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Economie

Coronavirus - FMI: La région Mena face à un double choc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5728 Le 27/03/2020 | Partager
Pandémie de Covid-19, chute des prix du pétrole…
Les cours ont baissé de plus de 50% depuis le début de la crise sanitaire
Plans de sauvetage pour éviter une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d'entreprises
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Déprimés par l'impact de l'épidémie du coronavirus sur la demande ainsi que par la guerre des prix entre Riyad et Moscou, les cours du pétrole sont en chute libre (avec même un baril autour de 25 dollars)

Baisse de la demande intérieure et extérieure, réduction des échanges commerciaux, perturbation de la production, repli de la confiance des consommateurs et durcissement des conditions financières… Les répercussions du coronavirus (Covid-19) et la chute des prix du pétrole au Moyen-Orient, dans le Caucase et en Asie centrale ont été considérables et pourraient s'intensifier.

«La tâche s'annonce particulièrement ardue pour les pays fragiles et ceux déchirés par des conflits (Irak, Soudan et Yémen…)», déplore Jihad Azour(1) directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI).  Il serait encore plus difficile de préparer des systèmes de santé fragiles à l'épidémie en cas de réduction des importations due aux perturbations du commerce mondial, du fait des pénuries de fournitures médicales et d'autres biens et de la hausse sensible des prix qui en découlerait.

Au-delà de ses effets dévastateurs sur la santé humaine, la pandémie provoque de graves turbulences économiques dans la région en étant à l'origine de chocs simultanés. Plusieurs secteurs clés comme le tourisme, l'hôtellerie et le commerce sont extrêmement touchés (le Maroc n’est pas épargné).

Les pays exportateurs de pétrole de la région subissent le choc de la chute des cours du pétrole. Les restrictions de voyage imposées à la suite de la crise de santé publique ont réduit la demande mondiale de pétrole. Et, faute d'un nouvel accord de production entre les pays membres de l'Opep+, l'offre de pétrole est devenue excessive. Les cours du pétrole ont ainsi chuté de plus de 50% depuis le début de la crise sanitaire.

Quant aux pays importateurs de pétrole de la région (dont le Maroc), ils seront probablement touchés par des effets secondaires. Ceci notamment à travers la diminution des envois de fonds et la baisse de la demande de biens et de services dans le reste de la région.

La très forte aversion pour le risque à l'échelle mondiale et la fuite des capitaux vers des actifs sûrs ont entraîné une baisse des flux d’investissements de portefeuille vers la région d'environ 1 milliard de dollars depuis la mi-février, avec des sorties de capitaux massives ces dernières semaines.

Les cours des actions ont chuté et les écarts de rendement des obligations ont augmenté. Un tel resserrement des conditions financières pourrait constituer une difficulté majeure. Et ce, compte tenu des 35 milliards de dollars de dette souveraine extérieure qui, selon les estimations, arriveront à échéance en 2020 dans la région.

Dans ce contexte difficile, il faudrait s’attendre à un fort ralentissement de sa croissance cette année. Avant la crise du coronavirus, le FMI avait déjà réduit ses projections pour la région Mena en raison de la faiblesse des prix du pétrole, des troubles politiques dans certains pays ou encore des sanctions américaines contre l'Iran. Ces dernières années, la croissance annuelle a oscillé autour de 1% en moyenne.

Les autorités ne devraient pas lésiner sur les dépenses pour s'assurer que les systèmes de santé et les dispositifs de protection sociale sont suffisamment armés pour répondre aux besoins de leur population, même dans les pays où les budgets sont déjà restreints, recommande la FMI. Il est préconisé aussi de mettre rapidement en place des plans de sauvetage afin d'éviter une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d'entreprises.

Les priorités

«D'autres pays, en particulier les pays importateurs de pétrole de la région, disposent d'une marge de manœuvre plus réduite», estime Jihad Azour. La baisse des recettes résultant de la diminution des importations, conjuguée à des dépenses supplémentaires visant à atténuer les effets de la pandémie, devrait creuser les déficits budgétaires. Comme des dépenses de santé bien ciblées ne doivent pas être sacrifiées, ces pays importateurs de pétrole, en raison de leur dette très élevée, ne disposeront pas des ressources nécessaires pour répondre de manière adéquate au ralentissement économique généralisé. Ils devraient donc s'efforcer de trouver un équilibre entre l'assouplissement des conditions de crédit et la nécessité d'éviter la vulnérabilité aux sorties de capitaux. Et permettre, si possible, au taux de change d'amortir certains des chocs. Des besoins de financement considérables devraient se faire sentir dans certains pays. A noter que le FMI a approuvé un plan d'aide à la Jordanie d'environ 1,3 milliard de dollars, rendu encore plus urgent par la pandémie de Covid-19.

F. Z. T.

 

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