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    Economie

    Marché du travail: Plein emploi dans la campagne, «plein chômage» en ville

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5459 Le 22/02/2019 | Partager
    Un tiers d’actifs occupés relève des indépendants
    Le chômage s’aggrave toujours parmi les jeunes et les diplômés
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    Peu de changement dans la cartographie du marché du travail en 2018. Avec un taux de chômage de 3,5%, le monde rural est économiquement en situation de plein emploi. Avec paradoxalement la persistance de la pauvreté.  En milieu urbain, le taux de chômage est 4 fois plus élevé à 14,2%.

    La situation en ville renseigne mieux sur les difficultés du marché du travail, le phénomène du chômage étant essentiellement polarisé sur les centres urbains. 

    La cartographie du marché du travail élaborée par le HCP renseigne sur l’ampleur des défis à relever. La population âgée de 15 ans et plus totalise 25,95 millions de personnes dont 11,98 millions d’actifs. Sur ce chiffre, 10,82 millions occupent un emploi. Alors que près de 14 millions de personnes se trouvent hors marché du travail. (Voir infographie ci-contre). Aussi faut-il s’attendre, sur le moyen terme, à l’arrivée massive de chercheurs d’emploi.En 2018, le taux d’activité s’est ainsi établi à 46,2%, avec des disparités selon les milieux, l’âge et la qualification. Les 15-24 ans ainsi que les diplômés restent les plus exclus du marché. (Voir info).   

    Des disparités existent également au niveau des agglomérations. Les taux d’emploi les plus élevés sont observés dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab (64,3%), de Marrakech-Safi (45,2%) et de Casablanca-Settat (44,5%). En revanche, les régions de Guelmim-Oued Noun, Laayoune-Sakia El Hamra et de l’Oriental enregistrent les taux les plus bas: 35% en moyenne.

    Par secteurs d’activité, les services arrivent en tête avec 42,4% d’actifs occupés (4,6 millions de personnes). Ils sont suivis par l’agriculture et la pêche: 3,8 millions, alors que l’industrie et le BTP, autrefois gros pourvoyeurs d’emplois n’en totalisent que 2,3 millions.

    Près des deux tiers (64,4%) des actifs occupés citadins travaillent dans le secteur des services et près d’un travailleur sur cinq (17,9%) dans l’industrie y compris l’artisanat. En milieu rural, près des trois quarts (72%) des actifs occupés exercent dans l’agriculture, la forêt et pêche. Bien évidemment, c’est le secteur privé qui fournit le plus de postes de travail. Au niveau national, 9 actifs occupés sur 10 travaillent dans le secteur privé, 97,1% en milieu rural et 84,4% en milieu urbain.

    taux_demploi_059.jpg

    En 2018, le taux d’emploi a atteint 41,7% au niveau national (35,9% en milieu urbain et 52% en milieu rural), 65% parmi les hommes et 19% parmi les femmes. Il est de 57,8% pour la tranche d’âge 35-44 ans et de 20,2% pour celle de 15 à 24 ans

    Les ouvriers de l’agriculture et de la pêche arrivent au premier rang avec 43% des postes contre 3,1% dans les villes. Les cadres supérieurs et les professions libérales ainsi que les corps législatifs, élus et responsables hiérarchiques  affichent les proportions les plus faibles: entre 0,7 et 3,8% des actifs occupés.

    Mais dans tous les cas, l’emploi reste l’apanage des actifs peu qualifiés. 6 employés sur 10 n’ont pas de diplôme, soit 6,25 millions de personnes. Alors que près du tiers ont un diplôme de niveau moyen et seulement 13,6% des actifs occupés disposent d’un diplôme de niveau supérieur.
    L’écrasante majorité des non-diplômés (82,2%) se trouvent dans les activités primaires. Le BTP en concentre 62,1%, les services 40% et l’industrie 46,1%.

    Selon le statut professionnel, près des trois quarts (72,2%) des indépendants ne disposent d’aucun diplôme, 23,6% ont un diplôme de niveau moyen et seulement 4,2% un diplôme de niveau supérieur. 

    Par ailleurs, l’emploi précaire et non rémunéré continue de prospérer. Il concerne un actif occupé sur six. Surtout dans le monde rural et parmi les femmes où il s’établit à 40%. Les jeunes de moins de 25 ans ne sont pas non plus mieux lotis. Ils dépassent la proportion féminine et sont talonnés par les non diplômés qui exercent également des emplois non rémunérés. Ce type d’occupation prolifère dans les campagnes et dans une moindre mesure dans l’activité artisanale.

    Faible protection de l’emploi

    Un peu plus d’un actif occupé sur 4  bénéficie d’une couverture médicale liée à l’emploi (38% dans les villes et 11,4% dans la campagne). Le fait de disposer d’un diplôme augmente les chances d’accéder à un emploi assurant une couverture médicale. La part des actifs occupés affiliés à un système de couverture médicale augmente, ainsi, avec le niveau de diplôme, passant de 14,6% parmi les non diplômés à 73,4% des diplômes de niveau supérieur.
    L’industrie enregistre le taux d’affiliation le plus élevé (43%). Elle est suivie des services (37,9%), des BTP (15%) et de l’agriculture et pêche (9,4%).
    Près d’un actif occupé sur 5 est couvert par un système de retraite, avec une prédominance en milieu urbain: 31,3%.  Le taux de couverture par un système de retraite est presque de même niveau aussi bien parmi les hommes que les femmes.

    3,3 millions d’indépendants

    Avec 3,3 millions de personnes, les travailleurs indépendants représentent  30,3% de l’ensemble des actifs occupés. Cette proportion  passe à 35% dans le monde rural. Et plus de la moitié est âgée de 45 ans et plus.
    Les secteurs qui drainent le plus les indépendants sont les services,  l’agriculture  et la pêche. Ils concentrent 85% de l’ensemble de cette population. Avec une préférence pour le petit commerce. Selon les milieux de résidence, les ¾ des indépendants exercent dans le monde rural, alliant activités agricoles et non agricoles, alors que les citadins sont surtout tournés vers les services.

    A.G

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