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Economie

Les auto-écoles reprennent la route

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5782 Le 15/06/2020 | Partager
Le cahier des charges relatif à la sécurité enfin assoupli
27.000 candidats en attente de leur permis de conduire
Grosse inquiétude sur la qualité de la formation suspendue depuis mars

Les milliers de candidats qui trépignaient pour décrocher le permis de conduire peuvent enfin soupirer. Les auto-écoles ont été autorisées à rouvrir ce lundi 15 juin, après trois mois de fermeture. Mais l’interface avec l’Agence nationale de la sécurité routière (Narsa) ne sera réactivée que mercredi 17 juin.

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  En raison de la suspension des cours théoriques et pratiques, les candidats devraient  reprendre leur formation pour passer les examens à partir du 29 juin

Après de laborieuses négociations, Narsa a assoupli le protocole sanitaire de prévention contre le Covid-19. Certaines règles de sécurité sont «dispendieuses et irréalistes» et pouvaient ne jamais être mises en œuvre, déclare Mustapha Raki, secrétaire général de la Fédération de l’enseignement de la conduite: «Nous sommes évidemment pour les gestes barrières pour protéger aussi bien le personnel que les apprenants tels que la désinfection des véhicules, des locaux, la distanciation physique, l’utilisation de masques et de visières, mais notre situation financière après trois mois d’inactivité ne nous permet pas d’investir dans des équipements coûteux tels que l’achat d’un thermomètre infrarouge pour mesurer la température des salariés».

D’aucuns pourraient se demander- et c’est une question de bon sens- pourquoi la prise de température, par exemple, devrait être limitée aux seuls salariés des auto-écoles et ne serait pas étendue aux candidats. Au terme de la réunion du samedi 13 juin entre les associations et l’agence de sécurité routière, le thermomètre est devenu facultatif.

Mais la mesure la plus décriée par les opérateurs concerne l’obligation d’installer une cloison en verre à l’intérieur des véhicules afin d’éviter la proximité entre les candidats et les moniteurs. Or, toute transformation de structure est interdite une fois qu’un véhicule est homologué car cela met en péril ses éléments de sécurité. Là encore, l’agence s’est montrée souple.

«Outre son coût et sa pertinence douteuse, la cloison serait dangereuse car elle empêcherait le moniteur d’intervenir rapidement en cas de mauvaise manœuvre du candidat. Un risque courant déjà depuis 2016, année de la suppression du double volant dans les voitures des auto-écoles», prévient le secrétaire général de la Fédération.

Un autre argument met en doute la pertinence d’une cloison dans les voitures concerne l’exonération des taxis - grands et petits- de cette même condition pour transporter des centaines de milliers de passagers par jour. Pourtant, certains de ces passagers s’assoient aux côtés du chauffeur.

Les propriétaires d’auto-écoles proposent l’utilisation de masques, de visières, de gants, sans oublier la désinfection des véhicules à chaque utilisation et la distanciation physique des candidats.

Outre les considérations de sécurité, la reprise de l’enseignement de la conduite a été retardée par le désaccord entre Narsa et les professionnels autour de la gestion du passif. Ce dernier s’élève actuellement à un peu moins de 27.000 candidats (Voir tableau).

Tout ce beau monde a arrêté sa formation depuis le 19 mars. Ce qui signifie qu’ils devraient reprendre leurs cours pour combler les lacunes car, au bout d’une semaine, beaucoup de candidats ne se rappellent plus de ce qu’ils ont appris tant sur le plan de la théorie que de la conduite.

L’accord qui a été trouvé entre l’Agence nationale de la sécurité routière et les organisations professionnelles porte sur une révision générale avant d’inscrire les candidats à l’examen à partir du 16 juillet. Sauf que si certains propriétaires d’auto-écoles ne comptent pas facturer de frais supplémentaires, d’autres n’hésiteront pas à demander une rallonge.

Une activité au bord de la faillite

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Les points de discorde sont légion. La situation de blocage pénalise les candidats parce qu’il faut apurer le passif pour accueillir une nouvelle clientèle, mais aussi et surtout les auto-écoles. En raison de l’impact économique de la crise sanitaire, les propriétaires vivent actuellement une situation dramatique. Certains se sont retrouvés obligés de céder une voiture de leur flotte pour subvenir à leurs besoins. D’autres ont dépensé les frais de dossier qui s’élèvent à 700 DH ou de la formation. A noter que certains candidats se sont déjà acquittés de la totalité des frais. Depuis le mois de mars, les charges s’amoncellent inexorablement : loyer, assurance, factures d’électricité et d’eau, internet, téléphone… En somme, un secteur sinistré qui se relèvera difficilement de la crise parce qu’il a été laissé pour compte par les ministres qui se sont relayés à la tête du département de tutelle depuis des années. Selon les statistiques de la Fédération, il existerait environ 5.000 auto-écoles, employant 9.000 moniteurs.

Hassan EL ARIF

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