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    Economie

    Placements: Osez le dollar!

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5440 Le 28/01/2019 | Partager
    Pour trouver du rendement, la zone euro reste peu attractive
    Les conseils de gestionnaires d’actifs basés à Luxembourg et Miami
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    La tension restera forte sur les marchés sur fond de crainte sur la croissance mondiale et du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Par ailleurs, l’environnement de taux bas continue de pénaliser l’épargne dans la zone euro. Pour les particuliers en quête de rendement et qui investissent à l’étranger, il y a un intérêt à sonder les opportunités sur le marché américain bien plus attractif actuellement (Ph. DR)

    Après une baisse violente des Bourses occidentales en fin 2018, ponctuant une année bien déprimante, les stratèges ne sont pas très optimistes sur l'issue de cette nouvelle cuvée. Les craintes sur la croissance mondiale et les risques géopolitiques liées notamment à la bagarre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis vont continuer d'agiter les marchés en 2019.

    «Les chances de gains sur les marchés actions sont plus élevées lorsqu'on se positionne sur un horizon long», rappelle tout de même Benjamin Benedetto, gestionnaire d’actifs basé à Luxembourg (Almagest Wealth Management. Voir aussi interview), devant un auditoire de banquiers privés, d'experts-comptables et de particuliers détenant des actifs financiers à l'étranger lors d’une rencontre à Casablanca sur la gestion des actifs financiers à l’étranger(1).

    L’exposition des Marocains à l’étranger serait évaluée à 28 milliards de DH. Ce montant correspond uniquement aux avoirs financiers, immobiliers et liquides déclarés dans le cadre de la contribution libératoire. La répartition par catégorie est à peu près équivalente avec 9,9 milliards de DH d’actifs financiers et 9,6 milliards de biens immeubles.

    Le reliquat est composé d’avoirs liquides (8,4 milliards de DH). L’Europe est le premier destinataire des capitaux de ces particuliers. Or, placer son argent à court terme dans cette région protège à peine contre l’inflation. Sous l’impulsion de la Banque centrale européenne, les taux de référence sont à des niveaux bas historiques.

    Le taux interbancaire est négatif depuis quelques années. Pour les investisseurs, cela se traduit par une érosion des rendements. Bank Al-Maghrib par exemple subit cette conjoncture puisqu'elle place une partie importante des réserves de changes auprès de la BCE.

    Pour allier sécurité du placement et rendement, il faudra peut-être s’intéresser davantage aux marchés d’autres régions. «Sur les cinq dernières années, les actifs monétaires n'étaient pas à prendre en compte dans un portefeuille parce qu'ils ne rapportaient rien. Aujourd'hui, la rémunération est de 2,25% aux Etats-Unis et on peut envisager mettre une petite pondération là-dessus», conseille Ygal Cohen, président ASG Capital, société de gestion d'actifs basée à Miami.

    Ce spécialiste du marché obligataire américain voit aussi un avantage à s’intéresser à ce compartiment. D’abord parce que le différentiel de taux est plus attractif dans la zone dollar.

    En outre, «le cycle de normalisation des taux d'intérêt a démarré depuis un moment aux Etats-Unis alors qu’on n’y est pas encore en Europe. Le risque de remontée des taux d'intérêt dans cette région est donc bien supérieur qu'il ne l'est aux Etats-Unis. Cela peut engendrer un risque de valorisation sur les actifs obligataires en euro lorsqu'on est détenteur d'un portefeuille obligataire dans cette devise».

    Par ailleurs, l’attractivité de la fiscalité est un aspect à prendre en compte pour les placements aux Etats-Unis.

    De façon générale, la profondeur des marchés et la pluralité de l’offre ouvrent différentes options aux investisseurs particuliers selon leur aversion au risque et l’affectation du capital constitué. Ceci dit, il faudra être vigilant avant de s’embarquer dans les produits structurés.

    «Lorsque les taux d’intérêt sont élevés, il y a un intérêt à avoir des produits structurés en portefeuille. Par contre, cela est moins opportun lorsqu’ils sont bas. Vous ne ferez qu’enrichir votre banquier», conseille un spécialiste.

    Dans le doute, le client est coupable!

    Au-delà du suivi du comportement des marchés, la veille réglementaire est devenue incontournable. Elle permet de connaître tous les nouveaux textes et ceux à venir. Ce travail facilitera le dialogue avec le banquier. La multiplication des règles depuis la crise de 2008, notamment celles portant sur la connaissance du client et les échanges de données transnationales, rend les banquiers plus méfiants. «Dans le doute, le client est coupable», relève l’un d’entre eux. Les banques s’exposent à des sanctions lourdes en cas de non-respect des nouvelles exigences. Conséquence, nombre d’entre elles ont remercié des clients ces dernières années ou ferment la porte à d’autres pour s’adapter.
    Par ailleurs, l’implémentation de toutes ces nouvelles règles a un coût qui sera au final supporté par le client.

    F.Fa

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    (1) Rencontre organisée par le cabinet Maghreb Consulting

     

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