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Economie

Un respirateur marocain intelligent arrive!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5756 Le 07/05/2020 | Partager
Un brevet déposé par la fondation FRDISI et Cosumar qui a financé le prototype
Des tests cliniques démarrent incessamment à l’hôpital de l’UM6SS
Une industrialisation en vue
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Ce prototype de respirateur intelligent made in Morocco comporte une unité de génération de gaz respiratoire, une unité sensorielle et une interface intelligente. Il est également doté de régulateurs de pression et de débit d’air, d’un mélangeur de gaz, d’un masque étanche et de filtres bactériens, ainsi que d’une alarme se déclenchant si les valeurs dépassent les limites préréglées. Tous les paramètres peuvent être contrôlés et gérés par les médecins à distance (Ph. FRDISI)

L’ingénierie marocaine n’a jamais autant brillé que depuis le déclenchement de la crise du Covid-19. Après quelque quatre modèles innovants de masques, la Fondation de R&D et d’innovation en sciences et ingénierie (FRDISI) revient avec un nouveau projet.

Cette fois-ci, la fondation lance un respirateur intelligent, baptisé «Dispositif médical intelligent distribué de respiration artificielle à modes multiples», SIRCOS. Le prototype, financé par Cosumar, a été développé en partenariat avec l’hôpital d’application de l’Université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS). Un brevet a été déposé il y a une semaine à l’OMPIC, par la Fondation et Cosumar.

L’originalité du respirateur made in Morocco? Ses trois modes de ventilation: contrôlée (volume et pression de l’air), assistée (avec une aide inspiratoire) ou les deux, avec la possibilité de jongler entre les modes. Grâce à cet appareil, le médecin peut surveiller à distance l’ensemble des paramètres avec des données et courbes détaillant l’état du patient en temps réel. Il a aussi la possibilité de procéder à des réglages à distance. En rentrant les informations de ses malades, il peut garder et analyser leur historique. En cas de problème, des alertes sont envoyées sur son smartphone. Il peut ainsi gagner en temps, en efficacité et en énergie.

Des négociations sont d’ores et déjà en cours de finalisation avec un industriel, afin de fabriquer et commercialiser le modèle le plus rapidement possible. L’idée est de concevoir un dispositif performant, mais également accessible, pouvant servir à l’ensemble des malades souffrant de difficultés respiratoires.

Les chercheurs de la FRDISI sont actuellement en train d’achever les tests en laboratoire, en coordination avec une équipe de médecins de l’hôpital de l’UM6SS qui suit toutes les étapes, dirigée par Pr. Khalid El Yamani, spécialiste en anesthésie, réanimation et médecine d’urgence, et un médecin au service de santé militaire des Forces armées royales.

Les tests cliniques commencent incessamment à l’hôpital de l’UM6SS. Le processus de validation pourrait prendre quelques semaines. «L’université possède des simulateurs du corps humain. Les tests pourront ainsi démarrer sur des robots avant d’expérimenter le dispositif chez des patients», précise Hicham Medromi, directeur de la FRDISI, pilote du projet, également enseignant-chercheur à l’ENSEM (dont il est ex directeur).

La fondation travaille en parallèle sur d’autres projets, comme un testeur du Covid-19, ou encore, des drones à utiliser pour gérer la pandémie.

Recherche: Pandémie ou pas, le privé doit y croire!

«AU Maroc, nous disposons des compétences qu’il faut, et nous pouvons concevoir beaucoup de produits et équipements localement. Mais les entreprises doivent investir plus dans la recherche. Il ne faut pas attendre des pandémies ou des crises pour le faire», souligne Hicham Medromi. Pour ses initiatives depuis le déclenchement de la crise, la fondation peut compter sur le soutien de partenaires comme Cosumar, qui l’accompagne depuis près de trois ans, et Vivo Energy. Toutefois, plus d’entreprises et d’industries doivent croire en le potentiel de la recherche et de l’ingénierie marocaine. Autrement, impossible de faire décoller la R&D. L’Etat seul ne peut pas mobiliser suffisamment de ressources financières. Néanmoins, l’Exécutif a le pouvoir de donner un sérieux coup de pouce au secteur, en simplifiant les procédures administratives pour les programmes de recherche (autorisations, procédures d’importation de pièces et matériels, procédures de déblocage de financements publics…), et en offrant des exonérations fiscales. Il devrait, également, encourager et valoriser les chercheurs. «Seul un quart des chercheurs marocains est réellement actif. C’est un véritable gâchis», regrette Medromi.

Ahlam NAZIH

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