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    Société

    Les handicapés toujours méprisés

    Par L'Economiste | Edition N°:3608 Le 05/09/2011 | Partager
    Accessibilité, accès à l’emploi, insertion sociale… les revendications
    Beaucoup d’espoir en la nouvelle constitution

    Selon l’enquête nationale de 2006, seuls 22% des personnes handicapées accèdent à un travail et 94% n’ont pas de couverture sociale

    Les personnes à mobilité réduite sont toujours oubliées du développement urbain. De fait, les plans d’urbanisation continuent d’être exécutés dans le total mépris de leurs besoins. L’Amicale marocaine des handicapés (AMH) ne cesse d’interpeller les autorités compétentes. En vain. Au Maroc, plus de 1,5 millions de personnes, dont 230.000 enfants sont concernées par ce problème. Selon Mohamed El Khadiri, président de l’AMH et du Collectif pour la promotion des droits des personnes handicapées, les chiffres doivent être plus importants; cela dépend de la définition que l’on donne à l’handicap. En effet, le chiffre est en contradiction avec celui des Nations-Unis qui parle de 10% de la population mondiale qui a un handicap. L’OMS parle de 15% de la population mondiale. Si on limite le champ, le chiffre sera forcément faussé. L’incontinence peut-elle être considérée comme un handicap? Et où commence la malvoyance? En attendant, il n’existe pas encore de définition universelle de l’handicap. Mais la perception de l’handicap a beaucoup évolué.
    L’handicap a longtemps été considéré comme une déficience propre à la personne. La perception a changé à partir du moment où on a intégré la notion de l’environnement de l’handicapé. Une personne qui évolue dans un environnement favorable peut devenir autonome. L’environnement peut être lui-même un facteur handicapant. «Une simple marche peut créer une difficulté à un handicapé et par conséquent son exclusion», indique El Khadiri.
    Toujours d’après l’enquête nationale de 2006, ce sont seulement 22% des personnes handicapées qui accèdent à un travail, 94% qui n’ont pas de couverture sociale et 72% sont sans instruction. La majeure partie de cette population reste donc exclue de toute activité sociale intégrative. «Les gens ont une vision négative et limitative de l’handicapé, ce dernier ne pouvant être productif. Par conséquent, il est écarté des politiques de développement. On ne va pas s’adresser à l’environnement: à l’école, à l’hôpital, au monde du travail… pour qu’ils soient accessible», fustige El Khadiri.
    L’Amicale Marocaine des Handicapés, créée en 1992 pour réagir contre leurs situations préoccupantes reçoit en moyenne 100 à 120 personnes par jour pour des besoins spécifiques, des soins… La société civile déplore le laisser-aller des services publics qui «doivent les prendre en charge mais ne le font pas et assistent en spectateur à cet état de choses. Pourtant, un fauteuil roulant est un droit et non une faveur ». Le budget de fonctionnement de son centre Noor s’élève à 18 millions de DH par an. C’est dire s’il faut des moyens pour prendre en charge ces personnes.
    La situation est de plus en plus difficile car le modèle d’unité familiale n’est plus aussi actif qu’avant. «L’Etat doit mettre en place une solidarité réelle et active et non des actions de charité. Certaines familles vivent des drames. Si la société n’agit pas, ils sont poussés à la mendicité, la prostitution et à différents trafics», s’indigne le président du Collectif.
    Le projet de loi 62-09 sur le renforcement des droits des personnes en situation de handicap n’a toujours pas vu le jour. Il est passé en conseil du gouvernement mais a été ajourné.
    La société civile porte beaucoup d’espoir en ce texte eu égard à son importance dans la promotion des droits des handicapés et dans le processus d’harmonisation de l’arsenal juridique national avec les normes internationales. Mais elle attend aussi beaucoup de la nouvelle constitution qui aborde le problème de l’handicap notamment dans l’article 34 qui stipule que « les pouvoirs publics élaborent et mettent en œuvre des politiques destinées aux personnes et aux catégories à besoins spécifiques et veiller à réhabiliter et intégrer dans la vie sociale et civile les handicapés physiques… ».
    A rappeler que le Maroc a ratifié la convention internationale des droits des personnes handicapés. Le projet en question consacre plus de droits fondamentaux aux personnes handicapées et institue de nouvelles mesures de protection et de promotion. Mais il demande des engagements financiers : obligation de mettre en place une couverture médicale, avantages fiscaux, accessibilité généralisée… «Nous voulons que la loi soit en conformité avec les dispositions de la convention internationale et avec la nouvelle constitution et que les stratégies de développement soient aussi faites pour les handicapés». En attendant, la société civile ne cesse d’exprimer ses besoins d’être accompagné en termes de RH, de financements, et de contrôle de la qualité de service.

    J. K.

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