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Competences & rh

Mkansa, l’enfer des jeunes

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
Faute de moyens de transport en commun, beaucoup arrêtent leur scolarité au primaire
Pour se rendre au collège ou au lycée, ils font de l’autostop ou s’agrippent à un camion
L’école en concurrence avec la grande décharge!
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La partie Ouest de Mkansa (1) relève de la préfecture d’Aïn Chock. 4.600 ménages y vivent, selon la wilaya de Casablanca. La partie Est (2), pour sa part, relève de la municipalité de Nouaceur. Elle abrite environ 23.000 personnes et s’étale sur 7,5 km². Elle est délimitée par l’autoroute à l’ouest, les douars Sania et Mhaïlissa à l’Est (du côté de Bouskoura), la route R 315 au Nord et la route nationale P3020 au Sud.
La région relève donc à la fois du périmètre urbain et rural. Difficile d’avoir plus de données sur ce douar peu connu. Il faudra attendre les statistiques du recensement général de la population et de l’habitat 2014 sur les douars, qui seront publiées courant 2017

A 5 minutes de la ville verte de Bouskoura et à 10 minutes de Californie, douar Mkansa est pourtant peu connu et pratiquement laissé pour compte. Relevant à la fois de la préfecture de Aïn Chock et de la municipalité de Nouaceur, le douar est divisé en deux périmètres, urbain et rural. Dans cette grande région de la capitale économique, connue pour ses habitations insalubres et ses ateliers informels, il n’y a pas de moyens de transport en commun. Mkansa n’est desservie ni par bus, ni par taxi (grand ou petit), si ce n’est quelques «khattafa». Elle reste donc difficile d’accès pour les personnes non motorisées.

Pour s’y rendre, il faut prendre un taxi blanc du boulevard Al Qods jusqu’à Sbata, pour ensuite chercher un «khattaf». En sortir est tout aussi compliqué. Faute de collège et de lycée, à la fin de leur cycle primaire, les élèves doivent se déplacer ailleurs, à Al Qods ou à Sbata. Pour y aller, ils n’ont d’autres solutions que de prendre un khattaf, quand ils en ont les moyens, marcher pendant une demi-heure, faire de l’autostop ou s’agripper à un camion. «Les problèmes de transports font partie des principales raisons d’abandon scolaire dans la région», explique Ahmed Reda Oumerrai, responsable du Centre de formation par apprentissage de l’Heure joyeuse à Mkansa.

Une fois en dehors de l’école, les enfants et adolescents, issus de milieux démunis, travaillent souvent dans les ateliers et usines de la région, ce qui les pousse au final à quitter l’école pour assurer un revenu supplémentaire à leurs familles. «Certains travaillent également la nuit dans le tri des déchets à la grande décharge qui se trouve à proximité. Ils peuvent gagner entre 300 et 1.200 DH par nuit», révèle Oumerri. Entre ce revenu et la scolarité (ou la formation professionnelle), le choix est malheureusement vite fait.

Evoluant dans la précarité, beaucoup finissent par jeter l’éponge et se transforment en «nini» (ni étudiant, ni en emploi) pour de longues périodes. Habiter dans des zones pauvres et enclavées équivaut souvent à une place réservée dans le monde des «nini».

 

 

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