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Economie

Médecins et ingénieurs s’allient

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5772 Le 01/06/2020 | Partager
Conception et test de systèmes respiratoires et de composants imprimés en 3D
Montage de formations aussi
L’ENSAM Casablanca souhaite mettre son ingénierie au service de la santé
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Les tests cliniques du respirateur développé par l’IRESEN (Institut de recherche en énergie solaire et en énergies nouvelles), en collaboration avec plusieurs partenaires (deux écoles d’ingénieurs: l’ENSET de Rabat et l’ESSTI, la plateforme de test Energy Park et les startups eDEEP / eSMART) ont commencé la semaine dernière. 80% des composants sont de fabrication locale (Ph. Iresen)

Même avec les meilleurs systèmes de santé, de nombreux pays se sont retrouvés en pénurie de respirateurs et d’équipements médicaux pour faire face à la crise pandémique. La question de l’autosuffisance ne s’est jamais autant posée.

Au Maroc, dès les premières semaines de la crise, la communauté scientifique a fait preuve d’une mobilisation exceptionnelle. Ecoles d’ingénieurs, universités et fondations de R&D se sont engagées dans des projets de conception d’équipements de protection personnelle, de produits de désinfection, et surtout, de respirateurs. Cela n’a pas été évident en raison du manque de pièces et composants, dû à la fermeture des commerces et à l’arrêt des importations. Seule option disponible: l’impression 3D.

Des professeurs de médecine ont également rejoint cet élan d’inventivité, afin de participer au test et à la validation des équipements produits. «Des binômes entre médecins anesthésistes-réanimateurs et imprimeurs 3D se sont formés dans une douzaine de villes», relève Mamoun Faroudy, professeur d’anesthésie-réanimation, chef du service de la réanimation des urgences chirurgicales et responsable de la réanimation Covid-19 à l’hôpital Ibn Sina de Rabat.

Il intervenait récemment à Casablanca, à l’occasion du e-forum ENSAM Casablanca-entreprises. Mamoun Faroudy, un passionné d’ingénierie, est impliqué dans plusieurs projets, y compris avec l’ENSAM Casablanca, où il est également associé au montage d’une nouvelle filière en bio engineering.
L’ENSAM Casablanca (Université Hassan II) prévoit, d’ailleurs, de mettre son ingénierie au service de la santé.

A la Fondation de R&D et d’innovation en sciences et ingénierie (FRDISI), les tests d’un respirateur artificiel intelligent (voir L’Economiste N°5756 du 7 mai 2020) sont dirigés par un professeur d’anesthésie-réanimation et médecine d’urgence au sein de l’hôpital d’application de l’université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS), Khalid El Yamani. Pour son masque filtrant l’air expiré par les malades du Covid-19, la FRDISI a également pu compter sur l’assistance d’un médecin militaire, Mohamed Farik.  

Au-delà de leur engagement en première ligne pour sauver les patients atteints du Covid-19, des médecins s’engagent aussi dans la recherche et l’ingénierie. Un engagement à pérenniser, absolument.

                                                                                

Une industrie locale de respirateurs?

Plusieurs modèles de respirateurs ont été élaborés localement depuis le déclenchement de la crise: celui du ministère de l’Industrie avec plusieurs partenaires, dont l’université Mohammed VI Polytechnique, l’INPT et la fondation Mascir, ou encore, ceux de la fondation FRDISI avec l’UM6SS et de l’IRESEN, dont les essais cliniques sont en cours, pour ne citer que ceux là. Cela dit, le Maroc est-il capable de monter toute une industrie de respirateurs?

«Nous médecins, nous avons constaté que nous disposons de très bons ingénieurs, avec des compétences excessivement élevées dans des domaines divers, comme l’informatique, le design, l’impression 3D, la conception de cartes électroniques, métallurgie… Nous possédons un potentiel énorme», relève Mamoun Faroudy, chef du service de la réanimation des urgences chirurgicales à l’hôpital Ibn Sina de Rabat.

Pour lui, le Maroc a tout ce qu’il faut pour fabriquer des machines «fiables», qu’elles soient basiques ou complexes. «Notre industrie peut également élaborer des composants. Il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas concevoir une valve, un capteur de pression ou une carte Bluetooth», insiste Faroudy. «Cependant, seule une poignée de pays fabriquent du matériel de respiration artificielle de manière régulière et reconnue. Rejoindre ce club fermé prendra du temps», poursuit-il.

En effet, étant sur «la courbe d’apprentissage» depuis des décennies (les marques allemandes et américaines ont démarré au début des années 50), il serait difficile de rattraper leur avance technologique en peu de temps. Difficile, mais pas impossible.

Ahlam NAZIH

 

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