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    Une leçon de courage

    Par L'Economiste | Edition N°:3608 Le 05/09/2011 | Partager
    Amine, handicapé moteur et génie de l’informatique
    Après les classes prépas, il intègre l’Ensias

    «Je savais que c’était dur. Mais j’étais sûr de moi. Rien n’est difficile car la volonté peut réaliser des miracles», indique Amine Ben Hammou, petit génie de l’informatique

    AMINE Ben Hammou, 21 ans, est certainement le premier handicapé moteur à avoir réussi les classes préparatoires. A la rentrée prochaine, il intégrera l’Ecole nationale supérieure d’informatique et d’analyse des systèmes (Ensias). Une performance pour ce jeune étudiant que la vie n’a pas gâté. Sans une ténacité et un courage à rude épreuve il n’en serait pas arrivé là. Amine est né à Erfoud. A sa naissance, il aurait manqué d’oxygène ou serait tombé. On ne sait pas. En tout, les séquelles sont importantes, surtout physiques. Il a en effet des difficultés à marcher, à écrire rapidement et à rester concentré longtemps. Mais cela ne l’a jamais bloqué. Petit, il ne jouait pas comme les autres enfants au football ou à cache-cache, il préférait les jeux de réflexion : échecs, dames, cartes. Des jeux où il excellait. C’est grâce à son père, instituteur, que le jeune Amine va progresser. Confiant en ses capacités, il lui sera d’un grand soutien. «J’ai grandi dans un milieu favorable, où tout le monde m’a aidé, parents, amis, famille. Je connais des enfants qui ont les mêmes problèmes que moi et qui sont resté enfermés à la maison. On ne leur a pas donné leur chance», déclare Amine. Au lycée, il choisi la branche sciences ex puis sciences math. Il obtient son baccalauréat à 19 ans avec mention assez bien. Durant ses années lycée, il se découvre une nouvelle passion - en plus de l’écriture et de la poésie -, l’informatique et plus particulièrement la programmation. Il apprendra à lire, seul, le langage de programmation sur internet, langage de développement de sites web. Une vocation est née. Il veut absolument intégrer les classes prépas, la faculté de sciences ou le réseau des ENSA (Ecole nationale des sciences appliquées) pour faire de l’informatique. Il est reçu aux classes préparatoires à Errachidia. Une expérience dont il parle avec sérénité. «C’était dur mais je m’étais fixé un objectif, devenir programmeur», indique-t-il.
    Le parcours n’a pas été facile car Amine doit en plus de la charge de travail, des grèves des enseignants, gérer les difficultés liées à son handicap: écriture lente, mauvaise gestion du temps, fatigue mentale. Quand une personne «normale» a besoin entre 6 et 8 heures de sommeil par jour, Amine lui, a besoin de 10 h pour récupérer ses forces. Il avait donc moins de temps pour préparer ses concours. A l’internat, il doit se débrouiller seul: s’habiller seul, ranger sa chambre… Il signale ses problèmes à l’administration. Pour les devoirs surveillés et même les concours (grâce à l’intervention de la Fondation Moulay Youssef), on lui accorde 10 mn de plus à chaque épreuve. Autant de petits gestes qui lui permettront de réaliser ses objectifs.
    Sa situation demande aujourd’hui de l’aide en matière de rééducation. Amine, issue d’une famille très modeste, vit avec une bourse du ministère qui s’élève à 1.300 dh/ trimestre. En plus des soins, il a besoin de beaucoup de vitamines et de magnésium. Mais il essaie de se débrouiller pour arrondir les fins de mois. Il s’est connecté avec des étrangers aux Etats-Unis et en Angleterre et il a pu obtenir des mini-projets. A partir d’applications web prêtes à l’emploi, il est chargé d’ajouter des options ou faire des modifications moyennant rémunération. «Cela me permet de m’entrainer, d’acquérir de l’expérience et de gagner de l’argent de poche». Une vraie leçon de la vie.

    J. K.

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