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    Fête du Trône/Benjelloun-Touimi: Notre stratégie continentale porte ses fruits

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
    En 10 ans, les actifs de BMCE Bank of Africa en Afrique subsaharienne ont plus que triplé
    Les efforts seront concentrés sur les marchés rentables
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    Brahim Benjelloun-Touimi,  administrateur-directeur général exécutif du groupe BMCE Bank of Africa 

    - L'Economiste: Quelle analyse faites-vous de vos activités sur le continent? 
    - Brahim Benjelloun-Touimi:
    Elle est foncièrement positive, en dépit de certains signes qui pourraient indiquer des éléments d’incertitude ou des risques croissants sur le continent. En effet, la volonté des actionnaires, portée par le président Othman Benjelloun, est que l’Afrique est la frontière naturelle de développement. Cette volonté et cette conviction s’inscrivent en parfaite harmonie avec la Vision royale. Elles envisagent la création de valeur - tant économique que sociétale - au profit de l’ensemble des parties prenantes, nos actionnaires, nos clientèles diversifiées, les autorités publiques nationales et locales issues des régions dans lesquelles notre groupe est présent.
     En ligne de mire prévaut la volonté de contribuer à intensifier l’engagement du secteur bancaire africain à l’égard de création d’emplois, notamment en faveur d’une jeunesse grandissante, exigeante et avide de connaissances en ce siècle de globalisation. Notre stratégie «africaine» porte ses fruits. Les actifs en Afrique subsaharienne, essentiellement matérialisés par notre réseau Bank of Africa, ont plus que triplé en 10 ans, progressant de 2,3 milliards d’euros en 2008 à 7,7 milliards  à fin 2017, tandis que le nombre d’agences bancaires, au sud du Sahara, s’élève désormais à plus de 600, trois fois plus qu'en 2008, contribuant à l’accélération de l’inclusion financière. 
    Sur un plan plus opérationnel, la mise en place, au sein des filiales du groupe, d’un dispositif global de maîtrise des risques et de contrôle interne, à la faveur du déploiement d’un programme dénommé Convergence, vise la sécurisation et la pérennisation des performances financières de nos banques et, en consolidé, du groupe. Enfin, last but not least, le groupe BMCE Bank of Africa est très actif en matière d’actions sociétales, et ce, à travers la Fondation BMCE Bank pour l’éducation et l’environnement, dont l’action est menée par sa présidente, Dr. Leila Meziane Benjelloun. Après le Sénégal, le Congo-Brazzaville et le Mali, d’autres complexes scolaires sont en cours de construction, le prochain sera prêt à la rentrée de septembre au Rwanda. 

    - Où en est le projet de rationalisation de la présence du groupe dans la région. Votre approche sur le continent va-t-elle évoluer?  
    - L’approche du groupe, selon la volonté du président et de son conseil, n’a pas vocation à changer de nature mais, probablement, de degré. BMCE Bank of Africa garde, d’abord, soigneusement en tête les intérêts ultimes de son pays d’origine, le Maroc, et inscrit son action en appui des initiatives structurantes déployées par les autres opérateurs, publics et privés, de notre pays. Cette dynamique sur le continent, voyez-vous, procède d’une volonté partagée commune de participer au développement des économies locales, inscrivant nos actions dans une logique de co-développement économique et social voulu par les plus hautes autorités du Royaume. Cette approche a, jusqu’alors, répondu à quelques objectifs majeurs. Je citerai, d’abord, le renforcement de la présence du groupe dans des pays stratégiques et, parmi ceux-là, ceux ayant été visités dans le cadre des tournées royales. Il s’agit également de considérer des marchés subsahariens à fort potentiel, selon une analyse multicritère, qui représentent autant de relais de croissance et de développement de nos activités. Par ailleurs, le contexte réglementaire local et régional nous incite à devoir optimiser cette présence, et c’est justement le sens de l’expression avancée précédemment d’une modification de degré davantage que de nature. La croissance de l’activité sur les marchés subsahariens, combinée au renforcement des règlementations prudentielles édictées par les banques centrales africaines - dont Bank Al-Maghrib -, requiert des arbitrages en matière d’allocation des fonds propres réglementaires additionnels du groupe. Le déploiement ultérieur d’actions de développement prendra logiquement en compte ces considérations. C’est le contexte de cette «nouvelle donne» réglementaire au Maroc, et au-delà, à travers le continent et le monde, qui le veut. Aussi est-il prévu d’examiner, au sein des instances appropriées du groupe, les marchés rentables en vue d’y concentrer plus d’efforts, et d’autre part, de revisiter les modalités de la présence du groupe sur d’autres marchés qui ne s’avèrent pas aussi propices pour une croissance rentable, et ce via, inter alia, un développement plus hardi de canaux alternatifs, comme la banque mobile. Des succès indéniables sont observés dans des zones géographiques d’Afrique, notamment en Afrique de l’Est et australe. 

    - Certaines agences de notation sont inquiètes du risque lié à  l’expansion en Afrique subsaharienne. Quels sont les points de vigilance? 
    - Ces points de vigilance sont de plus en plus nombreux, c’est indéniable. Je voudrais en évoquer quelques-uns. Au préalable, il convient de souligner que l’expansion de notre groupe en Afrique subsaharienne s’est faite sur une base multirégionale. C’est ainsi que furent diversifiés les risques afférents à chacune des zones d’implantation, réduisant notre exposition aux chocs endogènes, du fait donc de la non-synchronisation des cycles économiques entre pays et régions. Dans le même temps, cette expansion s’est accompagnée d’un renforcement progressif d’un dispositif de contrôle et de pilotage des risques - risque de contrepartie, risque de taux, risque de change, risque de marché, risque opérationnel, voire risque réputationnel -. Notre vigilance doit de plus en plus se porter sur la surveillance des risques opérationnels dont les fraudes ainsi que les risques de non-conformité, et ce, à la faveur de l’accroissement, pas sur le continent seulement, mais aussi de par le monde, de la criminalité financière, de la cyber-criminalité. 
    Par ailleurs, ces considérations de compliance sont de plus en plus prégnantes dans les dispositifs de vigilance à la faveur de la mise en place de réglementations internationales exigeantes telles que Fatca ou Anti money laundering. Sont ainsi suivies avec vigilance ces évolutions réglementaires et prudentielles. 
    D’autres sujets de vigilance - et ils sont intimement liés aux précédents - concernent la qualité des ressources humaines tant en termes de compétences qu’en termes de valeurs. A cet effet, les valeurs de probité et d’honorabilité seront plus décisives que les qualités d’une technicité qui ont vocation à l’obsolescence. Aussi les compétences nécessaires au développement de notre groupe sont-elles activement recherchées. Dans cette optique, nous faisons appel aux synergies intra-groupe et, notamment, à l’appui qu’apporte nativement et solennellement le «vaisseau amiral» de ce groupe que représente BMCE Bank of Africa SA.

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