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    International

    Reconnaissance des qualifications: Les migrants y ont droit

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
    Ils sont nombreux à être surqualifiés pour l’emploi qu’ils occupent
    L’Unesco dresse l’état des lieux

    Plus d’un tiers des immigrants ayant un haut niveau d’instruction sont surqualifiés pour l’emploi qu’ils occupent, contre un quart parmi le reste de la population. C’est ce que montre un nouveau document d’orientation intitulé «Quel gâchis: assurer la reconnaissance des qualifications et des acquis antérieurs des réfugiés et des migrants». Il est produit par l’équipe du Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’Unesco et publié à l’occasion de la Journée internationale des migrants (18 décembre 2018).

    La majorité des Africains subsahariens émigrent dans la région, mais peinent à faire reconnaître leurs qualifications. Par exemple, la Convention d’Addis de 2014 établirait des moyens de reconnaître les études, les certificats, les diplômes et les autres titres universitaires des migrants, mais pour entrer en vigueur, elle a besoin de dix pays signataires.

    En décembre 2018, seuls six pays l’avaient ratifiée: le Congo, Djibouti, la Gambie, Maurice, le Sénégal et le Togo. Un appel a été lancé aux pays pour qu’ils s’engagent envers «la reconnaissance des qualifications des réfugiés et des rapatriés», lors de la réunion ministérielle régionale tenue en décembre à Addis-Abeba par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Il existe plusieurs conventions et textes de loi destinés à y remédier, mais la plupart se heurtent à des difficultés.

    De tels systèmes de reconnaissance des qualifications et des acquis sont importants pour les migrants. Plus de 4 millions de migrants d’Afrique subsaharienne vivent en Europe. Parmi ces derniers, un immigrant sur huit cite l’impossibilité de faire reconnaître ses qualifications comme la principale difficulté rencontrée, bien avant la méconnaissance de la langue, les discriminations, ou les restrictions en matière de visas.

    «Les réfugiés ont encore moins de chances d’avoir avec eux des documents attestant leurs qualifications», indique Manos Antoninis, directeur du rapport mondial de suivi sur l’éducation. «Lorsque vous fuyez un conflit, emporter vos diplômes n’est pas la première chose qui vous vient à l’esprit. Les systèmes de reconnaissance doivent donc être plus simples et réduire le nombre de démarches administratives demandées aux réfugiés», dit-il.

    Selon les estimations publiées dans le document, dans les pays de l’OCDE, seules 30% des titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur délivré en dehors de l’Europe ou de l’Amérique du Nord occupent un emploi hautement qualifié. Moins de 15% d’entre eux estiment que leur emploi est en adéquation avec leur niveau d’instruction. Le document cite en particulier le cas des États-Unis, où il y aurait environ 1,22 million de migrants subsahariens.

    Dans ce pays, près d’un immigrant sur quatre possédant un diplôme d’études post-secondaires se retrouve avec un emploi peu qualifié ou sans emploi. Cela représente chaque année un manque de 39 milliards de dollars en termes de rémunérations et une perte de 10,2 milliards de dollars de recettes fiscales.

    F. Z. T.

     

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