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Economie

Le secteur des assurances fait grise mine

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5756 Le 07/05/2020 | Partager
Chute de 13% des primes au mois de mars
Le chiffre d’affaires du pre­mier trimestre croîtrait de 1,1% seulement
Baisse de 25% de la collecte nette en assurance-vie

Le secteur des assurances encaisse à son tour les effets de la crise sanitaire. Durant le mois de mars, les primes émises par les compagnies ont reculé de 13%. Elles se sont établies à 3 milliards de DH contre 3,5 milliards une année auparavant. «Le recul du chiffre d’affaires était prévisible. A partir du mois d’avril, la situa­tion risque d’être pire», redoute un opérateur.

Même si le premier trimestre pourrait être sauvé par le bon com­portement du mois de janvier, le chiffre d’affaires du secteur n’at­teindra pas les niveaux habituels. «Globalement, il y a une légère hausse de 1,1% des primes au 1er trimestre de l’année 2020, et ce même si durant le mois de mars les chiffres provisoires font ressortir une baisse aussi bien en assurance-vie qu’en assurance non-vie. C’est le mois de janvier qui a sauvé le trimestre avec une croissance de 17,4%», soulignent des opérateurs.

L’assurance-vie et capitalisation, le moteur du secteur au cours des dernières années, est en retrait pour le deuxième mois consécutif. Le chiffre d’affaires de cette branche a baissé de 17,3%. C’est l’épargne en particulier qui a pris un rude coup: -31,8% passant à 957,7 millions à fin mars contre 1,4 milliard com­parativement à la même période de l’année dernière.

Cette branche est la première à subir les effets de la situation économique avec la baisse, voire l’arrêt de l’activité pour de nombreuses entreprises. Des opérateurs avancent même avoir détecté un mouvement de ra­chat des contrats d’épargne depuis le début de la crise: «Ce n’est pas très significatif et ce malgré la mise en oeuvre du confinement sanitaire avec les conséquences écono­miques qui en découlent. Toutefois, si l’on compare le 1er trimestre 2019 avec le 1er trimestre 2020, on observe en assurance-vie une baisse de la collecte nette (primes émises moins les rachats) de près de 25%», assure-t-on auprès du secteur.

Dans la non-vie, les primes émises ont chuté de 9,1% sous l’ef­fet notamment du retrait de 33% de la garantie accidents corporels et de 46,3% de l’accident du travail et des maladies professionnels. Le chiffre d’affaires automobile a cédé 10,4%. Par rapport à cette garantie, le secteur des assurances a accordé un délai supplémentaire pour le re­nouvellement des contrats qui arri­vaient à échéances entre le 20 mars et le 30 avril. De leur côté, l’as­sistance-crédit-caution et le risque technique ont respectivement chuté de 28,5% et de 46,5%.

Ceci étant, le secteur est confronté à un «effondrement des encaissements». L’ampleur du phénomène n’est pas encore éva­luée mais globalement une série de mesures est prise pour garantir le bon fonctionnement du secteur et prévenir d’éventuelles turbulences de nature à fragiliser la solvabilité des compagnies d’assurances.

L’au­torité de contrôle des assurances a notamment assoupli les provisions sur primes et cotisations impayées. Il s’agit en particulier des primes émises entre le 1er octobre 2019 et le 31 décembre 2020. La provision est fixée à 50% pour les primes ou cotisations impayées 12 mois après la date de leur émission et à 100% pour celles qui demeurent impayées 18 mois après. Pour les autres impayés, le lissage des effets de la circulaire sur les années 2020 et 2021 est décalé à 2021 et 2022.

Difficile d’établir des prévisions

«Il est difficile à ce stade de se hasarder dans des projec­tions tant que plusieurs facteurs exogènes liés notamment à la sortie de crise et à la reprise de l’activité économique ne sont pas connus». Mais pour des opérateurs, la crise actuelle affectera négativement les entreprises d’assurances en 2020, tout comme elle affecte plusieurs autres pans de l’économie nationale, en rai­son du ralentissement ou de l’arrêt de plusieurs secteurs d’acti­vités. Pour eux, la baisse du marché financier qui, si elle persiste, pèsera sur les actifs des entreprises d’assurances. A ce niveau une série de mesures d’accompagnement est mise en place par l’ACAPS, notamment celles assouplissant, à titre provisoire, les règles prudentielles.
Le seuil de déclenchement de la provision pour dépréciation durable (PDD) a ainsi été relevé de 25% à 30% alors que le cours de référence que les compagnies doivent prendre en compte est la moyenne des cours sur les six derniers mois au lieu de la moyenne sur les trois derniers mois. L’autorité de contrôle a éga­lement consenti à l’étalement sur deux exercices de la dotation à constater cette année au titre de la provision pour risque d’exigi­bilité. Cette provision est constituée en cas de déséquilibre global des portefeuilles de placements.

Khadija MASMOUDI

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