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    Economie Internationale

    Tunisie: Le coup de gueule de la Banque centrale

    Par L'Economiste | Edition N°:3673 Le 08/12/2011 | Partager
    Sa sacro-sainte indépendance mise en jeu
    Un projet de loi la soumet à l’autorité du gouvernement

    Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque Centrale a été un des rares ministres à démissionner d’un gouvernement du Président déchu. Le Senior économiste à la Banque Mondiale ne mâche pas ses mots sur le projet du gouvernement de transition de soumettre la Banque centrale sous son autorité

    C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Déjà sujette à une forte pression avec une situation économique et financière au plus bas, réduisant progressivement sa marge de manœuvre dans le pilotage de la politique monétaire et de lutte contre l’inflation, la Banque centrale vient de recevoir un nouveau coup. Et non des moindres, touchant sa sacro-sainte indépendance.
    Est-ce une contre-révolution qui va s’emparer du secteur bancaire et de sa première institution qu’est la Banque centrale (BCT)? En tout cas, la toute récente réunion extraordinaire du Conseil d’administration de l’institut d’émission, était quasiment une première. L’institution est totalement sortie de sa réserve habituelle. «Le projet de loi portant sur l’organisation provisoire des pouvoirs publics tend à soumettre la Banque Centrale de Tunisie à l’autorité du gouvernement et ce, contrairement aux attentes aspirant à une consolidation de l’indépendance de l’Institut d’Emission», commente le Conseil, rappelant que «l’indépendance des Banques Centrales et des autorités de contrôle et de régulation demeure l’une des principales orientations et évolutions ayant pour but d’assurer la stabilité financière et de consacrer les principes de la bonne gouvernance dans les systèmes démocratiques développés…».
    L’avertissement est à peine déguisé quand on connaît le caractère et les positions de Mustapha Kamel Nabli. N’a-t-il pas été le rare ministre à démissionner d’un gouvernement du Président déchu. Le Senior économiste à la Banque Mondiale ne restera pas les bras croisés si le projet du gouvernement de transition est maintenu en l’état. A la lecture du communiqué, le personnel de la banque a tenu une manifestation de soutien au Conseil de la banque, menaçant même de «dégager» toute personne qui viendrait à remplacer l’actuel Gouverneur.
    Reste que la Banque centrale appelle «tous les intervenants à faire preuve de sagesse et de diligence pour assurer le démarrage de l’action du Gouvernement et le retour du fonctionnement normal des rouages de l’Etat et des services publics dans les plus brefs délais ». L’alerte est ainsi donnée sur une possible sinon probable aggravation de la situation menant tout droit à une crise économique annoncée. Cela est d’autant plus vraisemblable «dans un contexte de conjoncture économique mondiale difficile, surtout dans les principaux pays européens partenaires, ayant engendré des retombées négatives sur le rythme de la production et des exportations des principaux secteurs de l’économie nationale», explique la Banque centrale.

    Situation préoccupante

    Aujourd’hui, l’évolution de la situation politique et économique préoccupe au plus haut point l’autorité monétaire. Mustapha Kamel Nabli, Gouverneur de la Banque centrale, n’a pas hésité à fournir quelques indicateurs à l’occasion des assises annuelles du Forex Club, l’association des cambistes tunisiens. La croissance serait presque nulle sinon négative en 2011. Les créations d’emploi seraient en net recul en dépit des efforts des pouvoirs publics. A cet égard, le taux de chômage devrait dépasser 18% à la fin de l’année contre 14% à fin de 2010. Le déficit de la balance courante devrait atteindre 5,5% du PIB compte tenu du faible score des exportations de biens et surtout des services, et en particulier le tourisme. Résultat: une chute libre des réserves en devises qui ont baissé à 110 jours d’importations alors qu’elles dépassaient les 150 jours en début d’année.

    De notre correspondante à Tunis, Yousra MAHFOUD

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