de la corruption qui touche presque les différents secteurs publics. «Avec une note de 3,4 sur 10, notre pays figure parmi les pays où sévit une corruption endémique, ce qui confirme son enlisement dans une fourchette située entre 3,5 et 3,2 au cours des neuf dernières années», explique Azeddine Akesbi, membre du conseil national de l’organisation marocaine. Dans le monde arabe, le Maroc est classé en 7e position, juste après la Tunisie (3,8) et l’Arabie saoudite (4,4). En tête du peloton, on trouve Bahreïn, avec une note de 5,1, suivi d’Oman, du Koweït et de la Jordanie. Alors que le Maroc devance les autres pays arabes comme l’Algérie, l’Egypte et le Liban. Pour Akesbi, avec le classement obtenu durant ces dernières années, on pourra qualifier le Maroc d’«élève paresseux » qui ne déploie pas d’efforts pour lutter réellement contre la corruption. L’ex-SG de TM reconnaît que le pays dispose aujourd’hui d’une réglementation juridique dans ce domaine. Mais, pour lui, cela reste insuffisant en l’absence d’une volonté politique concrétisée par des actions de lutte contre le fléau de la corruption touchant l’ensemble de la société et sans aucune distinction. La rencontre avec la presse a été une occasion pour TM de présenter le bilan annuel des activités de son Centre d’assistance juridique anti-corruption (CAJAC). Sa mission est d’assurer, bénévolement, l’assistance juridique des victimes et/ou témoins d’actes de corruption. «Depuis sa création en 2009 à fin novembre dernier, notre centre de Rabat a reçu 1.477 plaintes et ouvert 627 dossiers», indique Fouad Zirari, responsable de l’Observatoire de la corruption de TM. Le centre assure le suivi de ces dossiers, soit en donnant un avis juridique, soit en saisissant les organismes concernés. Pour cette année, le nombre des réclamations reçues par le centre s’élève à 547 dont 432 plaintes liées à la corruption. Pour les moyens de contact avec les victimes, le téléphone arrive en tête avec une part de 56%. Figurent aussi le courrier électronique, les visites directes et la poste. En ce qui concerne les secteurs les plus dénoncés, se trouvent en tête les collectivités locales avec une part de 15%. Elles sont suivies de la justice, de la gendarmerie et de la police. Le secteur privé figure aussi sur la liste. Notons par ailleurs l’ouverture en septembre dernier d’un nouveau centre à Fès avec à l’actif déjà 35 plaintes. Le réseau sera renforcé par un autre établissement programmé en 2012 dans la ville de Nador.

    Distinction

    La rencontre avec la presse a été une occasion pour les responsables de Transparency Maroc d’annoncer que le prix de l’Intégrité pour l’édition 2011 a été attribué à Mourad Kartoumi. Le choix de ce commerçant au marché de gros de Casablanca revient, selon le jury, à «son action pour dénoncer les pratiques frauduleuses instaurées dans ce marché». Cela «au péril de son gagne-pain et même de sa sécurité».

    Noureddine EL AISSI

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