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International

Des élections américaines sur fond de récession mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:5877 Le 03/11/2020 | Partager
Donald Trump et Joe Biden sur scène
Le vote anticipé bat tous les records

A la veille de l'élection présidentielle américaine, Donald Trump a jeté, hier lundi 2 novembre, toutes ses forces dans la bataille avec l’espoir de faire mentir les sondages qui placent son rival démocrate Joe Biden en position de favori. Si la course entre les deux camps est serrée le jour du scrutin présidentiel, le 3 novembre, beaucoup s'attendent à ce que la bataille aille jusqu'à la Cour suprême.

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Les Américains vont décider s’ils réélisent le président Donald Trump ou soutiennent le démocrate Joe Biden. Les élections se tiennent dans un contexte de pandémie et au moment où de nouvelles aides aux ménages et entreprises sont nécessaires pour donner un coup de fouet à la croissance (Ph. AFP)

Les estimations montrent que davantage d'électeurs démocrates que de républicains sont susceptibles de voter par correspondance. Il n’est plus à rappeler que ces élections se tiennent dans un contexte de crise mondiale accentuée par la pandémie du Covid-19.

«Nous allons gagner quatre ans de plus dans notre magnifique Maison Blanche!», a lancé Trump. Au programme de son dernier jour de campagne: cinq meetings, dans quatre Etats (Caroline du Nord, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin) avec un dernier acte à Grand Rapids (Michigan). Singularité du système américain: «ce sont les grands électeurs, et non le vote populaire, qui font l'élection». En 2016, Donald Trump avait recueilli près de trois millions de voix de moins qu'Hillary Clinton, mais avait remporté la majorité des 538 grands électeurs.

Un mois après son infection au Covid-19 et plusieurs meetings de campagne, le président américain ne montre aucun signe de fatigue, bien au contraire. Il sillonne le pays depuis plus d'une semaine, passant, de fait, très peu de temps à Washington. Lors de son ultime meeting dimanche soir, à Opa-Locka, en Floride, il a une nouvelle fois estimé que les démocrates parlaient trop du Covid-19, qui a fait plus de 230.000 morts aux Etats-Unis. Interrogé sur les spéculations dans les médias concernant la possibilité qu'il se déclare vainqueur mardi soir si les résultats sont indécis, Donald Trump a catégoriquement démenti. «Non, non, c'est une fausse information», a-t-il affirmé à sa descente d'Air Force One en Caroline du Nord. «Dès que l'élection sera terminée, nos avocats seront prêts», a-t-il cependant pris soin d'ajouter, laissant entrevoir la possibilité d'une longue bataille judiciaire.

«Ma réponse est que le président ne va pas voler cette élection», a de son côté affirmé Joe Biden. Agé de 77 ans, ce dernier se concentre lui essentiellement sur la Pennsylvanie, qu'il espère faire basculer pour s'ouvrir les portes de la Maison-Blanche.

«Encore deux jours! Dans deux jours, nous mettrons fin à cette présidence qui a divisé notre pays», a-t-il lancé dimanche depuis Philadelphie. «La dernière fois (en 2016), Donald Trump a gagné la Pennsylvanie avec une avance de seulement 44.000 voix (sur un total de plus de 6 millions de voix)», a-t-il rappelé. Donc, «chaque vote compte!».

Après les tragédies familiales, deux premières tentatives présidentielles ratées et une campagne bouleversée par la pandémie, Joe Biden espère avoir convaincu les Américains de «le voir en rassembleur face à un Donald Trump qui divise».

Jusqu'aux derniers instants, le septuagénaire sera resté fidèle au message qu'il avait proclamé en annonçant sa candidature, en avril 2019: «Nous sommes engagés dans une lutte pour l'âme de l'Amérique». Joe Biden avait encaissé trois premiers échecs, avant de remporter une large majorité en Caroline du Sud grâce aux suffrages des électeurs afro-américains, pierre angulaire pour tout démocrate briguant la Maison-Blanche.

L'atmosphère de la soirée électorale dépendra largement de l'ordre dans lequel les Etats-clés basculeront d'un côté ou de l'autre. Une victoire de Joe Biden en Floride, où les résultats pourraient être annoncés assez tôt, pourrait mettre rapidement fin au suspense de la soirée électorale. Les deux candidats septuagénaires sont au coude-à-coude dans ce grand Etat du Sud-Est.

Plus de 93 millions d'Américains ont déjà voté à la présidentielle, laissant présager d'une participation record. Près de 230 millions d'Américains sont invités à voter pour la présidentielle, scrutin souvent marqué par une importante abstention. Mais l'élection de cette année pourrait enregistrer une forte participation. Le vote anticipé a déjà battu des records, de nombreux électeurs préférant glisser leur bulletin en avance dans l'urne pour éviter les foules le jour de l'élection, en pleine pandémie.  Quelque 138 millions d'Américains avaient voté en 2016.

D’autre part, les sommes levées et dépensées par les équipes de campagne ont pulvérisé des records lors de cette élection. Près de 6,6 milliards de dollars ont été déboursés par les candidats à la présidentielle, soit 2 milliards de plus que lors du duel Clinton-Trump, selon une étude du Center for responsive politics.

