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Elections: Le PJD compte rempiler

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:6040 Le 25/06/2021 | Partager
El Othmani ne réalise pas les frustrations de la population
Il relativise le recul de son syndicat, sans impact sur le parti
L’opposition accusée de confusion
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Pour Saâdeddine El Othmani, personne au PJD ne sait qui sera en course lors des prochaines élections, notamment à cause de la procédure interne pour la désignation des candidats  (Ph. Bziouat)

Si le PJD arrive en 2e position lors des législatives du 8 septembre prochain, sera-t-il prêt à s’allier avec une autre formation qui arrive en tête pour gouverner? Saâdeddine El Othmani a déjà la réponse à cette question qui est dans l’air du temps et qui lui a été posée à l’occasion d’une émission de la radio nationale. «Je ne peux pas vous dire si le PJD reste au gouvernement ou s’il bascule dans l’opposition, car il s’agit d’une affaire du parti», souligne le chef du gouvernement.

En effet, ce n’est pas le secrétaire général, encore moins le secrétariat général de la formation qui tranche dans de pareils dossiers. Cela relève plutôt du conseil national qui devra convoquer une session extraordinaire pour discuter sereinement de cette question, analyser le contexte national… Du coup, l’arbitrage final sera fait selon «les circonstances du moment, mais toutes les possibilités restent ouvertes», a précisé le patron du PJD. Il précise aussi que sa formation est encore capable d’arriver en tête une autre fois.

Pour lui, la démocratie interne dont jouit le parti impose une fermeté sur ces questions. Pour convaincre, il donne l’exemple des candidats pour les prochaines élections qui sont annoncés par des partis, alors qu’au PJD, personne ne sait qui sera en course lors des prochaines élections. Cela vient du fait que le PJD dispose d’une procédure rodée pour la désignation des candidats. Elle commence par les réunions au niveau local avant de passer aux commissions provinciales et régionales et atterrir au secrétariat général. C’est après toutes ces étapes que la formation annoncera les candidatures. «Moi-même, je ne sais pas si je vais me représenter ou non», lâche-t-il.

■ Le patron du PJD relativise la défaite de son bras syndical: Le recul de l’UNMT lors  des dernières élections professionnelles dans le secteur public ne semble pas inquiéter outre mesure Saâdeddine El Othmani. Le chef du gouvernement réfute l’idée qu’il s’agit d’un vote sanctions contre son parti comme le soulignent plusieurs observateurs. Ces derniers considèrent que l’UNMT a subi les conséquences de sa politique dans les secteurs où il a reculé, comme notamment l’enseignement où il n’a pas pu obtenir le seuil de 6% nécessaire pour être un syndicat représentatif qui participe avec les autres aux réunions tripartites dans le cadre du dialogue social. Pour le chef de file du PJD, «c’est une grande exagération. La même chose a été avancée à l’occasion des dernières élections professionnelles de 2015 et avant les élections communales. En plus, beaucoup de choses qui circulent aujourd’hui sont répétées en permanence depuis 25 ans», affirme-t-il. Il attend les résultats définitifs qui seront annoncés dans les prochains jours pour procéder à une évaluation de la situation de manière globale et objective, dit-il, avant de rappeler que le syndicat a progressé dans des secteurs et reculé dans d’autres. Mais il faut surtout éviter de lier ces résultats avec le parti et ses scores à venir. En plus, ces résultats concernent le syndicat et non le parti. Je ne suis pas membre de cette centrale. Un grand nombre d’adhérents de l’UNMT ne sont pas dans le parti, c’est la réalité organisationnelle», précise-t-il. Le chef du gouvernement a ressorti la parade du nouveau quotient électoral: si nous supposons que les conclusions tirées sont exactes, alors pourquoi les 7 autres partis ont-ils apporté le nouveau système de répartition des sièges qui se base sur le nombre des inscrits sur les listes électorales? Et pourquoi ils ont supprimé le seuil dans les élections communales si vraiment le PJD a perdu de sa popularité et que les citoyens ne le supportent plus, a-t-il martelé.

■ Les élections partielles ne sont pas un baromètre de popularité: Depuis 1997, le parti n’a pas gagné dans la plupart des élections partielles, car la mobilisation et la participation sont faibles. Par conséquent, le taux de participation est limité autour de 10%. Dans ces cas, c’est l’argent qui domine, ajoute-t-il. Tout cela pour dire que les élections partielles ne sont pas une preuve de la force d’un parti ou de sa faiblesse.

■ La structure de l’économie revisitée: Selon lui, le HCP est actuellement en train de réviser la structure de l’économie nationale. Car il continue de compter le PIB sur la base d’un système de références des anciens secteurs qui n’ont pas été réactualisés. En effet, de nouveaux secteurs producteurs sont apparus sans qu’ils ne soient intégrés dans ce système et qui ne sont pas pris en compte. «Quand la nouvelle structure de l’économie nationale sortira, nous allons trouver que le PIB est bien supérieur au niveau actuel. J’ai fait des réunions avec ses experts sur ce sujet», affirme-t-il.

■ Le PJD touché par la transhumance. Plusieurs membres du parti, parfois des élus, ont claqué la porte pour aller vers d’autres formations, particulièrement le RNI. Pour Saâdeddine El Othmani, les personnes qui veulent changer d’appartenance sont libres de le faire.  Par contre, ceux qui pronostiquent des scissions au sein du PJD seront déçus. Car le nombre de démissions est très limité et ne représente que 0,01% des adhérents du parti.

El Othmani s’en prend à l’opposition

Le SG du PJD a accusé l’opposition de faire preuve de confusion. Face aux succès et au bilan honorable du gouvernement, elle ne sait plus comment se comporter. Car plusieurs de ses composantes ont participé aux gouvernements précédents et, à ce titre, elles assument une part de responsabilité. Le chef du gouvernement est revenu sur l’épisode du projet de loi relatif à la légalisation du cannabis pour usage médicinal. En effet, le patron du PAM avait annoncé que si le groupe parlementaire du PJD votait contre le texte, l’opposition présentera une motion de censure contre le gouvernement. «Elle n’a pas été capable de le faire. Finalement, elle s’est rétractée pour se contenter à demander au chef du gouvernement de venir au Parlement présenter son bilan», rappelle-t-il. Elle ne l’a pas fait et a attendu que «je prenne l’initiative pour demander au président de la Chambre des représentants et celui des conseillers pour que le Parlement se réunisse pour que je puisse présenter le bilan du gouvernement».

M.C

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