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Economie

Le torchon brûle entre routiers et ADM

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5782 Le 15/06/2020 | Partager
A l’origine de la passe d’armes, une hausse de 10% du péage
El Othmani interpellé, mardi 16 juin, par les Conseillers de la CGEM
Un collectif d’usagers compte ester en justice

Rien ne va plus entre la société Autoroutes du Maroc (ADM) et ses usagers. L’établissement public ayant décidé de changer radicalement sa politique tarifaire. Après les particuliers en avril dernier (voir encadré), ce sont les transporteurs professionnels qui ont eu la désagréable surprise de voir leur carte prépayée «Flexible» désactivée, depuis lundi 8 juin.

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Autoroutes du Maroc devrait opter pour le yield management en pratiquant un tarif nocturne pour soulager les routes nationales et secondaires (Ph. L’Economiste)

Impossible de la recharger. Le seul moyen pour utiliser le réseau autoroutier reste désormais le pass Jawaz. Ce qui se traduit par la suppression de manière unilatérale d’une ristourne de 10% qui était accordée aux routiers. Pour récupérer cet avantage, ces derniers se sont entretenus avec la direction générale d’Autoroutes du Maroc afin de faire revenir la société sur sa décision, mais rien n’y fait. ADM est passé à l’acte au grand dam des transporteurs qui ne comptent pas rester les bras croisés. La première initiative, a été de saisir le ministre du Transport. Une démarche restée jusqu’à présent sans succès.

Les professionnels ont décidé d’interpeller Chakib Alj, président de la CGEM, au sujet de «l’impact négatif» qu’aura cette décision sur la logistique et par conséquent, le consommateur final. Ils demandent au patron des patrons de prendre position auprès des ministères concernés, notamment le département de l’Intérieur pour que les avantages qui étaient portés par la carte prépayée soient transférés sur le pass Jawaz «en conservant exactement les mêmes acquis qu’auparavant». La tension ne cesse de croître chez les transporteurs qui s’estiment mal récompensés après avoir assuré l’approvisionnement des marchés dans les quatre coins du pays pendant la pandémie du coronavirus.

«Nous avons été surpris par la décision d’ADM qui intervient au moment où la profession croyait que la société allait tenir ses promesses de baisse du tarif de passage entre 20h et 6h afin d’encourager les routiers à utiliser l’autoroute la nuit où il y a moins de trafic et d’éviter l’usure du réseau de routes nationales», explique un transporteur.

La hausse de 10% du tarif du péage pour les routiers étonne la profession, elle qui croyait qu’une réduction de 50% du tarif de nuit allait lui être accordée après de laborieuses négociations. Elle ne compte pas lâcher prise. Selon nos informations, le chef du gouvernement sera officiellement saisi, demain mardi 16 juin, par le groupe parlementaire de la CGEM au cours de la séance hebdomadaire sur les politiques publiques. S’ils n’obtiennent pas gain de cause, les transporteurs menacent de bloquer les autoroutes dès le lendemain.

                                                                             

Et le droit acquis?

Dès le mois d’avril, les usagers particuliers ont été surpris de constater que le solde restant sur leur carte «Fréquence» a été transféré de manière unilatérale sur le pass Jawaz. Le changement est de taille puisque le tarif du péage va du simple au triple. Si les frais d’abonnement via Fréquence étaient fixés à 120 DH pour les usagers empruntant l’autoroute menant vers l’aéroport Mohammed V de Casablanca, à raison de 3,50 DH par passage, avec le pass Jawaz, le tarif revient à 380 DH.

Une hausse vertigineuse qui intervient au plus fort de la pandémie du coronavirus, période où des milliers de salariés ont vu leurs revenus rabotés par leurs employeurs. Les usagers qui ont protesté ont reçu un mail, affirmant qu’une «réponse globale sera communiquée dans le cadre d’un programme de fidélisation». La nouvelle offre «devait apporter un ensemble d’avantages qui répondent à vos besoins suivant votre utilisation».

La majorité des usagers sont maintenant obligés de contourner le poste du péage en faisant des détours via la route nationale, avec tout ce que cela représente comme risques d’accident aux heures de pointe. Un collectif d’usagers voulait porter intenter un procès contre ADM, sauf que pendant l’état d’urgence, aucun nouveau procès ne peut être intenté. Il faudra donc attendre la rentrée judiciaire en septembre prochain.

Selon Me Younes Anibar, avocat d’affaires, «une action en justice est justifiée par le fait qu’une partie ne peut abolir de manière unilatérale un droit acquis, et de surcroît depuis plusieurs années. Ce qui impacte lourdement le budget des utilisateurs». Les usagers sont convaincus du bien-fondé de leur grief d’autant que la société ADM gère un monopole.

Hassan EL ARIF

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