L'équipe de campagne de Joe Biden, qui a inondé les Etats-clés d'annonces publicitaires, est en tête des dépenses. Au total, plus de 14 milliards de dollars ont été dépensés pour l'ensemble des scrutins du 3 novembre, dont plus de 7 milliards de dollars pour des sièges au Congrès.

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Quatre ans de Trump: Quel bilan?

Donald Trump martèle qu'aucun gouvernement américain n'a réussi à faire autant de choses que le sien dans un premier mandat. Voici son bilan:

■ L'Amérique d'abord: Ce slogan nationaliste de Donald Trump s'est notamment traduit par l'imposition de mesures protectionnistes. Quand Trump s'est attaqué à la question du déséquilibre commercial entre les Etats-Unis et la Chine, même certains critiques du président ont salué sa détermination. Mais, malgré les efforts du président républicain pour bâtir une relation privilégiée avec son homologue chinois Xi Jinping, les résultats (un accord commercial de phase un) apparaissent mitigés, voire inaboutis. Pékin a bien augmenté ses achats de produits agro-alimentaires américains. Mais la hausse très importante des taxes sur les produits chinois importés s'est révélée douloureuse pour les entreprises aux Etats-Unis. Et les tarifs chinois pris en représailles sur des productions agricoles comme le bourbon ont forcé le gouvernement américain à verser à ses agriculteurs des millions de dollars d'aide. Le déficit commercial américain a atteint 577 milliards l'an dernier, en hausse de plus de 100 milliards par rapport à la dernière année du mandat de Barack Obama.

■ «Construisons le mur»: C’est la formule qui a contribué à l'élection de Donald Trump. Ses électeurs affichant leur exaspération face aux entrées illégales de migrants hispaniques à la frontière sud du pays, longue de plus de 3.000 kilomètres. Le président l'a-t-il construit? Réponse: en partie. Selon la police fédérale aux frontières, environ 600 kilomètres de mur ont été terminés, en plusieurs portions. Mais une bonne partie de ces réalisations sont en fait soit des réparations, soit des ajouts à des clôtures déjà existantes. Par ailleurs, les interpellations de migrants sans papiers sont en hausse et les admissions de réfugiés sont en baisse. Enfin, le Mexique n'a jamais payé pour le mur, contrairement à ce qu'avait promis Trump.

■ Terminer les guerres: Donald Trump avait promis de retirer les forces américaines des théâtres de conflits lointains et meurtriers, des guerres selon lui «stupides». Y est-il parvenu? Réponse: oui et non. L'Amérique ne s'est pas engagée dans de nouvelles guerres, une éventualité que beaucoup redoutaient. Après une escalade verbale préliminaire, le rapprochement tenté par Trump avec le leader nord-coréen Kim Jong Un s'est traduit par des rencontres pleines d'intensité et une certaine détente.  Mais l'essentiel (une renonciation de Pyongyang à l'arme atomique) n'a pas été atteint. Le retrait des soldats américains d'Afghanistan semble possible après des négociations de paix en cours entre les rebelles talibans et les autorités de Kaboul. Mais les militaires américains sont toujours en Irak. A l'actif de Donald Trump, il faut inscrire les pays arabes qui ont annoncé depuis août une normalisation de leurs relations avec Israël: Emirats arabes unis, Bahreïn et Soudan.

■ Juges: Selon Trump, le rôle le plus important à assumer pour un président est de nommer à vie les juges fédéraux. Sur ce point, l'ex-magnat des affaires peut se targuer d'avoir réussi un bilan enviable par ses rivaux démocrates. Grâce à la célérité des élus républicains au Sénat, Trump a nommé 24% des juges actuellement en activité, selon l'institut Pew Research. Le président a nommé trois magistrats à la Cour suprême, la dernière, Amy Coney Barrett, ayant été confirmée récemment, cimentant l'institution dans le conservatisme possiblement pour des décennies.

                                                                      

Croissance, chômage…

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«La plus grande économie de l'Histoire», c'est l'argument numéro un brandi par Donald Trump pour exiger quatre ans de plus à la Maison-Blanche. La bourse a atteint des sommets et est bien repartie après avoir dévissé au début de la pandémie du coronavirus. Mais le taux de croissance le plus fort des années Trump, autour de 3%, est dans la lignée des résultats enregistrés sous Barack Obama, sans niveau historique. Le taux de chômage a atteint en décembre 2019 un plus bas depuis un demi-siècle, à 3,5%. Mais avec la crise sanitaire des millions d'Américains ont depuis perdu leur emploi. Les Etats-Unis ont annoncé une hausse record de leur PIB au troisième trimestre, à 33,1% en rythme annualisé. Cela représente toutefois seulement 7,4% par rapport au trimestre précédent, selon le calcul privilégié par les autres économies avancées. Cette hausse a seulement permis de rattraper partiellement la chute historique du deuxième trimestre, et l'économie reste loin de ses niveaux d'avant-crise. Et pour parler économie, les dirigeants de la Banque centrale américaine (Fed) se retrouveront pour leur réunion monétaire, après la nuit électorale. C'est sur les outils qu'elle peut encore déployer pour aider la première économie du monde à traverser la crise provoquée par Covid-19, qu'elle se penchera.

F.Z. T. avec agences

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