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    Economie

    ALE: Le Maroc rate encore ses rendez-vous

    Par L'Economiste | Edition N°:1907 Le 01/12/2004 | Partager

    . Aucun des accords conclus n’entrera en vigueur le 1er janvier 2005. Ils n’ont même pas encore été discutés en Conseil des ministres. Les textiliens se sont déjà engagés sur la base de ces accordsLe gouvernement pose un lapin de taille aux opérateurs économiques dont les retombées seront lourdes de conséquences. Selon nos informations, les accords de libre-échange que le Maroc a conclus tambour battant avec les Etats-Unis, la Turquie ainsi que l’accord Quadra (Jordanie, Tunisie et Egypte) n’entreront pas en vigueur, comme prévu, le 1er janvier 2005. Si les partenaires ont déjà procédé au travail préliminaire de ratification de ces processus, au Maroc ces accords n’ont même pas encore été discutés en Conseil des ministres. Sachant qu’ils ne pourront être opérationnels qu’à partir du 1er jour du 3e mois après ratification par le Parlement, les industriels marocains doivent s’armer de patience. Pour l’instant, tel que le souligne le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la mise à niveau, l’application de ces accords est reportée à une date ultérieure. “Nous ne pouvons pas nous prononcer sur une date, mais l’entrée en vigueur ne peut être envisageable qu’au cours du premier trimestre 2005”, souligne une responsable au ministère de l’Industrie et du Commerce. Et d’ajouter que “le MCI milite pour faire passer au plus vite possible ces accords au Parlement, avant la fin de l’année”. Ce qui, dans l’état actuel des choses, est loin d’être réalisé.De plus, le seul accord programmé au menu du prochain Conseil des ministres est celui liant le Maroc aux Etats-Unis. En fait, ce dossier devait être discuté le lundi 22 novembre précédant la tournée Royale en Amérique latine. Mais, la réunion, est-il souligné auprès du MCI, a été reportée en raison du calendrier du Souverain. C’est d’ailleurs grâce à cet accord que les deux investissements géants, 1,3 milliard de DH (Tavex et Legler), ont été réalisés au Maroc cette année.Les deux autres accords (ALE Maroc-Turquie et Quadra), quant à eux, sont dans la salle d’attente. Ils doivent patienter pour figurer à l’ordre du jour d’un prochain Conseil des ministres avant d’entamer le périple au sein de la Coupole. Le processus risque d’être très long et la ratification super-retardée. Constat amer pour l’industrie en général et les opérateurs qui ont cru dur comme fer à l’échéance du 1er janvier 2005.“Il n’y a pratiquement aucune chance pour que ces accords entrent en vigueur à la date prévue”, souligne Karim Tazi, président de l’Amith.Du coup les industriels, qui tablaient sur les avantages offerts par ces accords, seront soumis à une rude épreuve en subissant de plein fouet la concurrence asiatique sur leur marché traditionnel, l’Europe. Les textiliens ont largement parié sur l’accord avec la Turquie qui leur permettait d’obtenir un cumul diagonal au niveau de la matière première. En important des fils et tissus à 0% de droits de douane en provenance du pays d’Ataturk, cela leur aurait permis d’être exonérés de droits d’entrée sur le marché européen. Il s’agit, selon Mohamed Tazi, directeur général de l’Amith, “d’une perte de plus de 13% de compétitivité”. Certains industriels se sont même engagés auprès de leurs donneurs d’ordre à partir du 1er janvier 2005. En aucune façon, étant donné que tous les signaux étaient au vert jusqu’en octobre, ils ne s’attendaient à ce que le gouvernement ne tienne pas sa promesse, selon le président de l’Amith. Le 1er janvier 2005, une échéance qui s’annonce houleuse pour cette industrie et ce à plusieurs égards. En premier lieu, l’entrée en vigueur du démantèlement de l’accord multifibres, qui supprime les quotas à l’importation pour les pays industrialisés, se traduira par une véritable déferlante asiatique sur le monde entier. Les Etats-Unis, l’UE et plusieurs autres pays se sont d’ailleurs adressés à l’OMC pour la mise en place éventuelle d’une protection quantitative. Mais là n’est pas le plus grave pour l’industrie du textile-habillement, secteur qui, selon le MCI, sera le premier à souffrir de ces retards.Le 1er janvier 2005, c’est aussi la date à laquelle la deuxième tranche du SMIG (5%) sera appliquée, sans compter la mise en place de l’AMO, qui viendra certainement se greffer à cette structure. Même si cela portera indéniablement les charges sociales du textile à 30%, il s’agit d’une avancée notable si le système mis en place est efficace, selon les responsables de l’Amith. Ce qui enfonce encore plus le clou, souligne le président de l’Amith, c’est l’inertie de la mise à niveau du secteur et surtout le blocage des contrats spéciaux de formation. Depuis l’éclatement du scandale des détournements, tous les dossiers sont en suspens et aucun remboursement n’a encore été effectué. Et pour couronner le tout, la conjoncture internationale est loin d’être favorable aux textiliens particulièrement. La baisse du dollar face à l’euro aggrave leur situation. Le billet vert s’est déprécié de 30% par rapport à la monnaie européenne et pourrait dégringoler davantage. Ce qui signifie une perte de 30% de compétitivité au profit des concurrents. Mais aussi une recrudescence des pays asiatiques, notamment la Chine dont la monnaie (yuan) est fortement arrimée au dollar. Nadia Dref

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