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Bachelor: «Il faut permettre aux écoles de choisir»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5695 Le 11/02/2020 | Partager
S’arrimer sur le modèle des facultés ne devrait pas être obli­gatoire
Matières par module, spécia­lisation, stages…, des points à revoir dans le projet
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Moulay Ahmed Lamrani, président national de la Conférence des grandes écoles, égale­ment président de HEEC Marrakech: «Le passage du LMD au bachelor sera difficile à réaliser. Cependant, la véritable question est la capacité de ce diplôme à apporter des solu­tions aux problèmes posés. A savoir: les compétences acquises par les lauréats et le profil de sortie de l’étudiant» (Ph. A.L.)

- L’Economiste: Pensez-vous qu’il soit opportun de lancer le bachelor cette année?
- Moulay Ahmed Lamrani:
Ce pro­jet devrait être compris dans son contexte global. Il s’inscrit dans le cadre d’une ré­vision du système dans sa totalité, depuis le primaire jusqu’au supérieur. Il inter­vient également à l’heure d’une réorien­tation, avec un nouveau modèle de déve­loppement. Enfin, il répond à la nécessité de l’internationalisation de l’éducation. Nous sommes donc dans un changement de paradigme général. Le passage du LMD au bachelor sera difficile à réaliser. Cependant, la véritable question est la ca­pacité de ce diplôme à apporter des solu­tions aux problèmes posés. A savoir: les compétences acquises par les étudiants, et le profil de sortie des lauréats. Ce sont là les plus gros problèmes de notre système. Avec le bachelor, assurera-t-on les condi­tions permettant de produire un profil de lauréat différent de celui formé jusqu’ici, capable d’intégrer le monde du travail? Pour le privé, les nouveautés du bachelor existent déjà dans nos écoles.

- Mais avec des diplômes de 3 ans…
- Oui, mais en termes de contenu, nos écoles enseignent déjà les soft skills, le développement personnel, assurent une ouverture sur le monde de l’entreprise à travers des stages, des études de cas… Nous disposons déjà d’une assise qui correspond à ce qui sera adopté, sauf qu’il sera question d’une année supplé­mentaire. Doit-on appliquer la réforme cette année ou pas? Difficile à dire. Les enseignants du public ont déjà annoncé la couleur. Ils comptent opposer leur refus s’ils ne sont pas consultés. Nous aussi, nous aimerions l’être pour la pré­paration de ce projet. Et s’il s’agit d’une stratégie globale intégrée, nous ferons avec.

- Quel impact aurait la réforme sur le privé?
- L’impact serait très mitigé. D’abord, nous sommes en manque d’enseignants qualifiés dans les différentes spécialités, et particulièrement dans les soft skills et les langues. Ensuite, dans ce projet, plusieurs éléments mériteraient d’être revus. Les mo­dules d’approfondissement des langues, par exemple, au nombre de six sur quatre ans ne sont pas suffisants. Pour leur part, les modules des matières disciplinaires sont noyés dans l’ensemble du cursus. Ils ne permettront pas une vraie spécialisation, surtout pour les écoles de management. Il faudrait également plus de flexibilité dans le canevas pédagogique. Nous ne pouvons nous limiter à une matière par module comme cela est prévu. Deux ou trois sont nécessaires pour permettre aux étudiants de travailler plus de contenu et de compen­ser entre les matières. Le schéma proposé est restrictif par rapport au passé où nous disposions de la liberté de rajouter autant de matières que nous le souhaitions, afin d’enrichir la formation. Le bachelor se limite à quatre matières de spécialisation par semestre, or c’est insuffisant. Il prévoit, en outre, un seul stage durant les quatre ans, alors que nous en programmons dans toutes les années de formation.

- Faudrait-il rendre le système op­tionnel?
- C’est un point important. Il serait préférable de permettre aux écoles pri­vées de choisir entre le système de la fa­culté et celui des grandes écoles, comme les ENCG qui possèdent un diplôme de grande école, un bac+5, sans diplôme intermédiaire.
Autre proposition, selon le projet, la spécialisation démarre au 7e semestre, nous proposons qu’elle intervienne dès le cinquième, pour permettre à l’étudiant d’acquérir toutes les compétences d’une filière. Il faudrait aussi permettre la colla­boration entre écoles privées et universi­tés publiques dans le cadre de PPP. Pour le moment, ceci est réservé aux universi­tés privées. Enfin, il est nécessaire d’inté­grer la formation par alternance et le e-learning, et d’ouvrir l’accès aux étudiants justifiant d’une expérience, en validant leurs acquis professionnels.

Intégrer de la «vraie» formation à distance

OUI, les MOOC (Massive Open Online Courses) ont fait leur entrée au Maroc depuis quelques années déjà. Les universités publiques en ont déve­loppé pas mal. «Cependant, ces contenus en ligne permettent simplement aux étudiants de réviser des cours qu’ils n’ont pas réussi à assimiler, ce n’est pas de la vraie formation à distance», estime Moulay Ahmed Lamrani. «Les universités américaines et anglaises, par exemple, travaillent énormément avec des étudiants à l’échelle mondiale grâce à un système de formation à distance, avec des diplômes et certificats à la clé. Au Maroc, ce n’est pas encore le cas», poursuit-il. Pour lui, la réforme est justement l’occasion de concevoir des formations en mode e-learning à l’instar des pratiques inter­nationales. Ceci ouvrirait à la fois aux étudiants et aux établissements de nouvelles opportunités.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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