×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Le coût social des violences aux femmes

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5893 Le 27/11/2020 | Partager
Dégâts psychologiques, absentéisme, perte de revenus…
Isolement et chagrin, crises d’angoisse, énurésie et régression scolaire, les répercussions sur les enfants

Les violences faites aux femmes ont un coût social. En plus des dégâts psychologiques sur les victimes et les enfants, elles ont un impact direct sur l’activité socioprofessionnelle: absentéisme, baisse du rendement et de la productivité, pertes de revenus… Le Haut-Commissariat au plan a procédé à l’analyse du coût social de ce phénomène auprès des filles et femmes âgées de 15 à 74 ans ayant déclaré avoir eu des expériences de violence physique et/ou sexuelle au cours des 12 derniers mois.  

violences-aux-femmes-093.jpg

En plus des problèmes psychologiques, les victimes souffrent de blessures et déchirures au niveau des organes génitaux (13,6%), d’hémorragies (11,7%) ainsi que de maladies sexuellement transmissibles (9%)

Les résultats de l’étude montrent l’ampleur des dégâts. Dans le cadre conjugal, 25% parmi les victimes de la violence physique et 10% parmi les victimes de violence sexuelle ont souffert de blessures et/ou de problèmes psychologiques. Les troubles d’ordre psychologique sont révélés par plus de 6% des victimes de violence physique et 79% des personnes ayant subi des violences sexuelles. La nervosité, la frustration,  l’anxiété, les troubles du sommeil et une sensation de fatigue permanente constituent les conséquences psychologiques les plus courantes.

Les violences subies dans les espaces publics ont aussi des répercussions d’ordre psychologique: 34,3% pour les victimes de violence physique et 79,1% pour celles qui ont subi des agressions sexuelles. Elles présentent aussi de multiples problèmes d’ordre physique, dont des ecchymoses et égratignures.

Ces blessures et problèmes psychologiques se répercutent sur les activités socioprofessionnelles. Une des conséquences est l’absentéisme du travail de la victime ou de son conjoint agresseur. Ce qui  se traduit par des pertes de revenus pour le ménage et un manque de productivité pour la société. «Une femme violentée active occupée perd en moyenne 14 jours de travail par an suite à l’incident de violence physique le plus grave subi au cours des 12 derniers mois», souligne le HCP. Il relève aussi que «l’absentéisme au travail chez les actives occupées victimes de la violence physique dans l’espace public est un phénomène assez fréquent (29,8%). Le nombre moyen de jours de travail perdus est de 8 jours par an par victime active occupée».

violences-aux-femmes-2-093.jpg

Suite à l’incident de violence physique le plus grave vécu au cours des 12 derniers mois, 52,2% des femmes présentent des égratignures et ecchymoses  et  11,2% des entorses et dislocations

Les effets directs de la violence vécue dans le cadre de l’exercice d’une activité professionnelle sont également importants et vont au-delà de l’absentéisme. Ils se font ressentir négativement sur le rendement des victimes et leur engagement socioprofessionnel (changement ou abandon d’emploi) ainsi que leur bien-être psychologique et social et celui de leur entourage. Plus de la moitié des victimes de violence physique et/ou sexuelle dans le cadre de l’exercice de leur activité professionnelle déclarent une diminution de leur rendement au travail (53%). Environ 40% de femmes ont dû changer d’emploi alors que 7% des victimes ont quitté le marché du travail.

Les violences faites aux femmes dans le cadre conjugal perturbent le rythme de leur vie et leur famille: 16% quittent le domicile conjugal suite à l’incident de violence physique le plus grave et 3,5% suite à celui de violence sexuelle. Elles recourent aux parents ou à la famille proche pour s’héberger. Ce qui n’affecte pas seulement  la stabilité du foyer, importante  pour le développement psychosocial des enfants et leur bien-être, mais aussi celle des personnes et familles auxquelles les victimes ont eu recours comme source de soutien informel.

                                                                      

«16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre»

Comme chaque année, la campagne mondiale des «16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre» a lieu entre le 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et le 10 décembre, journée internationale des droits humains.
Organisée depuis 2008 à l’appel du Secrétaire général des Nations Unies, la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes et aux filles constitue un appel à la mobilisation générale, selon le communiqué d'ONU Femmes. Eu égard à la crise sanitaire mondiale, le thème de mobilisation pour l’édition 2020 de la campagne est «Vulnérabilité Aggravée et Accentuée des Femmes en Temps de Crise». La thématique s’inscrit ainsi dans le cadre des engagements internationaux du Maroc, récemment réitérés par la Déclaration lancée par le Royaume du Maroc avec d’autres États membres en appui à l’appel du SG de l'ONU concernant la violence faite aux femmes et la Covid-19. Menée sous le hashtag officiel #Démasquons_la_violence, l’édition 2020 a pour objectif de révéler et d’interroger l’impact de la Covid-19 sur différents groupes de femmes particulièrement vulnérables à des formes intersectionnelles d’inégalité et de discrimination. En raison de la situation sanitaire exceptionnelle, elle sera exclusivement médiatique et digitale.
De même, l’opération «Oranger le Monde» sera renouvelée et connaîtra la participation de nouveaux partenaires. Pour rappel, cette action consiste à illuminer des édifices emblématiques et des monuments en orange partout dans le monde afin de sensibiliser l’opinion publique sur le phénomène de la violence vécue par les femmes. Cette année, au Maroc, la Direction générale de la Sûreté nationale, le Parlement, le Pont Mohammed VI à haubans, la gare de Rabat-Agdal et le Musée Mohammed VI d'art Moderne et contemporain, entre autres, s’illumineront en orange, pour marquer l’engagement de ces institutions pour l’élimination d’urgence de la violence contre les femmes et les filles.

Khadija MASMOUDI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc