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Economie

APSB: «La capacité de la bourse à mobiliser l’épargne est très grande»

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5771 Le 29/05/2020 | Partager
Et si la relance de l’économie se faisait via le marché boursier
Les propositions des professionnels pour soulager le système bancaire
La réforme de la bourse est en phase finale
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Rachid Outariatte est depuis mai 2016, le président de l’Association professionnelle des Sociétés de Bourse. Il est également le directeur général de CDG Capital Bourse et ce depuis plus de 12 ans. Pur produit de l’ISCAE, Outariatte est titulaire d’un DESS de l’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers puis d’un MBA à l’Ecole nationale des ponts et chaussées (Ph. DR)

- L’Economiste: Quel est l’impact chiffré de ce plan de relance de la bourse?
- Rachid Outariatte:
En premier lieu, Je me permets de préciser qu’il s’agit d’un plan de relance PAR la bourse et non pas un plan de relance DE la bourse. Les principaux objectifs sont i/ le financement du Trésor et des grands projets d’infrastructures ; ii/ l’accompagnement des sociétés marocaines, particulièrement les PME; iii/ le maintien, voire le développement de l’emploi afin d’améliorer le pouvoir d’achat et donc la demande intérieure, et iv/ la mobilisation de l’épargne nationale et des marocains du monde.
La forte conviction de l’APSB est que la bourse a un rôle fondamental dans l’atteinte de ses objectifs. Nous pensons que la bourse est un excellent levier qui doit fonctionner en complément, et en parfaite coordination, avec le système bancaire. L’un alimente l’autre. En effet, la bourse permet une plus grande transparence, une meilleure gouvernance et un renforcement des fonds propres des sociétés, ce qui permet aux banques d’accompagner la croissance desdites entreprises avec une plus grande sérénité et avec des niveaux d’engagement plus importants. Le marché financier, la bourse dans le cas d’espèce, et le système bancaire constituent les revers de la même médaille.
Dans le contexte exceptionnel actuel, il est fondamental d’activer et de booster, les différents canaux disponibles.        
Pour revenir à votre question, l’APSB a entamé avec son partenaire OFinance une mise à jour de son étude stratégique, mais les priorités ont changé pour s’adapter aux besoins critiques du moment. Donc, nous n’avons pas encore d’impact chiffré. Toutefois, il nous paraît important de préciser que la capacité de la bourse à mobiliser l’épargne est très grande, que ce soit sous forme d’equity ou de dette.   

- Ces propositions paraissent prometteuses. Qu’en est-il de leur mise en œuvre?
- Certes les propositions sont prometteuses et surtout réalistes. Comme toutes mesures importantes, certaines seront relativement simples à déployer et d’autres nécessiteront une implication plus importante en terme de temps et de gestion. Par exemple, le lancement par le Trésor de «bons grands publics» défiscalisés est très simple. Il s’agit de capter de l’épargne qui aujourd’hui n’est pas entièrement dans les circuits. L’intérêt de passer par la bourse est d’assurer une plus grande liquidité et accessibilité aux petits porteurs (notamment via les plateformes de bourse en ligne). Il n’y a donc aucun préalable ou prérequis, à part la décision stratégique de les lancer. De même pour les «bons de privatisation». Le financement des projets d’infrastructures est un peu moins simple, mais tout à fait faisable sur du court terme. Le principal prérequis existe, à savoir un compartiment «investisseurs qualifiés» qui est parfaitement opérationnel au niveau de la bourse. Le processus d’introduction est parfaitement huilé et il peut être accéléré dans un cadre de «fast-track» pour des projets stratégiques pour le pays.
Par contre, la création des fonds pour financer les PME est plus compliquée mais tout à fait faisable dans des délais relativement courts. Et ce grâce à la mobilisation des différentes parties prenantes. A ce stade il est important de signaler qu’un comité de place, piloté par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) en collaboration avec la CGEM, et regroupant les différentes associations professionnelles a déjà entamé ses travaux pour justement apporter des solutions de financement des entreprises.
Notre Royaume a très bien géré la crise, maintenant il s’agit de gérer intelligemment la reprise pour que cette crise sanitaire ne se transforme en une crise économique longue et profonde. Notre pays dispose des fondamentaux nécessaires, et avec un bon travail de structuration et de collaboration, nous pensons à l’APSB que le challenge peut être relevé et que nous nous en sortirons tous renforcés.

- La réforme de la bourse semble toujours bloquée or l’instauration de ses propositions y est étroitement liée?
- La réforme de la bourse est en phase finale et plusieurs mesures structurantes ont été réalisées. Je me permets de rappeler que le nouveau règlement général est une réalité. Il donne une grande indépendance et souplesse de gestion à la SBVC qui a mis en place le marché alternatif, le compartiment investisseur qualifié, la cotation des OPC... Le marché à terme et la chambre de compensation sont en cours de développement. Par ailleurs, la Bourse pourrait certainement vous apporter des éléments supplémentaires.
Le préalable à l’instauration d’une bonne partie de nos propositions existe. Ceci étant, pour que d’autres propositions soient efficaces, il y a des  réformes à compléter rapidement. Je pense à la loi sur les OPCVM, ce qui permettra la cotation des fonds..., l’amendement de la loi sur le Prêt Emprunt de Titres, qui apportera une plus grande efficience du marché et de nouvelles opportunités pour les investisseurs et la réforme fiscale à compléter. Il y a aussi la cotation des bons du Trésor et le sujet de la courbe des taux à traiter...
Eu égard aux enjeux actuels et surtout à l’état d’avancement des différents chantiers, nous croyons fermement que la réforme du marché peut être finalisée très rapidement. La solidité, sur le court terme, et la réussite et la pérennité, sur du moyen terme, du plan de relance en dépendent.

Les introductions en Bourse, un préalable de la relance

Les introductions en bourse sont certes un élément essentiel des propositions de l’APSB. L’intérêt étant d’assurer une relance durable. «Nous estimons qu’une restructuration des PME, via des fonds publics et/ou privés, avec une garantie partielle de la CCG, aura plus de chance de réussite et à moindre risque pour les investisseurs, si les fonds en question sont cotés et surtout si en contrepartie de cette injection de new money, les entreprises ciblées s’engagent à se faire coter», confie Outariatte. Il assure que «la capacité du marché à accompagner les entreprises privées et publiques est importante». Le marché est, pour lui, «d’un grand support/complément à la capacité très importante et fortement sollicitée du système bancaire»
Le président de l’APSB estime que la réussite du plan est aussi liée à la mobilisation de l’épargne. «A ce titre, nous espérons pouvoir compléter la réforme, entamée en 2020, du PEA par des avantages à l’entrée. Nous estimons que cette mesure n’aura qu’un impact marginal sur le budget de l’Etat».

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

 

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