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    Economie

    Gestion déléguée de l’eau: La Suisse

    Par L'Economiste | Edition N°:1921 Le 21/12/2004 | Partager

    . Un atelier a réuni à Tanger tous les acteurs liés à la gestion déléguée . Le but de l’exercice est de pister les atouts et les faiblesses de l’entrée du privé dans le domaine Quel futur pour la distribution de l’eau face aux défis du secteur et quelles réponses peut apporter le privé? Telles sont les questions que se pose le gouvernement suisse. Et pour avoir un début de réponse, le Maroc a été choisi avec sept autres pays pour évaluer son expérience dans la gestion déléguée. C’est l’expérience du groupement piloté par Veolia avec les villes de Tanger et Tétouan qui a servi de cas d’école. Cette gestion déléguée a été perçue par la majorité des observateurs comme un exemple de transparence, comparée à celle de Casablanca ou de Rabat dans une moindre mesure. Pour Claude Jamati, consultant, comme dans toute gestion déléguée, il y a un risque. “En Amérique latine, un grand nombre de contrats ont été renégociés avec une chute des investissements à la clé” note Jamati. En effet, selon lui, 75% des contrats en Amérique latine ont été renégociés avant d’avoir bouclé leurs deux premières années. D’où le constat que le recours au privé n’est pas une panacée, mais une “sérieuse” option. D’où aussi l’initiative suisse de mettre en place une “check-list” afin de mieux améliorer la gouvernance de l’eau. Cette liste, validée auprès des intervenants dans différents pays, comporte dix facteurs clés, allant du financement à la conservation de la ressource en passant par l’orientation vers le client. Actuellement, on assiste à une multiplication des acteurs, de nouvelles parties prenantes ont fait leur apparition autour de la table et ont changé le contexte du débat. La “gouvernance” est alors devenue un sujet crucial. “Au départ, l’eau était l’affaire d’ingénieurs, actuellement se sont greffés deux nouveaux acteurs, le secteur privé, mais aussi la société civile”, affirme, de son côté, Fritz Brugger, consultant suisse, d’où la nécessité d’identifier les interactions mais aussi de définir les rôles de chacune des parties afin d’assurer une meilleure gouvernance de l’eau, ressource rare et nécessaire. Un besoin qui se fait tout juste sentir au Maroc.“La gestion déléguée de Tanger et de Tétouan a été octroyée suite à un appel d’offres, le premier qu’ait lancé le Maroc dans ce secteur”, note François de Rochambeau, directeur général d’Amendis. Et malgré quelques couacs lors du démarrage en relation avec la facturation (cf. www.leconomiste.com), l’expérience semble avoir réussi, notent les observateurs. Une appréciation somme toute subjective, car le Maroc n’a pas de référentiel en la matière. “Nous ne pouvons pas dire si la gestion déléguée a été une réussite, car nous manquons d’expérience en la matière”, note un responsable central à l’ONEP. Pour le consultant suisse, “le secteur public est passé d’un fournisseur de services à une entité qui doit contrôler et réguler la fourniture de ce service”. Il s’agirait de remplir le vide en ayant recours à un organisme de régulation, à l’image de l’ANRT dans les télécommunications. Cet organisme aurait la tâche de défendre les intérêts de toutes les parties tout en surveillant le secteur de l’eau. A noter que le cas marocain est riche en enseignements : c’est peut-être l’un des rares pays où la délégation de la gestion se fait au public. En effet, l’ONEP est lui-même gestionnaire délégué dans plus de 300 bourgs. Dans ce cas, il s’agirait d’avancer la discussion vers une harmonisation des contrats de gestion déléguée en matière d’eau.


    L’initiative suisse

    Le gouvernement helvète s’intéresse de très près à l’épineuse question de la gouvernance de l’eau. C’est le secrétariat d’Etat suisse aux Affaires économiques, représenté par l’Agence pour le développement et la coopération suisse, qui a été mandaté pour mener l’opération. Il s’est associé à un opérateur suisse privé, Swiss Re, un assureur helvète. Le partenariat, certes original, a pour objectif de pister les formes d’introduction efficaces du privé dans les activités de développement. Une série de 7 ateliers s’est tenue dans différents pays bénéficiant de conditions spécifiques différentes et complémentaires: il s’agit de Sofia en Bulgarie, La Paz en Bolivie, Nelspruit en Afrique du Sud, Maputo au Mozambique, Dakar au Sénégal et Tanger-Tétouan au Maroc. Le résultat de cette étude fera l’objet d’un document de synthèse qui sera publié au printemps 2005. De notre correspondant, Ali ABJIOU

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